Incendie de Tanger : Le dispositif des Eaux et Forêts

Incendie de Tanger : Le dispositif des Eaux et Forêts

397 hectares ont été ravagés par le feu du 1er janvier au 11 juillet 

Le HCEFLCD estime que le bilan de cet incendie est plutôt positif dans la mesure où il n’y a pas eu de victimes et les dégâts restent limités par rapport aux menaces. Signalons à ce sujet que la superficie potentiellement menacée était de l’ordre de 2.400 hectares.

Le haut-commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), Abdeladim Lhafi, a tenu, mardi à Rabat, une rencontre sur la gestion des incendies de forêts à l’échelle nationale après l’incendie qui a ravagé les feux de forêts de Tanger. Selon le dernier bilan présenté par le HCEFLCF, 124 incendies ont été enregistrés au niveau national du 1er janvier au 11 juillet 2017. Au total, 397 hectares ont été ravagés par le feu. La moyenne établie est de 3,2 hectares par incendie alors que la moyenne méditerranéenne est de 16 hectares par incendie.

En dévoilant ces nouveaux chiffres, M. Lhafi a signalé que le bilan de cette année est très positif. En effet, une diminution de 45% des incendies de forêts a été notifiée par comparaison aux résultats des années antérieures et de la moyenne décennale. Cela dit, le risque d’incendie reste très élevées en raison d’une biomasse combustible abondante et très sèche. Les alertes et les vigilances ont ainsi été relevé à leurs niveaux maximals. Il faut aussi signaler que la hausse des températures va favoriser le dessèchement de la biomasse déjà importante, ce qui a pour conséquence d’augmenter le risque des incendies de forêts. Cette rencontre a été l’occasion de faire le point sur les feux de forêts de Tanger qui a ravagé 230 hectares.  La zone d’incendie concerne les forêts dites de Médiouna, de Sloukia et du Cap Spartel. A noter que 45% de cette superficie sont constitués d’essences secondaires. Le HCEFLCD précise également que 65% de cette superficie ont été calcinés et 35% léchés par les flammes.

Il faut aussi relever que 75% de cette superficie sont dans le domaine forestier alors que 25% relève du domaine privé de l’Etat. Le feu a ainsi pris naissance le samedi 1er juillet à 11h30 dans la forêt de Mediouna. S’agit-il d’un acte prémédité ou involontaire ? Il est encore difficile de savoir. «La cause de l’incendie n’est pas d’origine naturelle. L’enquête menée par la police judiciaire  est toujours en cours», indique Fouad Assali, responsable du Centre national de gestion des risques climatiques forestiers. Toujours est-il que la chaleur excessive et les vents forts dont la vitesse a atteint les 80 km/h ont compliqué les efforts visant à maîtriser cet incendie déclenché dans des massifs forestiers, composés essentiellement d’espèces secondaires et de pins. A ce sujet, le haut-commissaire précise que la violence et turbulence du vent (60 à 80 km/h), la houle de la mer, le relief accidenté entravant la lutte terrestre et la nature résineuse de la végétation, très inflammable et très dense figurent parmi les principaux obstacles rencontrés par les équipes d’intervention.  Il a fallu trois jours pour circonscrire l’incendie (lundi 3 juillet dans la soirée) et 5 jours pour qu’il soit maîtrisé (mercredi soir). Cinq avions et 700 membres dont 550 de la protection civile et de la gendarmerie avaient été  mobilisés pour venir à bout de cet incendie. Le HCEFLCD estime que le bilan de cet incendie est plutôt positif dans la mesure où il n’y a pas eu de victimes et les dégâts restent limités par rapport aux menaces. Signalons à ce sujet que la superficie potentiellement menacée était de l’ordre de 2.400 hectares. Suite à cet incendie, le Haut-Commissariat aux eaux et forêts a élaboré un programme de réhabilitation du site où plusieurs actions urgentes seront menées. Un budget global de 8 millions DH a été mobilisé pour la mise en œuvre de ce programme. Ainsi, il sera procédé dans un premier temps  à une évaluation des zones brûlées pour déterminer la sévérité et l’intensité de l’incendie. Vient ensuite la mise en défends (la clôture) de la surface brûlée. Après ces deux étapes, des opérations de nettoiement des arbres brûlées (pin maritime, pin d’Alep, recépage des eucalyptus…), leurs écorçages et débardages seront effectuées afin d’éviter le développement d’épidémies d’insectes nuisibles. Parmi les autres actions figure la conduite d’un programme assisté de régénération, de reboisement et de plantation avec exploration des possibilités d’utilisation de la haute tige. Un programme  de sylviculture et de débroussaillement préventif est également prévu  dans toutes les zones concernées. Enfin, le HCEFLCD a procédé au renforcement du programme de prévention, d’alerte et de lutte contre les incendies de forêts. Rappelons que l’incendie de forêts qui s’est déclaré à Tanger est le plus important dans le pays depuis le début de l’année, où une centaine de départs de feu ont touché plus de 140 ha  de forêts  en six mois.

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