Il meurt pour l’amour de sa femme

Il meurt pour l’amour de sa femme

La différence de l’âge n’était pas un obstacle pour leur mariage. Nawal avait seize ans et demi et Mustapha avait quarante-sept ans.  Ce dernier s’est présenté, il y a deux ans, au père de la jeune fille, Abdelilah, résident au douar Takourante, caïdat de Tenine Chtouka, province d’Azemmour, pour demander sa main. Sans hésitation, le père donna sa bénédiction. Personne au douar n’a pu comprendre les raisons qui ont poussé le père à accepter un tel gendre. Outre le grand écart d’âge, Mustapha jouit d’une mauvaise réputation. Ses antécédents criminels font l’objet de longues discussions au douar. Il a effectivement purgé une peine de vingt ans d’emprisonnement pour homicide volontaire.Serait-il pour une question d’argent ? Mustapha n’est pas un richard et n’a pas d’emploi. Il gagnait sa vie grâce à un petit commerce : il vendait de temps en temps quelques produits dans les rues de Casablanca. Il n’a même pas d’héritage. Après le décès de son père, sa petite famille est restée sans ressource.  Après son incarcération, sa petite famille a quitté le douar et s’est installée dans la métropole économique pour fuir les mauvaises langues et cherchait un travail pour subvenir à ses besoins Après sa sortie de prison, Mustapha s’est rendu à son douar natal. Ce jour-là, il a croisé dans son chemin Nawal. Il a été séduit au premier regard. Quant à la jeune adolescente, elle ne lui a pas prêté d’attention.
Sans perdre de temps, il s’est présenté à son père et l’a demandée au mariage. Quelques semaines plus tard, ils ont convolé en juste noce. Nawal a alors accompagné Mustapha à Casablanca. Quelques mois plus tard, Mustapha est devenu très agressif et brutal. Il ne prenait pas soin de sa femme et de son foyer. Ne supportant plus une telle situation, elle a décidé de rentrer chez ses parents. Seulement, des personnes de bonne foi sont intervenues pour calmer les esprits et les réconcilier.
Mustapha est incorrigible : il la maltraitait et lui lançait des injures le long de la journée. Enfin, Nawal a décidé d’emballer ses bagages et de se rendre définitivement chez ses parents. Elle était catégorique. « Je ne retournerai plus », a-t-elle dit à son père. Son mariage était un véritable calvaire. Deux ans et demi de souffrance. Pas un seul jour de bonheur! Une semaine plus tard, Mustapha l’a rejoint. Il l’a sollicitée pour rentrer avec lui à Casablanca. Déterminée à le quitter, elle a manifesté un refus catégorique. Elle a même demandé à son père de lui interdire de mettre les pieds dans leur maison.
En présence de l’oncle de Nawal, Mohamed, le père a expliqué à Mustapha que Nawal ne veut plus de lui et qu’elle réclame son divorce. Mustapha, qui portait un bidon de cinq litres de vin rouge, a sollicité son beau-père de la supplier de rentrer au foyer conjugal. Mais en vain. Le père, l’oncle et l’époux se sont réunis alors dans un champ agricole pour discuter et tenter de trouver une solution. Avant de commencer la conversation, Mustapha remplit pour son beau-père un verre de vin rouge. Et ils ont commencé tous les trois à s’enivrer tout en discutant. D’un verre à l’autre, les têtes ont commencé à tourner. Une heure plus tard, Ahmed et Miloud, deux voisins du douar, sont arrivés. Ils ont commencé à picoler également. Et la conversation se poursuit sans toutefois aboutir à une solution. Tout à coup, Mustapha, très énervé, s’est levé et a commencé à les insulter. Il a insulté son beau-père de proxénète qui livre sa fille à ses amis. Hors de lui, l’oncle de Nawal, Mohamed, a saisi un objet en fer et lui a asséné un premier coup au niveau du bras. Rapidement, ce dernier s’est jeté à l’intérieur d’une citerne qui se situe près d’eux. Le père et l’oncle de Nawal se sont lancés après lui pour l’attraper. Ahmed et Miloud sont restés en dehors de la citerne en regardant ce qui se passait sans réagir. À ce moment, le père a saisi un bâton et lui a donné des coups violents sur la tête. Son frère, Mohamed, a repris le bâton et a continué à l’assommer de coups avec violence.
Il ne s’est arrêté qu’une fois convaincu qu’il a rendu l’âme. Alertés, les gendarmes se sont dépêchés sur les lieux pour arrêter le père de Nawal et ses deux voisins qui étaient en leur compagnie. Alors que l’oncle, il n’a été appréhendé que le lendemain matin. Ils ont été traduits devant la chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida. L’affaire est entre les mains de la justice.

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