« Il faut restaurer l’espoir »

Aujourd’hui Le Maroc : comment se présente pour vous la campagne électorale ?
Abderrahim Atmoun : D’abord, ce qui m’a fait plaisir, c’est la mobilisation des jeunes, des étudiants et des cadres autour de ces élections. Cette fois-ci, j’ai senti que les électeurs ne sont pas indifférents. Ils ont perçu une autre ambiance et compris que les choses sont en train de changer pour de bon. La suspension du gouverneur d’Azilal et de certains agents d’autorité pour défaut de neutralité est venue à point nommé pour contribuer à ce climat de confiance. Car les premiers jours de campagne, les gens, habitués par le passé à voir leurs députés désignés par l’administration, étaient plutôt sceptiques surtout lorsqu’ils ont constaté que certains candidats s’enhardissaient à utiliser des moyens illégaux pour battre campagne.
Maintenant c’est le retour de la confiance ?
Absolument. En ce qui me concerne, je tente depuis le début de mener une campagne de proximité différente des autres. Avec mon équipe, on fait du porte-à-porte et des petites réunions avec les gens, dans les cafés, dans les maisons et les souks. Je peux vous dire que la réaction de nos interlocuteurs est positive, qui dénote une prise de conscience certaine. Ils demandent le programme, ce que le candidat peut faire pour améliorer leurs conditions et l’état de la cité. Désormais, ce n’est pas parce que l’on entreprend de changer une ampoule devant le domicile d’un habitant à la veille des élections ou qu’on l’invite à un banquet copieux que le candidat peut s’assurer la voix de l’électeur le jour du vote.
Comment se comportent vos adversaires ?
En dehors de quelques candidats qui font du tapage et du tape-à-l’oeil, dont le député sortant élu avec 4 voix en 1997, la campagne à Khouribga se déroule normalement.
Vous qui êtes natif de Khouribga, de quoi a besoin la ville pour sortir de son isolement et de son malaise social et économique?
Vous savez, Khouribga vit grâce au personnel de l’OCP et à ses retraités, ainsi que grâce à quelques activités de RME originaires de la ville, comme l’immobilier et de petits commerces. Il existe une zone industrielle, mais les lots ont été distribués selon une logique clientéliste. Khouribga, pour se développer, a besoin de grands projets d’investissement structurants à même de générer des emplois et d’assurer un revenu décent aux habitants. Ici, le chômage fait des ravages, notamment parmi les diplômés. J’ai été dans des foyers dont la plupart des membres des jeunes qui ont fait des études, languissent dans l’inactivité. Cela fait mal au coeur. Il faut restaurer l’espoir par des actions concrètes et par des initiatives sérieuses.
En tant que candidat, comment voyez-vous votre contribution au changement de la donne locale ?
Je compte mettre à profit mes relations avec les milieux d’affaires, en France en particulier et en Europe en Général, pour attirer des investisseurs à Khourbiga. Je suis déjà en contact avec Dunlpilo, un groupe français spécialisé dans le secteur de la literie et une autre entreprise italienne qui fabrique des appareils agro-alimentaires. D’autres opérateurs économiques européens sont intéressés par des projets au Maroc. Ce sont pour la plupart des gens que je connais et qui ont déjà acheté des maisons, notamment à Marrakech. Khourbiga est à 100 kilomètres de Casablanca et de son port. À la faveur du changement des mentalités et la mise en place des centres régionaux d’investissement, notre pays a des atouts sérieux en main pour attirer les capitaux étrangers.
Comptez-vous investir dans l’hôtellerie au Maroc ?
Effectivement, je projette de construire des hôtels 2 et 3 étoiles au Maroc. Khouribga a besoin aussi de ce type d’établissements que je possède déjà à Paris. Il n’y a que l’investissement productif qui peut changer la vie des citoyens et le visage d’une cité. Les habitants l’ont compris, qui en ont assez d’avoir été abreuvés de promesses pendant plusieurs décennies sans jamais rien voir venir.

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