IER : le rapport qui divise

IER : le rapport qui divise

L’IER (Instance Equité et Réconciliation) connaîtrait une polémique entre ses membres au sujet de la dernière étape du travail de l’équipe de Driss Benzekri, à savoir la rédaction du rapport final devant être présenté à la fin du mois en cours à Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Selon plusieurs sources contactées par ALM, ces divergences proviendraient du fait que la rédaction dudit décisif document ait été confiée à Mahjoub El Haiba, membre de l’IER et deuxième homme au CCDH pour sa grande maîtrise de la langue arabe. Ce dernier devrait, selon les mêmes sources, transmettre le fruit de son travail, et de manière progressive, aux autres membres. Rien de cela n’aurait été fait. L’autre élément de discorde, lui, aurait trait au contenu même du rapport final. Les membres de l’IER seraient divisés entre ceux qui estiment judicieux d’évoquer réussites et échecs de l’Instance et ceux qui aimeraient y voir figurer uniquement les missions menées à bien. Ce groupe accuserait le premier de «vouloir en finir» le plus tôt possible, sans y mettre ni l’art ni la manière.
Faux ! rétorque une autre source au sein de l’IER. Elle donne pour exemple le travail acharné qui est toujours mené par une commission quasiment cloîtrée au 6ème étage pour la rédaction du rapport final et composée de pratiquement tous les membres. Les seuls à ne pas y prendre part de manière directe sont ceux qui se trouvent toujours sur le terrain pour les besoins des missions de l’IER. Il est fait allusion aux groupes de travail chargés des investigations et de la réparation. D’ailleurs, à en croire notre interlocuteur, ce travail avance bien et le rapport est aujourd’hui rédigé à 50 %. Les personnes derrière ce genre de rumeurs, ajoute-t-il, seraient mues par la volonté de «décrédibiliser un travail qui n’est pas encore terminé» sans nier de réelles divergences ayant eu lieu notamment entre mai et juin 2005 et aplanies depuis.
Il n’en demeure pas moins que l’IER trébucherait toujours sur plusieurs affaires et cas qui risquent de rester irrésolus après l’expiration de son mandat.
Il s’agit surtout de l’affaire Ben Barka, El Manouzi, du dossier des violations au Sahara marocain et au Rif. Le bagne de Tazmamart, lui, ne poserait pas de gros problèmes, puisque toutes ses victimes sont aujourd’hui connues et identifiées. Une cérémonie religieuse y est prévue dans les semaines à venir.  
D’autre part, la section casablancaise du FVJ (Forum Vérité et Justice) a décidé d’organiser un sit-in, samedi 12 novembre 2005, devant les locaux de l’IER. Cette manifestation est motivée, selon Mohamed Sebbar, président du FVJ, par le fait que plusieurs victimes des violations des années 60 et 70 s’estiment lésées par les décisions de la Commission d’arbitrage. Pour près d’une cinquantaine d’entre elles, l’objectif est d’attirer l’attention de l’IER quant aux difficiles conditions de leur quotidien engendrées notamment par de graves problèmes de santé. L’IER, de par ses statuts, ne peut nullement faire figure d’instance de recours, sauf dans les cas où des erreurs de comptabilité seraient avérées.
La plainte déposée contre cette instance par un groupe d’ex-collaborateurs qui s’estiment avoir été abusivement licenciés, devra être examinée à la fin de ce mois.

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