Immigration : Un financement italien de 80 millions d’euros pour le gouvernement tunisien

Immigration : Un financement italien de 80 millions d’euros pour le gouvernement tunisien

Le gouvernement italien a accordé à la Tunisie un financement de 80 millions d’euros pour lutter contre l’immigration clandestine, a annoncé, vendredi à Tunis, le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini. La somme est destinée à acquérir des équipements nécessaires pour stopper l’afflux de migrants et fournir une formation aux gardes-côtes, a précisé à la presse M. Frattini. «Nous sommes prêts à aider les migrants tunisiens à un retour volontaire à leur pays», a ajouté le ministre italien soulignant la nécessité de «mettre fin au trafic du transfert humain». Depuis la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, quelque 15.700 migrants tunisiens sont arrivés en Italie, en débarquant essentiellement sur la petite île de Lampedusa, au sud de la Sicile, a indiqué lors de la conférence de presse le ministre italien de l’Intérieur, Roberto Maroni, également en visite en Tunisie. L’île abrite actuellement dans des conditions plus que précaires quelque 6.000 immigrés, dont 2.200 dans un centre d’accueil pour clandestins prévu pour accueillir 850 personnes. Les deux ministres italiens ont effectué, vendredi, une visite officielle en Tunisie d’un jour pour rencontrer les représentants du gouvernement de transition. Ils ont eu des entretiens avec le Premier ministre Béji Caïd Essebsi, les ministres des Affaires étrangères Mouldi Keffi, des Affaires sociales Mohamed Ennaceur et de l’Intérieur Farhat Rajhi. Par ailleurs, une centaine de migrants tunisiens mineurs, arrivés ces dernières semaines à Lampedusa, ont été hébergés, samedi, dans une ancienne base militaire américaine de cette petite île italienne située au sud de la Sicile. Au total, 13.500 immigrés illégaux ont débarqué ces 20 derniers jours en provenance de Tunisie sur ce confetti de 20 km2, où ils étaient quelque 5.000 en fin de semaine à s’entasser dans des conditions très précaires en raison du manque de place. Parmi eux, quelque 250 enfants mineurs auraient besoin d’être hébergés le plus rapidement possible dans des structures adéquates, estime l’Association Save the children. Samedi, 96 d’entre eux ont été placés dans ce qui était jusqu’en 1990 une base de garde-côtes de l’armée américaine. «Nous pensons qu’il est nécessaire de préparer des centres de transit pour les enfants afin qu’ils vivent dans des conditions décentes en attendant d’être hébergés dans des structures appropriées», a déclaré Raffaella Milano, de Save the Children. Plus de 15.000 Tunisiens sont arrivés sur l’île, située à 138 km de la Tunisie et 215 km de la Sicile, depuis la chute du président Zine El Abidine Ben Ali en janvier. Des embarcations transportant des centaines de migrants continuent d’arriver tous les jours. Les migrants sont ensuite emmenés en avion ou en bateau vers d’autres régions d’Italie où ils sont placés dans des centres de détention ou des centres de réfugiés pour ceux qui ont réclamé l’asile politique. Les migrants mineurs sont censés être emmenés vers des structures spécialisées.

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