Il tue celle qui voulait le quitter

Il tue celle qui voulait le quitter

Pour ceux qui connaissaient les protagonistes de cette affaire, Abderrahim et Idrissia formaient un couple lié par une passion à toute épreuve ;on les croyait même mariés alors qu’ils n’étaient que de vieux amants. Lui est vendeur de chaussures de son état, père de 3 enfants. Elle est une femme divorcée, employée dans une entreprise et mère de 5 enfants. Des années durant, leur liaison ne souffrait d’aucune mésentente étant assortie sous le signe de la compatibilité. D’ailleurs à maintes reprises, on les voyait souvent bras dessus bras dessous en train de flâner aux fraises pendant les week-ends ou encore assis sur un banc au jardin municipal de Rabat, baignant dans une douce romance. Mais au fil du temps, plus Abderahim se montre tout feu tout flamme pour elle, moins Idrissia lui témoigne de la tendresse et de l’adoration qu’il attendait d’elle. C’est dire que leur amour est devenu à sens unique, sans réciprocité. Même des propositions sérieuses de sa part pour nouer une relation conjugale en bonne et due forme n’ont pas eu d’effets positifs sur la frilosité croissante de celle qui ne jurait, naguère, que par son nom. Que s’est-il donc passé pour que sa béguine change de sentiments à son égard comme on se débarrasse d’un vieux manteau troué aux mites? S’agit-il d’un simple amortissement de relation amoureuse de manière unilatérale ou plutôt d’une mésentente qui s’est installée entre eux ? Il faut dire que même ses conjurations itératives pour renouveler son idylle d’antan n’ont eu aucun effet de persuasion sur Idrissia. En tout cas, mis à part sa dulcinée renégate, Abderrahim ne pouvait en aucune manière disposer de sa virilité à l’égard d’autres conquêtes féminines. Cela faisait un bail qu’il n’a pas assouvi ses pulsions sexuelles, pour cause de dysfonctionnement érectile. Un phénomène curieux qui lui a fait passer plusieurs nuits blanches avec des sueurs froides en prime. Tout compte fait, son sentiment prolongé d’impuissance le pousse de plus en plus à interroger toutes les connaissances d’Idrissia, lesquelles lui révèlent sans ambages ses fréquentations quotidiennes de chez les charlatans et autres voyantes malfamées. D’où il conclut à la trahison flagrante en lui imputant tous les maux qu’il endure dans sa vie sexuelle, surtout son incapacité à faire l’amour avec d’autres femmes. Un jour, vers la fin de l’an dernier, en partance pour son boulot, idrissia prend le bus n°44 reliant Hay Ennahda au centre-ville comme à l’accoutumée. Cependant, Abderrahim qui était en proie à des sensations de haine et de colère incommensurable, l’épiait à son insu et attendait le moment d’agir avec une espèce de tergiversation non loin d’une station d’arrêt à Takaddoum. À peine dans le bus et avant même de s’installer sur un des sièges que l’amant trahi brandit son poignard, file en courrant pour la rattraper parmi les passagers et lui asséner plusieurs coups mortels en différentes parties de son corps. Deux blessures béantes au niveau de son bas-ventre vont s’avérer fatales. Par ailleurs, son rein droit est gravement touché. Devant l’ahurissement général, le vengeur détale et prend la direction de Romani, là où habitait son paternel. Arrivé chez lui, il veut mettre fin à ses jours et ingurgite une substance vénéneuse. Une fois à l’hôpital Ibn Sina , il sera sauvé mais menotté et sous surveillance policière. Après un an d’instruction judiciaire, la chambre criminelle près la cour d’appel de Rabat a prononcé en début de ce mois-ci son verdict contre Abderrahim, accusé de meurtre avec préméditation. Il écopera de 30 ans de réclusion criminelle.

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