Haschisch à bord d’un car-ferry

C’était l’aube du jeudi 14 courant. Au port maritime de Tanger, un policier tient la surveillance près du car-ferry Banasa. Une femme de ménage s’apprête à y monter avec un sac à la main. Le policier la scrute. Elle lui a mis la puce à l’oreille. Il avance vers elle, lui demande de s’arrêter : «Votre sac s’il vous plaît Madame ?»
Après quelques secondes d’hésitation, elle obtempère. L’agent la fouille minutieusement, puis lève les yeux pour l’examiner de haut en bas, il l’interroge à haute voix : «C’est quoi ça?».
Son visage commence à rougir, elle ne lui répond pas. Il prend des bribes du haschisch entre sa main, lui demande de rester calme avant de la fouiller. Elle continue à ne pas réagir. Quand il s’apprête à la fouiller, elle sursaute et crie : «Non, non, attendez, attendez». Elle commence à dénicher des plaquettes de haschisch entre ses vêtements. Le policier alerte ses supérieurs qui accourent aussitôt. La femme de ménage avait 9 kilos de haschisch sur elle.
«Perquisitionnez sa cabine à bord du car-ferry» ordonne le chef de la brigade à ses éléments.
C’était leur grande surprise. Ils ont mis la main sur 23 autres kilos de haschisch.
«A qui appartient cela, pour qui travailles-tu?», lui demande le chef.
La femme de ménage, Zoubida, trente et un an, décide de leur dire la vérité : «Je travaille pour le compte de Mustapha…»
«Qui est Mustapha ?», lui demande le chef de la brigade.
«Je ne sais pas…Mais ce n’est pas la première fois que j’ai passé la drogue pour son compte contre une commission…», lui répond-t-elle. «Mais à qui délivres-tu la marchandise ?», l’interroge-t-il.
«A son frère en Espagne…», confie-t-elle.
Le chef finit par lui demander de coopérer avec la police. Elle ne refuse pas. Elle prend aussitôt son portable, compose le numéro de Mustapha, l’appelle et lui affirme : «Le bateau ne fera pas de traversée à cause du mauvais temps…» . Elle lui demande de la rejoindre. «Je t’attends à la porte du port…», lui précise-t-elle.
Quelques minutes plus tard, Mustapha arrive, descend de sa voiture, avance vers elle. Et les éléments de la police le surprennent. Ils l’emmènent au commissariat. Là, il passe aux aveux: «Je suis né en 1955 et j’exporte le haschisch par le biais de la femme de ménage à destination de mon frère installé en Espagne…».
«Gardes-tu encore du haschisch chez toi ?», lui demande le chef de la brigade.
Mustapha nie. Mais les limiers décident d’en avoir le coeur net. Ils se dépêchent chez lui, à Bendibane. Ils ont fouillé sa demeure minutieusement. Ils ont découvert 27 autres kilos de haschisch. Mustapha se contente de tourner ses yeux vers sa complice qui fond en larmes.
«La quantité globale de haschisch saisie est de 62 kilos», confie un élément de la brigade à son chef.
Mustapha et la femme de ménage ont été conduits par la suite au siège du commissariat pour être traduits tous les deux, le vendredi 15 du mois courant devant la Chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Tanger.

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