Il tue son ami pour 3.000 dh

Il tue son ami pour 3.000 dh

Leur amitié remonte à quelques mois, depuis qu’ils s’étaient rencontrés sur un chantier de construction situé au quartier El Oulfa, à Casablanca. Aucun d’entre eux n’est originaire de la capitale économique. A. R, vingt-trois ans, est issu de Safi, alors que G. O, vingt-sept ans, vient de Ben Slimane. Certes, personne d’entre eux n’avait l’intention de quitter sa ville natale et son foyer parental. Seulement, le gagne-pain les a obligés d’y tourner le dos pour emprunter le chemin de la corvée. Le chemin le plus facile était celui du domaine de la construction dans une ville où le béton est en pleine expansion. La preuve est que les deux jeunes hommes, A.R et G.O, qui ont quitté tôt l’école et n’ont pas appris de métier, n’ont pas trouvé aucune difficulté à se faire embaucher dans des chantiers de construction. Avant de se rencontrer au chantier du quartier El Oulfa, chacun d’entre eux a travaillé dans d’autres chantiers casablancais. Ils n’ont jamais travaillé hors de Casablanca.
Lorsqu’ils se sont rencontrés la première fois, ils se sont familiarisés comme s’ils se connaissaient depuis des années.
Après le travail, ils passaient ensemble la majorité de leur temps, à manger, à s’attabler dans des cafés, à se promener dans la ville, à bavarder et à essayer de draguer les filles. Cependant, G.O ne ratait pas les occasions qui pouvaient lui rapporter un peu d’argent. Autrement dit, il n’hésitait pas à acheter un bien à bas prix pour le revendre avec un bénéfice. Cela lui permettait d’arrondir ses fins de semaine. C’est la raison pour laquelle, il a osé acheter des matériaux de construction à un prix qui lui semblait profitable. “J’ai acheté des matériaux pour un prix modique et je pense les revendre“, confie-t-il à son ami. Il lui a expliqué que la revente allait lui rapporter un bénéfice très important. “Pourquoi ne pas tenter moi aussi d’acheter et de revendre pour arrondir mes fins de semaines“, se dit A.R.
Cette idée ne semble pas récente pour ce dernier, mais il n’a pas osé s’aventurer. Quand il a proposé à G.O, ce dernier l’a encouragé et lui a expliqué que cette activité l’empêche de recourir à emprunter de l’argent pour envoyer quelques sous à sa famille et payer le loyer, la nourriture et l’habillement et se divertir. “Donc, je vais commencer“, a décidé A.R. Son ami, G.O, lui a proposé de commencer par les matériaux qu’il pense revendre. Il l’a encouragé à les acheter pour les revendre à un prix plus élevé. “Ce sera ta première expérience“, avant de fixer avec lui rendez-vous au lieu où se trouvent les matériaux en question. Ils avaient déjà fixé le prix : trois mille dirhams. Dimanche 7 novembre, une semaine avant la fin du mois de ramadan, A.R a mis les trois mille dirhams dans sa poche pour rencontrer O.G. C’était la somme qu’il avait épargnée jusqu’à ce jour et qu’il pensait verser à sa famille quand il lui rendrait visite le jour de l’Aïd Al Fitr. Quand A.R a examiné les matériaux, il a renoncé à les acheter.
Ils ne valent pas le coup, affirme-t-il à O.G. Et les trois mille dirhams qu’il a dans les poches ? pense ce dernier. O.G ne voulait pas rater l’occasion. Non pas pour revendre les matériaux, mais pour empocher la somme que A.R avait dans les poches. Comment ? En un clin d’oeil, il a trouvé une réponse odieuse. Il a brandi un couteau et a asséné six coups mortels à A.R. O.G a pris aussitôt la fuite après avoir subtilisé les trois mille dirhams. Alertés, les éléments de la deuxième section judiciaire de la brigade urbaine de la police judiciaire de Hay Hassani-Aïn Chok se sont dépêchés sur les lieux du crime, avant de se rendre à la gare routière Oulad Ziane. Leur intuition ne les avait pas trompés. Ils ont arrêté l’assassin alors qu’il s’apprêtait à prendre le car à destination de sa ville natale.

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