Icram : Le long chemin vers l’égalité

Icram : Le long chemin vers l’égalité

La prise en charge des femmes victimes de violences au niveau des hôpitaux n’est toujours pas atteinte puisque pour la généralisation des unités pour l’accompagnement des enfants et des femmes, 14 unités restent encore dans la programmation du ministère.

Au moment où le monde fête la journée internationale des filles, le Maroc a célébré lundi la journée nationale des femmes. Une journée qui a été l’occasion pour le département de Bassima Hakaoui de dresser le bilan du plan gouvernemental de l’égalité «Icram» 2012-2016. Zoom sur les principales mesures.

L’égalité loin d’être acquise

L’égalité n’est pas pour demain. C’est ce qui ressort du bilan du ministère de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social. Bien que le bilan dressé par le ministère soit positif sur certains plans, l’égalité est encore loin d’être atteinte et beaucoup de travail reste à faire dans le domaine. Le ministère de tutelle a dévoilé en début de semaine à Rabat que 75% des mesures ont été réalisés à 100% et que 86% des mesures dépassent 70%. L’une des mesures phares évoquées par le ministère est la création des institutions chargées du contrôle et de suivi et l’accompagnement des femmes en matière de discrimination et de violence. A ce sujet le bilan évoque la création de l’observatoire national pour la fonction publique et le lancement de plusieurs politiques au niveau sectoriel, telles l’approche genre et l’institutionnalisation de l’égalité au sein de la fonction publique, notamment avec le comité technique intersectoriel dont le rôle était le suivi du plan Icram.

Retard dans la réalisation des projets

Malgré la satisfaction exprimée avec la réalisation de la majorité des projets, leur accomplissement total n’est pas au rendez-vous. Ainsi, le taux de réalisation des projets est variable selon le domaine. Par conséquent,  l’amélioration des infrastructures essentielles pour l’amélioration de la vie de femmes et des filles réalise le plus faible score. Seuls 13 projets sur 20 ont pu aboutir. De même concernant la mise à niveau de l’éducation et de la formation sur la base de l’égalité et la parité, avec la réalisation de 9 projets sur un total de 13. En matière d’égalité des chances dix projets à peine ont été entamés dont 6 seulement ont été réalisés à 100%. L’institutionnalisation et la diffusion des principes de parité et d’équité ont comptabilisé la concrétisation de 25 projets sur un total de 37.

Prise en charge des femmes violentées

La prise en charge des femmes victimes de violences au niveau des hôpitaux n’est toujours pas atteinte puisque pour la généralisation des unités pour l’accompagnement des enfants et des femmes, 14 unités restent encore dans la programmation du ministère. Pour ce qui est de l’institutionnalisation de cette prise en charge, les 40 centres d’écoute et d’hébergement créés sont concentrés dans les grandes villes du Royaume, comparé aux régions du Sud. Au niveau de l’éducation des filles, le plus faible taux concerne les filles entre l’âge de 15 et 17 ans où seulement 63% sont scolarisées contre 68% des garçons.

Habitat : Les femmes encore loin du compte

Selon le bilan, la demande sur l’habitat dépasse 1,4 million concentrée sur

5 régions, soit 77,8% de la demande générale. Ainsi, les femmes ne constituent que 31% du taux des demandes. Concernant l’entrepreneuriat féminin, seulement 10,3% des entreprises ont pu bénéficier de l’appui financier de l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise. Il en est de même pour l’accès des femmes aux postes de décision dans l’administration publique où le taux n’est que de 19% en 2015.

La ministre, au cours de la présentation, avait souligné son souhait de mettre en œuvre le plan Icram 2 qui sera axé sur le soutien de la société civile et du secteur privé au niveau local. Pour rappel, le plan Icram vise la lutte contre la discrimination et la violence à l’encontre des femmes. Les principaux points du plan sont basés sur l’institutionnalisation et la généralisation des principes de parité, la lutte contre les différentes formes de violences, la mise à niveau du système de l’éducation et de la formation sur la base de l’égalité et de l’équité. 

Leïla Ouchagour

Journaliste stagiaire

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