Huit fonctionnaires de la prison centrale de Kénitra condamnés

Huit fonctionnaires de la prison centrale de Kénitra condamnés

La sentence a été à la mesure du forfait. Les fonctionnaires de l’administration pénitentiaire impliqués dans l’«affaire Nini» ont été lourdement sanctionnés. Le Tribunal de première instance de Kénitra a condamné, mardi tôt dans la matinée, les huit fonctionnaires de la prison centrale de Kénitra à des peines allant de deux mois à deux ans de prison ferme. Le tribunal a retenu comme chef d’inculpation pour les mis en cause les délits de falsification, corruption et aide à l’évasion d’un prisonnier. Six des huit fonctionnaires de la prison centrale de Kénitra comparaissaient en détention et deux autres en liberté provisoire. Ainsi, le tribunal a condamné Ahmed Outaâ et Mohamed Saroute à un mois de prison ferme chacun et à une amende de 2000 DH. Les deux comparaissaient en état de liberté provisoire et ont été accusés de corruption. Les six autres mis en cause, accusés de «falsification, corruption et aide à l’évasion d’un prisonnier», ont été condamnés à des peines allant de 6 mois à deux ans de prison ferme avec une interdiction d’exercer dans la fonction publique pendant trois années.
Il s’agit notamment de Noureddine Hamdani qui a été condamné à 6 mois de prison ferme assortie d’une amende de 500 DH, de Younès El Aarif qui a écopé de 8 mois de prison ferme, de Tariq Aariche condamné à un an de prison ferme, de Yahya El Badaoui à 18 mois de prison ferme quant à Miloudi El Akroub et Hassan Ghom ont écopé de deux ans de prison ferme chacun. Le jugement vient suite à une enquête mandatée par le département de justice suite à l’évasion, le 7 décembre, de Mohamed Teib El Ouzzani, alias «Nini». C’est un appel anonyme adressé à la direction des Affaires pénitentiaires à Rabat une semaine plus tard qui a donné l’alerte. Un inspecteur, qui a été dépêché sur place, a constaté que Nini n’était plus là, selon un communiqué du ministère de la Justice. Selon des sources proches de l’affaire, ce trafiquant notoire arrêté dans le cadre de l’affaire Erramach et condamné à une peine de 8 ans de prison ferme, bénéficiait d’un régime spécial. Il disposait de trois chambres agréablement décorées et équipées en matériel audiovisuel dernier cri, et il sortait régulièrement de sa prison pour fréquenter les restaurants et bars des environs.
Pourtant, cet homme d’une trentaine d’années, né dans un bidonville du préside occupé de Sebta, était un vrai baron de la drogue au Maroc comme en Espagne au point que, selon une anecdote rapportée par la presse espagnole, au summum de son activité, «un joint sur 10 fumés en Espagne était acheminé par Nini». Arrêté en août 2003 lors de l’éclatement de l’affaire Erramach, il avait écopé de 8 ans de prison ferme en mai 2004. Peine confirmée en décembre de la même année. Le jeune truand qui dispose, selon les autorités espagnoles, d’une fortune estimée à 30 millions d’euros, blanchis dans différents commerces en Espagne et au Maroc, a été d’abord incarcéré dans la prison de Oued Laou avant d’être transféré à la prison centrale de Kénitra. Nini qui a également fait l’objet d’une condamnation en Espagne est arrivé à casser ce jugement. Et selon certaines sources ce n’est qu’après s’être vu notifier le jugement de cassation qu’il  a décidé de mettre en exécution son projet d’évasion. Il se serait rendu ensuite en Espagne à travers les frontières de Bab Sebta.

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