Il meurt pour «récupérer» un commerce

T’nine Al Gharbaya, Khemis Zemamra, province d’El Jadida. A. aidait, depuis son enfance, son père, marchand de volailles au souk hebdomadaire. Sans avoir dépassé le cycle primaire, il se jette dans la vie quotidienne avec ses réussites et ses échecs. Avec le temps, il devient un professionnel du souk et cherche l’indépendance. Il y est arrivé en achetant un local où il expose sa propre marchandise.
Les jours passent et le commerce du jeune A. se développe. Son père était très content et satisfait de l’activité de son fils. Seulement, un incident est venu ébranler sa vie. Il ne savait pas comment et pourquoi il allait être impliqué dans une affaire de vol qu’il n’a jamais perpétré, comme il l’a avoué à sa famille et à ses amis. Tout s’est passé pour lui en un clin d’oeil. Il n’est pas encore arrivé à penser comment il pourrait espérer son acquittement, pour se retrouver, en 2000, derrière les murs de la prison avec deux ans de prison ferme. Ce n’était pas facile, ni pour lui ni pour sa famille, d’imaginer un tel calvaire imprévu. Sa mère pleurait jour et nuit jusqu’au jour où ses yeux sont devenus sans larmes. Elle était obligée d’obtempérer au destin et se réfugier dans la patience.
Les frais du «panier hebdomadaire» pour A. ont commencé à peser lourd sur les dépenses de la famille. Le père de A n’est pas arrivé à les surmonter. Il lui fallait chaque semaine pas moins de cinq cents dirhams pour aller chez son fils à la prison. «Je dois vendre le local de mon fils pour avoir de quoi lui acheter la nourriture chaque semaine…», pense-t-il. Il n’avait pas le choix. Effectivement, il l’a vendu à un marchand du souk. Le père n’a empoché aucun sou, tout a été avalé par l’approvisionnement hebdomadaire qu’il portait à son fils.
à la fin décembre 2002, A. a été relâché après avoir purgé sa peine d’emprisonnement. Il a pris quelques jours de repos, avant d’aller au souk. Il a remarqué que son local etait occupé par un marchand qu’il ne connaissait pas. La nuit arrive. Il s’ adresse à son père pour lui demander des explications. Il lui a rappelé qu’il lui avait parlé de sa vente quand il était en prison. «Où vais-je travailler ?», demande-t-il à son père. «Nous étions obligés de le vendre», lui répond-t-il sans aucun autre mot.
Il n’a pas accepté de perdre son local et commencer à zéro pour avoir un autre. Il a attendu le jour du souk suivant. Il n’a pas hésité à se lever le matin tôt et à s’adresser au marchand qui a acheté son local. Il s’appelle M. quadragénaire. Celui-ci lui a expliqué que le marché a été conclu entre lui et son père et il a refusé de lui parler. Quant à A, il n’a rien voulu entendre d’autre sauf que le local est à lui. Il a commencé à le traiter de tricheur qui a induit son père en erreur et de voleur qui a profité de la situation de son père. M. n’a pu supporter les accusations de A. il est sorti de son commerce pour commencer à insulter son protagoniste. Ce dernier lui a asséné un coup de poing, puis un deuxième. Quelques marchands du souk sont intervenus pour les calmer. Mais, ils n’ont pas pu y arriver puisque les choses sont passées à l’irréparable : hors de lui, M a saisi un couteau et s’est avancé vers A pour lui asséner un coup mortel.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *