Imams et Rabbins unis pour la paix

Imams et Rabbins unis pour la paix

Il était prévu, il y a quelques mois, que ce congrès aurait lieu à Ifrane, au Maroc. Mais il a lieu, cette année à Bruxelles, en Belgique. Entamé le lundi 3 janvier, le Congrès mondial « Imams et Rabbins pour la paix », n’en aura pas moins réussi à réunir, le temps d’une rencontre et pour la première fois, une centaine d’imams et de rabbins venus du monde entier dans le seul but d’établir un dialogue entre juifs et musulmans. Se déroulant sous le patronage de SM le Roi Mohammed VI et SM Albert II, Roi des Belges, l’événement est organisé par la fondation « Hommes de parole », celle qui était à l’origine d’une manifestation similaire, mais à moindre échelle, de dialogue entre représentants des religions musulmane et judaïque, en 2003 en Suisse. Quatre jours durant, certains parmi les plus hauts dignitaires de ces deux religions monothéistes auront discuté de tous les grands sujets ayant trait à la coexistence de l’Islam et du Judaïsme dans le monde.
L’objectif est de délégitimer toutes les violences destructrices exercées au nom de Dieu. Alternant trois séances plénières et trois ateliers, le congrès se propose de réfléchir, notamment, sur les structures à mettre en place pour «pallier les carences constatées dans les formations des imams et des rabbins», ou encore de trouver les moyens d’éviter les «crispations identitaires».
Le Maroc y est représenté par André Azoulay, conseiller de Sa Majesté, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq et le président de l’université Al Akhawayne, Rachid Belmokhtar.
Lors de la séance inaugurale, Ahmed Taoufik a donné lecture d’un message royal adressé aux participants. Dans ce message SM le Roi a souligné la responsabilité qui incombe à tous, en particulier aux imams et aux rabbins, à savoir être solidairement les chantres de la protection du droit des Palestiniens à vivre en paix, dans la dignité et la justice, côte à côte avec les Israéliens. «Notre devoir à tous est de briser ce miroir mystificateur qui renvoie, depuis trop longtemps, de nos peuples et nos nations, une image erronée et hideuse, dénaturant et rendant méconnaissable la notion de guerre sainte», a affirmé le Souverain. Et SM Mohammed VI d’appeler également à la nécessité de mettre en place «une pédagogie raffinée qui soit contextuelle et structurelle -et non événementielle -, une pédagogie consistante et profonde, élaborée avec le recul et la patience qu’il faut et caractérisée par l’efficacité qui s’impose».
Cette rencontre au sommet revêt en effet une importance fondamentale dans un contexte mondial rendu difficile par le conflit israélo-palestinien, la situation en Irak ou d’autres évènements récents comme ceux de Madrid.
« Aujourd’hui, plus que jamais, a souligné SM le Roi, il est impérieux que nous refassions nôtres, le nom et les paroles de Dieu et que nous leur rendions leur parure et la charge sémantique authentique qui était la leur initialement et qui est porteuse de valeurs d’écoute mutuelle, de dialogue, d’élévation morale et spirituelle et d’épanouissement », a affirmé Sa Majesté.
La manifestation a été également ouverte, notamment, par René-Samuel Sirat, l’ancien Grand rabbin de France, et par cheikh Talal Sedir, imam d’Hébron et représentant de l’Autorité palestinienne pour les affaires inter-religieuses. « Trop souvent de par le monde, les religions sont instrumentalisées, servent de prétexte à des déchirements, à des guerres, à des massacres; on invoque le même Dieu unique pour séparer, diviser, cloîtrer », a déclaré le ministre belge de l’Intégration sociale, Christian Dupont, cité par l’agence Belga. Parmi les personnalités présentes, figurent le Grand rabbin Shmuel Rabinowitz, venu d’Israël, ainsi que le Grand rabbin Shlomo Rosen, responsable de l’American Jewish Committee. L’Iranienne Chirin Ebadi, prix Nobel de la Paix, était également attendue.

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