Infanticide à Berrechid

Infanticide à Berrechid

Les éléments de la 1ère Brigade criminelle de la PJ de Berrechid examinaient les dossiers qu’ils avaient entre leurs mains lorsqu’une personne s’est présentée devant eux. Que voulait-elle ? “Une odeur nauséabonde exhale d’un puits“, leur a-t-elle dit. Est-ce une odeur de charogne ou celle d’un être humain en putréfaction ? La personne ne savait rien au juste et ne disposait pas de moyen pour vérifier. Elle s’est contentée de leur expliquer qu’elle s’est adressée à eux seulement pour les aviser afin qu’ils prennent les mesures convenables.
Après avoir avisé le procureur du Roi près le tribunal de 1ère instance, ils ont demandé à la personne volontaire de les conduire vers le puits. D’une profondeur de trente-trois mètres et encerclé d’une séparation en ciment d’une hauteur d’un mètre et demi, cette dernière se situe sur la route donnant aux douars Ouled Allal et Lakrarma. Une fois sur les lieux, ils découvrent que l’odeur était vraiment insoutenable. De quoi s’agit-il ? Quelques-uns d’entre eux se sont approchés du puits pour lancer des regards à son intérieur. Seulement, l’obscurité les a empêchés de remarquer quoi que se soit. Aussitôt, ils ont appelé les éléments de la protection civile qui se sont dépêchés sur les lieux quelques minutes plus tard.
L’un de leurs éléments y est descendu et est remonté, une vingtaine de minutes plus tard, avec le cadavre d’un nouveau-né, de sexe masculin en décomposition avancée. Les limiers ont déduit qu’il s’agit bel et bien d’un crime. Et les investigations sont lancés aussitôt dans les douars les plus proches du puits. L’auteur de ce crime ne pourrait être que l’un de ses habitants. D’un témoignage à l’autre, ils sont parvenus à savoir qu’une fille du douar Ouled Allal, célibataire, avait le ventre gonflé durant quelques mois. Certes, elle prétendait à ses voisins qu’elle est atteinte d’une maladie gastrique. Seulement, son ventre a retrouvé son état normal depuis une semaine. Est-elle l’assassin du nouveau-né ?
Les policiers se sont rendus chez elle. Ils n’ont trouvé que sa mère. Cette dernière leur a expliqué que sa fille était malade au point que son ventre s’est gonflé. Elle a visité à maintes reprises des médecins qui lui ont prescrit des traitements efficaces, leur a-t-elle précisé. Perturbée quand elle est arrivée en trouvant les policiers à son attente, la fille est emmenée au commissariat. Au fil des questions, elle s’est mise à table.
“Oui, je l’ai tué en l’étouffant avant de le jeter dans le puits“, avoue-t-elle. Elle s’appelle Bahija, âgée de vingt-sept ans. Elle a expliqué aux enquêteurs qu’elle avait une relation avec son cousin, qui purge actuellement une peine d’emprisonnement dans une autre affaire, à la prison d’Aïn Ali Moumen à Settat. Au fil des mois, elle est tombée enceinte. Bahija a précisé aux limiers avoir prétendu à sa mère qu’elle est atteinte d’une maladie gastrique qui a provoqué le gonflement de son ventre. Naïvement, sa mère l’a crue. Quand elle a senti les douleurs de l’accouchement, elle s’est retirée dans un lieu près du puits, loin des curieux. Une fois le nouveau-né est sorti au monde, elle l’a accueilli des deux mains qui ont entouré son petit cou pour l’étouffer. Après quoi, elle l’a jeté dans le puits pour retourner chez elle dans un état lamentable.
Se rendant à la prison de Aïn Ali Moumen, les enquêteurs ont interrogé le cousin de Bahija sur les accusations qui lui ont été reprochées. Seulement, il a rejeté en bloc l’existence d’une relation amoureuse avec elle ni avoir partagé avec elle le même lit. Bahija a été traduite devant la Cour d’appel de Settat poursuivie pour infanticide.

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