Hospitalisation privée : Un long chemin est à parcourir

Hospitalisation privée : Un long chemin est à parcourir

La loi n° 131 -13 relative à l’exercice de la médecine ne semble pas être d’un grand apport pour l’hospitalisation privée. Ce dispositif juridique, en application depuis trois ans, se montre insuffisant dans la mesure où certains engagements tardent toujours à se concrétiser.

On cite à cet effet le retard de l’ouverture des capitaux des cliniques qui augurait d’une amélioration du système de santé au Maroc. La loi alourdit, selon les professionnels du secteur, les procédures d’ouverture de clinique. Suite au déclin de l’investissement dans le secteur, certains investisseurs commencent même à se retirer. Ce constat a été fait par les membres de l’Association nationale des cliniques privées lors d’une rencontre tenue, lundi 9 juillet, à Casablanca. Un état des lieux de l’hospitalisation privée au Maroc a été dressé. Les participants à cette rencontre ont mis le point sur la nécessité de revoir en urgence ce texte de loi. Ils ont par ailleurs identifié les perspectives de ce secteur qui reste confronté à une panoplie de contraintes.

«Une fiscalité lourde, injuste et pénalisante freine l’essor d’un secteur autant crucial que social. Comment peut-on concevoir ainsi de ne pas neutraliser la taxe sur la valeur ajoutée? Est-il raisonnable de faire supporter aux patients et aux structures de soins cette taxe?», s’interrogent les membres de l’Association nationale des cliniques privées. Au-delà de la fiscalité, l’hospitalisation privée au Maroc continue de faire face à des freins insurmontables. Les professionnels énumèrent dans ce sens l’inadéquation de l’assurance-maladie avec le système de soins efficient auquel aspire le citoyen marocain. A cela s’ajoute également la tarification nationale qui, selon les praticiens, ne permet pas d’assurer une prise en charge médicale de qualité. Le panier de soins est pour sa part jugé «insuffisant» pour répondre aux référentiels de bonne pratique actualisés. Les membres de l’Association nationale des cliniques privées ont interpellé l’audience sur la non récupération de la TVA par les cliniques. Cette dernière est payée par le patient. «Ceci devrait être revu dans l’intérêt clair du citoyen car il faut donner aux cliniques la possibilité de donner la meilleure médecine à notre population», soulignent les professionnels.

L’insuffisance des ressources humaines impacte également le développement de l’hospitalisation privée au Maroc. Et pour cause : l’ambiguïté du statut des institutions privées œuvrant dans le secteur. De même,  l’aide étatique à la formation demeure insignifiante. Par ailleurs, les professionnels misent sur un partenariat fructueux entre le public et le privé. En témoigne l’expérience réussie de la dialyse des patients ramedistes, engagée dans le cadre du rachat de service par le ministre de la santé. «Ce partenariat développé dans des rapports publics-privés fluides, des ressources mutualisées et complémentaires ne peut qu’améliorer l’accès au soin des patients marocains», apprend-on des membres de l’association. Rappelons que l’Association nationale des cliniques privées a élu un nouveau bureau en mars dernier. Une nouvelle gouvernance est mise sur les rails. Le nouveau bureau ambitionne de créer un Conseil national de l’hospitalisation privée réunissant les membres du bureau national et les présidents des bureaux régionaux. De même, l’association compte intégrer la CGEM afin que l’hospitalisation privée intègre le tissu économique national.

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