Hommes battus : 21.500 cas notifiés au Maroc

Hommes battus : 21.500 cas notifiés au Maroc

Il n’existe à ce jour qu’une seule structure d’aide aux victimes

Les hommes battus et humiliés par leurs épouses sont monnaie courante dans notre pays. Contrairement aux femmes qui dénoncent les violences qu’elles ont subies, les hommes en parlent moins, le déclarent moins.  Le souci de leur image et le regard de la société les empêchent de passer aux aveux.  Ce qui se reflète sur les statistiques qui restent en deçà de la réalité. Selon Abdelfattah Bahjaji, président du Réseau marocain pour la défense des droits de l’Homme, plus de 21.500 cas d’hommes violentés par leurs femmes ont été recensés par l’association depuis 2008 jusqu’à présent.  Juste pour la période allant d’octobre 2016 à fin avril 2017, le Réseau a notifié 1. 500 cas.

En livrant ces chiffres, le président de l’association fait remarquer que «dans de nombreux cas, c’est la mère ou la sœur de la victime qui dénoncent les faits au sein de l’association». C’est notamment le cas très récemment d’un professeur universitaire à Marrakech victime de violence conjugale et de sorcellerie par son épouse. «La sœur de ce dernier qui se doutait de quelque chose suite au changement brutal du comportement de son frère a fini par trouver plusieurs objets de sorcellerie cachés à l’intérieur du matelas du lit de la chambre à coucher. Après cette découverte, celle-ci s’est rendue à l’association pour tout dénoncer.  Par peur d’être brutalisé par son épouse, la victime a préféré se taire», indique M. Bahjaji.   Ce dernier estime que les statistiques seraient plus alarmantes s’il existait au Maroc des structures d’aide aux hommes battus. Le Réseau constitue actuellement la seule association à s’occuper des hommes violentés.  Face à cette situation, l’association appelle à la création d’autres structures de ce genre au niveau national.

La nature des sévices endurés diffère selon les sexes. Les violences matérielles et conjugales subies par les hommes sont de loin les plus importantes. Elles représentent chacune 20% des cas traités. En matière de violence matérielle, le président du Réseau signale le cas d’épouses qui ont tout dérobé à leurs conjoints (argent,  carte de guichet, carnet de chèque, passeport, titre immobilier…). Quant aux violences  conjugales, celles-ci sont essentiellement physiques. M. Bahjaji fait allusion aux coups et blessures. Fracture de la mâchoire, point de suture sur la tête, gifles, morsures… en sont les principaux exemples. A ce sujet citions le cas d’un coiffeur à Derb Soltane.

«Ayant divorcé depuis pas mal de temps, son ex-femme vient chaque jour le brutaliser devant son lieu de travail. Elle a également tout saccagé au salon de coiffure : chaises, miroirs, matériels. Le propriétaire a fini par le licencier», raconte le président de l’association. Pour ce qui est de la violence sexuelle, les cas sont beaucoup plus rares. Ce type de violence correspond au fait d’imposer son désir sexuel au partenaire ou d’influencer par la violence la relation sexuelle. M.  Bahjaji signale le cas d’un jeune homme qui a été licencié par son employeur qui est une femme pour motif qu’il ne voulait pas avoir de relations sexuelles avec elle. C’est aussi le cas d’un jardinier qui a eu le courage de témoigner des agressions que lui faisait subir son employeuse. «Sa patronne, une femme mariée, l’obligeait  à avoir des rapports sexuels avec elle. A chaque fois, elle le harcelait pour qu’il assouvisse ses désirs. Le jardinier qui a toujours refusé d’obtempérer  est venu  demander conseil», révèle-t-il. En matière de violence juridique, se pose le problème de la Nafaqa. Après jugement du tribunal, bon nombre de pères sont contraints de verser une pension alimentaire qui est au-delà de leur moyen financier. «Au sein de l’association, nous avons reçu le cas d’un jeune homme qui est amené  à payer une pension mensuelle de 2.500 DH alors qu’il ne gagne que 2.000 DH», conclut-il. 

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