Haschisch : Deux Français impliqués

Haschisch : Deux Français impliqués

Jeudi 4 décembre. Jacques Netter et Ali Allali quittent leurs chambres à l’hôtel Métropole, au centre-ville de Casablanca, hèlent à un petit taxi. Ils y montent tout en conversant. Leur destination? «Boulevard Mohammed VI…», demande Ali Allali au chauffeur du taxi. Les deux amis ne savent pas au juste le nom du lieu de leur destination. Mais, ils ne tardent pas à lui demander d’aller jusqu’ils arrivent près d’une station d’essence. «Là-bas, près de cette station d’essence», lui demande Ali quand apparaît la station d’essence. Ils paient le chauffeur du taxi et descendent pour avancer quelques pas vers la station où était garé un autocar. Ils sont chauffeurs, l’ont conduit à tour de rôle depuis Paris, en France. Ils en montent et Jacques Netter se met au volant. C’est son tour de conduire. Ils doivent retourner en France. Parce que leur mission est achevée. Divorcé et père de trois enfants, Jacques Netter est âgé de 45 ans. Il a passé plus de la moitié de sa vie au volant des autocars allant au delà de la France. Alors que sa main droite,Ali Allali, Français d’origine algérienne, quinquagénaire, marié et père de quatre enfants a passé plus de trente années à rouler à bord des véhicules. Leur relation remonte à une vingtaine d’années. Ils travaillent à la «société Mounia Transport», sise 49, rue Denis Papin, 93 500, Pantin, qui s’est chargée de transport des voyageurs pour le compte de la «société Elysée de transport et voyage», située au 68, Champs Elysée, Paris. Ils sont arrivés, dimanche 30 novembre, à Casablanca, depuis la France via le port de Tanger. Parmi les voyageurs, il y avait une personne qui n’est pas comme les autres, il n’a rien payé à la société pour participer à ce voyage. La raison ? Il est l’un des actionnaires de la «société Mounia Transport». Ce dimanche 30 novembre, vers l’après-midi, l’autocar a été garé à la station d’essence situé au boulevard Mohammed VI, Kariat Al Jamaâ, devant la «société de voyage Aziz» et ce après la descente des voyageurs. «Donnes moi les clés de l’autocar», demande Majid à Jacques qui manifeste son étonnement. C’est lui et son ami Ali qui doivent garder les clés et non pas Majid bien qu’il est un actionnaire. D’un mot à l’autre, ils finissent par les lui remettre et fixer le prochain rendez-vous pour le jeudi sur le même lieu. Le jour «J», après avoir descendu du petit taxi, les deux chauffeurs rencontrent Majid. «Je vais rester encore au Maroc pour mes propres affaires…A bientôt », leur dit ce dernier en leur remettant les clés. «A bientôt», leur répondent les deux chauffeurs. Mettant l’autocar à marche, Jacques prend la direction qui l’emmènera vers l’autoroute. Quelques centaine de mètres plus loin, l’autocar s’agite et se déséquilibre. Il ne peut plus avancer. Qu’est-ce qui lui est arrivé?. Les deux chauffeurs descendent, remarquent que l’une des roues a glissé dans un nid de poulet. C’est normal. Ce qui est anormal est que nombreux colis plastifiés sont tombés par terre. D’ou viennent-ils? Les deux chauffeurs ne savent rien. Ali prend l’un des colis, l’ouvre pour savoir son contenu. «C’est quoi ?», s’interroge-t-il en sursautant. Il découvre du haschisch. Qui l’a mis ? Les deux chauffeurs échangent les regards, bouches-bées. Chacun se disculpe. Ils étaient d’abord ensemble à l’hôtel. Aussitôt, ils alertent la police qui se dépêche sur le lieu. Le constat effectué a été soldé par la découverte de 384 colis, chacun renfermant un kilo du chira, dissimulés au plafond et à droite et à gauche du klaxon. Les deux chauffeurs continuent à se disculper. Mais, le contrôle technique révèle aux enquêteurs que l’autocar a roulé 501 kilomètres depuis le moment de son stationnement à Casablanca. «Nous l’avons pas bougé depuis qu’on est arrivé à Casablanca», réclament les deux chauffeurs. «Certainement Majid qui avait dissimulé le haschisch dans l’autocar», pensent les deux chauffeurs, qui ont été maintenus en détention et conduits devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Hay Hassani-Aïn Chok. Et Majid ? Il a disparu.

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