Il tue sa famille d’accueil et se suicide

Il tue sa famille d’accueil et se suicide

Dimanche 15 février. Le corps sans vie d’une personne de sexe masculin a été découvert pendu à un arbre, à Ras El Ma, dans la région de Fès. Il semble qu’il s’agit d’un suicide. D’abord une question s’est posée aux éléments de la Gendarmerie royale qui se sont dépêchés sur les lieux pour tirer l’affaire au clair. De qui s’agit-il ? Les investigations leur ont permis d’identifier le cadavre. Il s’agit d’un mendiant, Mohamed. A, âgé de 48 ans, célibataire. Les investigations ont révélé également que le désespéré habitait quatre kilomètres plus loin, et plus précisément à Douar Zlileg. Il n’habitait pas seul, ni avec sa propre famille, mais avec une autre famille, composée du père, Ahmed Benrahhou, 50 ans, sa femme, A.J, 48 ans, leur fillette, M.B, écolière de 8 ans et d’un enfant adoptif de 4 ans. Sa relation avec cette famille remonte à une dizaine années. Les circonstances de la mendicité avaient favorisé sa première rencontre avec Ahmed. Mendiant lui-même, ce dernier lui avait appris d’autres techniques de mendicité au point qu’ils sont devenus inséparables.
Ils ne mendiaient pas seulement à Fès, mais aussi à Meknès, Nador et dans les régions. C’est cette relation amicale devenue intime après quelques années qui a incité Ahmed à accepter Mohamed comme un membre de sa famille. Pourquoi donc Mohamed s’est-il suicidé ? Etait-il déprimé au point de ne plus supporter son existence sur terre ? Avait-il décidé de mettre fin à ses jours après avoir abhorré sa vie de mendiant ?
Cependant, mardi 17 février, quarante-huit heures donc après la découverte du corps de Mohamed, les enquêteurs de la Gendarmerie royale ont été avisés de la découverte des corps sans vie de tous les membres de la famille d’Ahmed (Cf la rubrique «Instantanés» de notre édition 581 du jeudi 19 février 2004). Les quatre cadavres baignaient dans une mare de sang, portant les traces de plusieurs coups à l’aide d’un objet tranchant et d’autres armes blanches. Une boucherie horrible qui dépasse l’imagination. Qui les a torturés ? Qui les a tués ? Quelle relation entre cette boucherie et le suicide de Mohamed ? Un tas d’interrogations ont été soulevées par les enquêteurs. Les témoignages recueillis leur ont permis de conclure qu’une relation entre la boucherie et le suicide de Mohamed est certaine. Seulement, le mobile reste à déterminer. La première version a expliqué que Mohamed et Ahmed se sont mis d’accord pour acheter une maison au quartier Bensouda au prix de 35 mille dirhams. Cette maison est située dans un lotissement cédé à un prix symbolique aux familles demeurant dans les domiciles menaçant ruines dans l’ancienne médina de Fès. Effectivement, ils l’ont achetée en octobre 2003. Cependant, lors de l’établissement de l’acte d’achat, le père de famille, Ahmed, a enregistré l’acquisition de la maison au nom de sa femme et non pas en son nom propre et celui de son associé, Mohamed.
Ce qui a mis ce dernier hors de lui. Certes, il a protesté et demandé à Ahmed de changer l’acte d’achat. Seulement, ce dernier a refusé. «Personne ne doit bénéficier de cette maison», aurait-il pensé avant de décider de mettre fin à ses jours après la liquidation d’Ahmed et des membres de sa famille. Et il est passé à l’acte par la suite. La deuxième version soulève une relation adultère entre Mohamed et l’épouse d’Ahmed.
Une prise de bec aurait eu lieu entre eux avant que les esprits ne s’échauffent et que l’irréparable ait été commis. Certes, le mobile réel s’est évaporé avec les âmes des victimes et du bourreau. Mais une question reste également posée : a-t-il commis cette boucherie tout seul ? Et, si oui, comment est-il parvenu à les liquider tous en une seule fois ?

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