Il tue son frère pour l’honneur de sa mère

Le Haj est mort, il y a une quinzaine d’années, laissant une veuve qui doit prendre soin et subvenir aux besoins de cinq enfants. Durant toutes ces années, elle a assumé sa responsabilité en aidant l’un à poursuivre ses études, soutenant l’autre à trouver un emploi et encourageant le troisième à se marier. Elle n’a épargné aucun effort pour les rendre tous heureux. Elle a même vendu un terrain agricole qu’elle avait hérité de ses parents pour acquérir une maison à Hay Hassani, à Casablanca. C’est dans cette demeure qu’après son mariage avec un peintre en bâtiment, sa fille Fatima s’est installée dans une chambre, sans se soucier des problèmes du loyer. Fou de joie, Mohamed, mari de cette dernière, a accepté d’être soutenu par sa belle-mère qu’il trouvait aimable et sympathique. Il la considérait comme sa propre mère et ses beaux-frères comme ses propres frères, même si l’un d’eux, à savoir Aziz, ne voulait pas se rapprocher de lui. Il semblait qu’il le haïssait au point qu’il l’évitait à chaque fois à la maison.
Mohamed a tenté à maintes reprises de se réconcilier avec lui mais en vain. Aziz s’éloignait toujours de lui. Au fil des mois, ce dernier a commencé à sentir même de la rancune envers sa soeur. Il ne voulait plus la voir, ni rencontrer ses enfants à la maison. Quand il croisait l’un d’eux, il n’hésitait pas à le gifler sans raison. Il n’a pas hésité à demander à son beau-frère et sa soeur de quitter la maison, d’aller ailleurs pour ne pas gêner sa tranquillité. Cette agressivité s’est accentuée avec le mariage de l’autre frère, Khaled, son cadet de quatre ans. Aziz s’est alors moqué de lui. Comment un gamin comme lui est arrivé à séduire une belle fille comme Souâd ? s’interrogeait-t-il à chaque fois sur un ton ironique. Des paroles que Khaled n’a nullement prises au sérieux. Ce jeune de vingt-huit ans, qui a quitté l’école à un niveau du quatrième année d’enseignement fondamental, a été embauché dans une usine de fabrication de chaussures, puis chez un plâtrier. Il a fini par acheter une charrette sur laquelle il transporte des marchandises et des. Depuis, Khaled a commencé à participer aux dépenses de la maison et à aider sa mère. Un comportement qui a attisé la jalousie de son frère aîné, fainéant, paresseux, ivrogne, drogué et bagarreur. Il n’aimait personne, ni sa mère, ni ses frères, ni sa soeur, ni son beau-frère, ni sa belle-soeur. Il insultait tout le monde surtout lorsqu’il était dans un état d’ivresse ou quand il prenait des comprimés psychotropes.
Ses comportements cruels et violents ont fini par pousser son beau-frère à déménager ailleurs, après dix ans de séjour avec sa belle-mère et ses beaux-frères et après avoir eut cinq enfants ne leur rendant visite que très rarement. Ils craignaient toujours d’être violenté par Aziz qui devient de plus en plus cruel. Mercredi 5 janvier, vers 10h du matin.
Fatima est arrivée chez sa mère. Elle ne lui a pas rendu visite depuis plus de trois semaines. Une heure plus tard, sa tante les a rejointes. Ni Aziz, ni Khaled ne sont à la maison. Il n’y avait que sa mère, Souâd, épouse de Khaled, et son frère, le benjamin, Mustapha. Quelque moment plus tard, la mère et la tante sont allées au bain maure.
Plus tard, la première a entendu sa belle-soeur, Souâd qui l’appellait. Elle s’est habillée en hâte pour sortir et s’entendre dire que Aziz est rentré à la maison dans un état d’ivresse avancée, qu’il a pris sa soeur, Fatima, entre ses bras et a commencé à l’embrasser chaleureusement. La mère et la tante se sont rendues sur le champ à la maison. Mais elles ont eu droit à une surprise de taille : Aziz dans un coin, en train d’insulter et d’injurier sa soeur, lui demandant de rentrer chez elle. Se tournant vers sa tante, elle l’a qualifiée de prostituée, qui couche avec plusieurs hommes.
En tentant de le calmer, la mère a eu droit à son lot d’insultes. Vers 19h, Khaled est arrivé trouvant son frère toujours en train de crier et d’insulter sa mère. Hors de lui, il a tenté de le violenter, mais son épouse, Souâd, l’a conduit à leur chambre pour le calmer. Chose que Aziz, qui se trouvait sur la terrasse, n’a pas voulu faire. Vers 21h, Khaled l’a rejoint, a pris une brique de construction et lui a asséné un coup sur la tête. Aziz s’est effondré. S’affolant, Khaled a saisi un couteau et a commencé à lui larder le corps de coups mortels. Alertés, les éléments de la police judiciaire de Hay Hassani-Aïn Chok se sont dépêchés sur les lieux pour entamer leurs investigations. La famille a tenté de camoufler l’affaire en déclarant à la police que Aziz a été blessé dans la rue. Recueillant des témoignages des voisins, ces derniers ont déclaré l’avoir remarqué dans un état hystérique, mais non blessé. Les limiers ont recouru à la ruse. Ils ont d’abord fait semblant d’arrêter le benjamin, pour arriver au véritable meurtrier. C’est Fatima qui a finalement craché le morceau. “C’est Khaled qui l’a tué », a-t-elle avoué.

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