Intégration : Quelle éducation scolaire pour les enfants trisomiques

Intégration : Quelle éducation scolaire pour les enfants trisomiques

Comment s’effectue la prise en charge scolaire des enfants trisomiques? Faut-il intégrer ces enfants en milieu scolaire normal? Comment améliorer leur vie scolaire  ? Autant de  questions que se posent les parents d’enfants trisomiques. Ces enfants ont un certain nombre de difficultés en raison de la présence du chromosome 21 supplémentaire. Il faut leur faire apprendre des choses que les enfants normaux apprennent d’eux-mêmes tels qu’apprendre à manger seul, à parler. Durant les trois premières années, les enfants trisomiques doivent bénéficier d’une éducation précoce. Celle-ci qui combine plusieurs spécialités :  kinésithérapie, psychomotricité, orthophonie, prise en charge psycho-éducative. L’éducation précoce présente plusieurs avantages: elle permet un meilleur développement de l’enfant, un meilleur niveau de communication, de prise de parole. Ainsi, un bon programme avec un enseignement systématisé, débuté précocement, aide les enfants trisomiques à développer leurs capacités perceptives. Seul hic, cette éducation précoce doit être effectuée par des professionnels spécialisés. «La trisomie 21 est une forme de déficience  qui peut être surmontée à condition de s’y prendre très tôt.  Il s’agit dans un premier temps d’apprendre aux enfants à être autonomes. Les enfants trisomiques ont une hypotonie musculaire qui affecte les muscles du corps et de la bouche. C’est pourquoi, il est primordial de stimuler leur sens et ce à travers la rééducation sensorielle et psychomotrice», affirme Mounira Sedrati, coordinatrice du Centre Malaika de Marrakech. Il est important de relever que grâce aux efforts de stimulation qui sont entrepris, les enfants trisomiques peuvent se développer sur le plan intellectuel, c’est pourquoi il est nécessaire de les scolariser en milieu scolaire ordinaire. «Les enfants à l’âge de 6 ans doivent être intégrés en milieu ordinaire. Ils doivent être assistés par une auxiliaire de vie scolaire qui est chargée de l’accompagnement et de la scolarisation des enfants», souligne Mme Sedrati. Et de poursuivre: «Les enfants porteurs de trisomie 21 peuvent parvenir à lire et à écrire normalement, tout dépend du travail qui a été effectué en bas âge. L’éducation porte sur des méthodes très spécifiques. Ces enfants ont besoin de repères pour apprendre. A titre d’exemple, on utilise des couleurs pour qu ils parviennent à mémoriser les jours de la semaine». Au fur et à mesure, avec l’aide des éducateurs et grâce aux différentes techniques qui sont utilisées, l’enfant comprendra mieux, il sera capable d’élaborer des jugements et de résoudre des problèmes, en donnant des solutions et en agissant de façon adaptée selon les circonstances. Les enfants peuvent être placés en institutions spécialisées ou dans des classes intégrées dans les établissements publics. «Ces classes  constituent pour les parents un soulagement étant donné que l’enfant sort de la maison et il est intégré socialement. Ce qui constitue un premier pas. Cela dit, il est difficile pour l’enfant de suivre un enseignement adapté en l’absence d’éducateur spécialisé», affirme la coordinatrice du Centre Malaika de Marrakech. S’agissant des ressources humaines spécialisées en matière de handicap, Mme Sedrati relève  que 60 éducateurs spécialisés, licenciés en science de l’éducation, vont travailler au sein de centres spécialisés  et avec le ministère de l’éducation nationale pour combler le déficit persistant. A noter que cette spécialité est enseignée à la Faculté d’Ain Chok en partenariat avec l’Association Anais et l’Université Lumière, Lyon 2.

 
Création de 333 classes intégrées pour 2012
L’éducation des enfants en situation de handicap a lieu dans les classes intégrées et les centres spécialisés. Au titre de l’année 2010, le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité a assuré la prise en charge des frais de scolarisation de 1.780 enfants en situation de handicap dans 64 centres spécialisés pour un montant de 14 millions DH. En outre, 111 classes intégrées ont vu le jour en 2010 et un projet de création de 333 classes intégrées est prévu pour 2012. Rappelons que le programme d’action 2009-2012 prévoit l’accueil de 9.600 enfants handicapés supplémentaires dans de nouvelles classes intégrées. Des chiffres encourageants mais qui restent en deçà des attentes des associations et des parents d’enfants à besoins spécifiques.Pas moins de 230.000 enfants de moins de 15 ans au Maroc ont besoin d’ une formation spécifique.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *