Human Rights Watch met en cause l’Algérie

Human Rights Watch met en cause l’Algérie

L’Algérie a une responsabilité juridique et morale dans ce qui se passe sur son sol, à Tindouf. Human Rights Watch, une ONG internationale des droits de l’Homme basée à Washington, vient de l’affirmer haut et fort dans un récent rapport, fruit d’un patient travail d’investigation au Sahara marocain comme dans les camps de Tindouf. L’organisation humanitaire invoque le droit international pour argumenter ce constat. «L’Algérie est responsable en vertu de la loi internationale», estime HRW, qui précise que le Polisario «n’est pas formellement responsable de ses pratiques en matière des droits de l’Homme dans le système international». Le droit international, la géographie et l’histoire démontrent, à l’évidence, l’implication directe de l’Algérie dans ce qui se passe sur son sol, à Tindouf. Le voisin de l’est pensait, à tort, pouvoir se soustraire à cette responsabilité, en sous-traitant la gestion de ce dossier épineux à la junte militaire du Polisario. Eric Goldstein, directeur de recherche dans la section Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, affirme qu’il est «inacceptable» que «l’Algérie ait renoncé à sa responsabilité vis-à-vis des violations des droits de l’Homme commises par le Polisario sur son territoire». «La Communauté internationale doit tenir le gouvernement algérien pour responsable de toute violation commise par le Polisario en Algérie», exhorte le responsable de Human Rights Watch (Voir l’entretien ci-contre). L’Algérie, qui mène tambour battant sa campagne en faveur du prétendu «droit du peuple sahraoui à l’autodétermination», s’avère être ainsi responsable de la répression méthodique, de l’intimidation systématique, et de l’humiliation organisée à l’encontre de ceux-là mêmes qu’elle prétend, du haut de son hypocrisie, défendre dans les forums internationaux ! Les violations relevées par HRW lors d’une investigation de quatre jours dans les camps du Mal ont de quoi donner des sueurs froides aux autorités d’Alger. «Un trait inquiétant de la situation des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf consiste en l’isolement de la population et l’absence de suivi régulier de la situation des droits de l’Homme sur le terrain», relève le rapport de HRW. Une tragédie à huis clos qui se déroule en plusieurs actes. Liberté de mouvement : HRW fait état de «peur» de quitter les camps. «Cette peur pousse plusieurs gens à quitter les camps sans leurs biens et sans leurs familles, ce qui entraîne pour eux un stress et une souffrance inutiles». Liberté d’expression : «Il n’y a ni dissidents, ni manifestations, ni médias ou organisations de grande importance qui peuvent ouvertement défier la légitimité du front Polisario». Selon HRW, il n’existe dans les camps qu’un «petit journal» et qu’un «groupe de dissidents» sans «impact visible sur la vie publique». Esclavage : «Les responsables du Polisario admettent que des aspects des pratiques historiques d’esclavage persistent dans la société sahraouie», note HRW.
Que faut-il encore ajouter à ce tableau sombre ? 
On pourrait alléger la liste des bavures infamantes perpétrées à Tindouf, mais abrégeons. Si la responsabilité algérienne dans les violations des droits des séquestrés est bel et bien établie, celle du Polisario ne l’est pas moins. HRW engage, clairement, la responsabilité du front séparatiste. Seulement, ce qu’elle ne dit pas, c’est que les graves dépassements perpétrés par le Polisario se font avec la complicité, pour ne pas dire carrément la participation des autorités d’Alger.

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