Immigration : La Belgique durcit les règles du regroupement familial

Immigration : La Belgique durcit les règles du regroupement familial

La Belgique durcit les règles du regroupement familial. Après un long débat, la chambre des représentants belge a adopté, jeudi 26 mai, la loi renforçant les règles en matière de regroupement familial. Ce texte restreignant le regroupement familial pour les Belges d’origine étrangère a été adopté par 79 voix pour, 23 contre et 30 abstentions. A travers l’adoption de cette loi, la Belgique entend lutter contre les abus, à savoir les filières d’immigration et les mariages blancs. Selon les écologistes, principaux opposants à cette loi, ces différentes mesures visent implicitement les Belges d’origine marocaine et turque. «Cette discrimination dirigée, sans l’avouer, contre les Belges d’origine marocaine et turque principalement, va, sans aucun doute, engendrer un nombre impressionnant de situations absurdes», a déclaré Zoé Genot, députée Ecolo.Rappelons qu’en 2010, près de 70 % des nouveaux titres de séjours avaient été accordés aux ressortissants de ces deux communautés. Cette nouvelle loi apporte plusieurs changements. Le texte fixe pour les Belges les mêmes règles de regroupement que pour les ressortissants de pays non européens vivant en Belgique. Le regroupement est limité aux conjoints et enfants mineurs et exclu les ascendants. Autrement dit, les Belges ne pourront plus faire venir leurs parents en Belgique. Par contre, les ressortissants européens vivant en Belgique pourront continuer à le faire. A ce sujet, le secrétaire d’Etat à la politique d’immigration, Melchior Wathelet, (CDH) a qualifié cette interdiction de «discrimination». «Il ne peut pas y avoir de discrimination en droit belge. Un Français peut faire venir ses parents, alors qu’un Belge ne pourrait pas le faire. La différence de traitement est injuste», s’est-il indigné.
Autre mesure prévue par la loi : le rehaussement de l’âge. Désormais le regroupé et le regroupant devront être âgé de 21 ans au lieu de 18 ans. L’objectif étant de lutter contre les pressions familiales en vue d’un mariage forcé. Par ailleurs, à l’exception des personnes handicapées ou bénéficiant de la Garantie de revenu aux personnes âgées, le regroupant (la personne qui accueille) devra pouvoir justifier de l’équivalent de 120% du «revenu d’intégration» ( aide sociale), soit 1184,5 euros par mois contre 100% pour les citoyens des autres pays de l’UE. Le regroupant sera dans l’obligation de prouver qu’il dispose d’un logement «suffisant». Toutes les demandes de regroupement familial émanant du «regroupé» devront être effectuées depuis l’étranger et non en Belgique. Pour sa part, le regroupant devra justifier d’une présence légale sur le sol belge d’au moins douze mois pour introduire une demande de regroupement familial.

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