Inspecteurs des Finances : Un corps d’élite

Inspecteurs des Finances : Un corps d’élite

Le mois d’avril 2007 marque le 47e anniversaire de l’Inspection Générale des Finances. Créée le 14 avril 1960, cette congrégation a vu défiler environ 31 promotions. Un diplôme d’études de troisième cycle ou d’ingénieur est nécessaire pour participer au concours d’entrée. Il faut être âgé de moins de 30 ans pour ceux qui ne sont pas fonctionnaires et de 35 ans au plus pour les titulaires de fiches budgétaires pour espérer être inspecteur des Finances.
Cette épreuve à laquelle participent beaucoup d’étudiants marocains se compose d’un concours oral et écrit ainsi que d’un test psychotechnique. Un décret de 1994 en fixe les conditions et les modalités. Après ce premier filtrage, l’aspirant suit deux années de formation. La première année est consacrée à différentes disciplines dont l’assurance, la fiscalité, la réglementation de la Douane, l’économie générale, la comptabilité générale et les mathématiques financières. La deuxième année se passe plutôt sur le terrain avec des stages de vérification. Les inspecteurs-stagiaires sont encadrés par des chefs de mission. Une ultime épreuve attend les aspirants au bout du tunnel : l’examen de sortie (oral et écrit) réputé être difficile. Les critères de sélection retiennent l’esprit de groupe, la compétence rédactionnelle.
Les admis découvrent enfin les défis et les avantages d’une carrière où l’avancement est réglementé. L’on commence comme inspecteur des Finances (équivalent de l’échelle 11 de la fonction publique), puis inspecteur des Finances chef de mission, avant d’accéder à la qualité d’inspecteur des Finances grade Exceptionnel puis l’inspecteur général, chef de service de l’Inspection générale des finances, poste nommé par Dahir. 
Le domaine d’intervention des inspecteurs des Finances est assez étendu. Outre qu’elle contrôle tous les comptables et ordonnateurs publics, l’IGF participe à des études et opère l’audit des projets financés par les bailleurs de fonds ( Banque mondiale et Union européenne). Avec la nouvelle réforme budgétaire axée sur les résultats et non sur les moyens, l’IGF converge vers des normes d’audit de performances.  Actuellement, les inspecteurs procèdent de plus en plus à des audits de performance des ordonnateurs et des établissements publics. L’aspect ordinaire de ces vérifications perd son caractère normal en cas de découverte de malversation, de détournements de fonds ou de problèmes graves. L’inspection générale envoie son rapport aux tribunaux compétents lesquels procèdent en retour au contrôle judiciaire. La Cour des comptes est aussi destinataire de ce rapport pour qualifier les actes et émettre les sanctions. Les inspecteurs le répètent souvent : l’IGF observe mais ne juge pas. De par tous ces pouvoirs, les inspecteurs des Finances sont craints, quoi que les intéressés se reconnaissent plutôt dans un rôle d’éclaireurs capables de recommander. L’inspecteur des Finances intervient pour aider et donner des recommandations pour améliorer et rationaliser la gestion. «En opérant dans un audit, l’inspecteur utilise son background enrichi par la formation suivie durant les deux années de stage et les missions qu’il a eu à effectuer. Le directeur ou le gestionnaire a donc tout à adopter une nouvelle approche vis-à-vis de l’inspecteur des Finances», déclare Younès Shaimi
Sous d’autres cieux, les inspecteurs des Finances sont souvent pris à contribution dans l’élaboration des études et l’évaluation de la gestion publique.

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