Il tue son ami pour un verre d’alcool

Il tue son ami pour un verre d’alcool

Marrakech, à la place Ben Saleh, un jeune homme, la vingtaine, avançait en titubant. Le sang coulait de la partie gauche de sa poitrine au niveau de son cœur et de sa nuque. Son état a laissé en émoi les habitants de la ville ocre. Ils le regardaient sans agir. Le jeune homme qui saignait à flot sollicitait leur aide.  Il leur demandait de composer le numéro 15 sur leurs téléphones portables ou dans un appareil téléphonique d’un publiphone pour alerter les éléments de la protection civile. Bien que l’appel est gratuit, personne ne voulait prendre l’initiative. A l’exception d’un gargotier de la place, qui a alerté la police mais sans leur expliquer que la personne est gravement blessée et risque de perdre la vie. Une vingtaine de minutes plus tard, les éléments de la police judiciaire sont arrivés. Les badauds qui s’attroupaient autour du jeune homme ont été dispersés calmement. Le chef de la brigade a avancé vers le corps du jeune homme. C’était trop tard, l’homme a rendu l’âme. Aussitôt le constat d’usage a été entrepris par les enquêteurs : Outre les blessures au niveau de la nuque et du cœur, des traces de spermes ont été remarquées au niveau de sa culotte.
Qui est-il ? Qui l’a tué et pourquoi? Est-il un homosexuel ? Est-il victime d’abus sexuel ? Pour répondre à ces questions et tirer l’affaire au clair, les enquêteurs commencent aussitôt leur enquête. Ils se sont adressés au gargotier qui avait assisté à une partie de la scène. Ce dernier a attesté que la victime n’est autre que Mohamed, qui n’habite pas loin de sa gargote. Il a ajouté l’avoir remarqué, dans l’après-midi, en compagnie de trois autres jeunes hommes qui y mangeaient de la soupe à la fève (Bissara). Après avoir terminé le déjeuner, la jeune victime a accompagné l’un des trois jeunes au quartier Sidi Ayoub alors que les deux autres jeunes ont emprunté, à bord des bicyclettes, un autre chemin. Quelques heures plus tard, a précisé le gargotier, Mohamed est revenu à la place Ben Saleh en saignant. Le gargotier qui connaît la jeune victime et ses compagnons n’a pas hésité à indiquer leurs demeures aux enquêteurs. Sans perdre de temps, ces derniers se sont rendus aussitôt à la maison de celui qui était le dernier compagnon de Mohamed. Il s’agit d’un certain Ali, un repris de justice qui a purgé plusieurs peines d’emprisonnement avec sursis et ferme pour ivresse, coups et blessures à l’arme blanche et violence contre ascendants. Le gargotier leur a précisé qu’il habite au Derb Drawa, quartier Sidi Soussane. En se rendant à l’adresse indiquée, ils ne l’ont pas trouvé. Sa mère a affirmé qu’il a disparu depuis quelques jours sans donner signe de vie.  Au début du mois de juin, la mère d’Ali est allée à la police accompagnée de son fils. Le jeune homme traînait ses pas derrière elle.
Calmement, les enquêteurs l’ont soumis aux interrogatoires. Il a avoué qu’il était en compagnie de Mohamed et d’un autre jeune homme, Abdelkrim. Après avoir mangé de la soupe à la fève, ils ont acheté une bouteille de l’eau-de-vie (Mahia) pour se tenir dans un coin juste à côté de l’école Errachidia et s’enivrer. Après avoir bu la bouteille entière, Abdelkrim leur a proposé d’aller acheter un quart de litre au quartier Sidi Slimane. À mi-chemin, pas loin du quartier Ben Saleh, Abdelkrim a poussé violemment Mohamed dans un coin plus ou moins obscur et l’a menacé par un couteau pour l’obliger à obtempérer à ses désirs sexuels.
Ali s’est éloigné de lui. Avant de partir, il a demandé à Abdelkrime quelques verres de Mahia. Celui-ci lui répond que Mohamed l’a déjà bu. Recevant un coup de poing d’Ali, Mohamed a brandi un ciseau et l’a menacé. Hors de lui, il l’a poussé violemment. Mohamed est tombé, son ciseau par terre. Ali l’a repris et lui a donné deux coups ; un au niveau du cœur et l’autre à la nuque. Après quoi, il a regagné la région d’Oued Issil pour se débarrasser de l’arme blanche. Ensuite, il a commencé à errer dans les rues de Marrakech. Regrettant son acte criminel, il rejoint sa mère et la sollicite de l’accompagner au commissariat de police. Seulement, son regret semble être tardif.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *