Ikram 2 : Encore beaucoup de flou

Ikram 2 : Encore beaucoup de flou

Alors qu’il a été adopté en Conseil de gouvernement il y a plusieurs mois, on en sait très peu sur l’application de la deuxième phase du plan gouvernemental pour l’égalité Ikram porté par le ministère de la famille, de la solidarité, de l’égalité, et du développement social. Où en est-on de la feuille de route de ce programme destinée à l’instauration de l’égalité? Actuellement le ministère se concentre sur la mise en œuvre de la deuxième génération du programme en collaboration avec les différents secteurs concernés. C’est le principal objectif pour l’année 2018, affirme une source du ministère de la famille, de la solidarité, de l’égalité, et du développement social. Pour ce faire, la tutelle a fixé 93 mesures, 24 objectifs et 7 axes stratégiques qui s’inscrivent dans le nouveau cadre de l’Agenda 2030 à terme et s’alignent sur les objectifs de développement durable (ODD), notamment l’objectif n°5, dédié à la promotion de l’égalité des sexes et l’autopromotion des femmes. La finalité de cette démarche est d’obtenir un progrès réel dans l’égalité des genres, c’est-à-dire une réduction palpable des disparités, ajoute la même source. Afin d’arriver à l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles, la deuxième génération de ce programme gouvernemental est fondée sur plusieurs approches, à savoir une approche basée sur les droits humains, l’approche genre, ou encore l’intégration de l’égalité de genre et sa déclinaison territoriale.

Pour cette deuxième génération du programme Ikram, le ministère agit également sur plusieurs axes, notamment le renforcement de l’employabilité et l’autonomisation économique des femmes, les droits des femmes en relation avec la famille, la participation des femmes à la prise de décision ou encore le renforcement des droits des femmes. Dans son plan d’action la tutelle espère diffuser au mieux la culture de l’égalité et la lutte contre les discriminations et les stéréotypes basés sur le genre et intégrer celui-ci dans toutes les politiques et les programmes gouvernementaux. Pour la première phase du programme (2012-2016), 75 des procédures fixées ont atteint 100%, s’était félicitée Bassima Hakkaoui, en août dernier. Le projet a bénéficié d’un appui de l’Union européenne qui a atteint 45 millions d’euros. Le PGE comprend 8 axes et 24 objectifs traduits en 156 mesures munies d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs d’évaluation. Autre dossier important pour le ministère, celui du projet de loi 103-13 sur les violences à l’égard des femmes. Au niveau du Parlement, le projet de loi 103-13 a été enfin adopté, mardi 30 janvier, à la Chambre des conseillers, précise la même source.

Le texte a été approuvé à la majorité lors d’une séance plénière. Ce projet de loi permettra de disposer d’un texte juridique de référence et cohérent susceptible de garantir une meilleure protection des femmes contre toutes formes de violence et de punir les auteurs. Toutefois certaines associations pointent du doigt la rapidité avec laquelle le projet de loi est passé de l’examen dans le comité justice et législation à la plénière, soit un intervalle de 24h. Outre ces deux reproches, ces associations indiquent la quasi-absence d’amendements au projet de la part des conseillers, et ceci bien que le projet de loi ait été devant eux depuis 18 mois, et malgré les nombreuses lacunes dans ce projet de loi, et en dépit des propositions de la société civile pour l’améliorer.

Leila Ouchagour
Journaliste stagiaire

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