Il voulait voler son beau-père

Il voulait voler son beau-père

Mercredi soir 22 juin, il était minuit environ, l’Hadj, âgé de soixante-trois ans, est étendu sur son lit, à côté de sa femme qui regardait la télévision. Depuis que leur fille unique a émigré aux Etats-Unis, ils habitent seuls dans leur appartement sis au quartier Errachidia, à Mohammédia.
A une heure tardive, l’Hadj et son épouse se sont endormis. Trois heures plus tard, le mari est réveillé par un bruit. Il se leva et tentait d’identifier d’où vient le bruit. Un vacarme inhabituel, plus ou moins léger, provenait de la cuisine. Horrifié, l’Hadj s’immobilisa au chevet du lit. Il tourna ses regards vers sa femme qui ronronnait encore. Le bruit ne semblait pas la dérangeait. «Que devrais-je faire», s’interrogea-t-il, le cœur serré de peur. Brusquement, il entendit de nouveau le bruit d’une chaise. Puis, des chuchotements dans la cuisine. Sous l’émotion, le cœur de l’Hadj battait de plus en plus fort. Seul et sans défense, l’Hadj hésitait à se rendre à la cuisine et voir ce qui se passait. «Peut-être que ce sont des cambrioleurs armés de couteaux?» se disait-il. Après quelques minutes d’hésitation, il décida d’affronter la situation pour avoir le cœur net. Mais, auparavant, il réveilla sa femme, qui a essayé de le retenir. Mais en vain.
Sans faire de bruit, il avancait doucement dans l’obscurité vers la cuisine. Soudain, quelqu’un lui assena deux coups de poing au visage. L’Hadj a lancé un cri strident et s’est renversé.
Avec courage, il s’est relevé pour se défendre et empêcher les intrus d’aller à la chambre à coucher où se trouvait sa femme. Malheureusement, ils étaient plus fort que lui et étaient armés de couteaux. Et pourtant, il a résisté.
Horrifiée, sa femme n’a pas pu rejoindre son mari et lui apportait son aide. Elle est restée immobile dans sa chambre pendant un long moment. Les cris de souffrance de son mari étaient assourdissants. Rassemblant tout son courage, elle décida de faire quelque chose pour délivrer son mari des mains des intrus. Elle prit le téléphone et composa le numéro 19 pour alerter la police.
A ce moment-là, son mari continuait à résister et à demander secours à haute voix. Entendant son appel de secours, son voisin s’introduit chez lui par la fenêtre de la cuisine. Il attaqua l’un des deux agresseurs cagoulés et lui repris le couteau.  Entendant la voix de leur voisin, la femme de l’Hadj regagna la cuisine.
Elle alluma la lumière. Son mari était allongé par terre dans un état lamentable. Elle s’est fondue en larmes. Quelques minutes plus tard, les éléments du 4ème section judiciaire de la brigade urbaine du district de Mohammédia sont arrivés sur les lieux. La Protection civile a été alertée et l’Hadj  a été évacué vers les urgences de l’hôpital Moulay Abdellah. L’un des deux agresseur a été conduit vers le commissariat de la police. Son état n’était pas normal. Certainement, il avait avalé des comprimés psychotropes. Jeudi 23 juin. Au commissariat, le jeune agresseur, âgé de trente ans, s’est mis à table sans difficulté.
«Je suis le neveu du beau-fils de l’Hadj. C’est lui qui nous a engagés pour lui dérober ses 200 mille dirhams», avoua-t-il.
Abdellah, trente-cinq ans, marchand ambulant de son état, est le fiancé de la fille de l’Hadj. En absence de leur fille immigrée au pays de l’oncle Sam, il n’hésitait pas à rendre visite à ses beau-parents en attendant que sa fiancée retourne et convole en justes noces.  Son rêve est qu’elle l’emmène au-delà de l’Atlantique.
Lorsque Abdellah a appris que son futur beau-père garde une somme de 200 mille dirhams chez lui, il a décidé de s’en emparer. Pour cela, il a invité chez lui, au bidonville Al Massira, son neveu et un ami. Il leur avait proposé un marché. S’ils volent l’argent, ils le partageront à trois. Marché conclu, il leur a acheté deux cagoules, deux pairs de gangs, deux couteaux et un fil en plastique. Il leur a expliqué qu’il rendra, visite à son beau-père et il leur laissa ouverte la fenêtre de la cuisine donnant sur la rue. Ils se sont mis d’accod qu’une une fois la mission accomplie, ils devaient le rejoindre pour partager l’argent. Seulement l’opération a échoué et les trois compères ont été conduits, le samedi 25 juin, vers la Cour d’appel de Casablanca.

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