Interrogations explosives

L’appareil en question, un Boeing 737 avec une centaine de passagers à bord, assurait la liaison Marrakech-Metz. Dans un premier temps, l’AFP rapportait que c’est le service des douanes français qui aurait découvert le paquet, emballé dans de l’aluminium, dans un sac à main. Mais, l’agence de presse espagnole «EFE» croyait savoir et rapportait que le paquet aurait été découvert par le service de nettoyage entre deux sièges à bord de l’avion.
Ce n’est qu’en début d’après-midi de jeudi que des informations plus précises sont lancées par les agences de presse. Il s’agirait de chiens renifleurs qui auraient, lors d’un contrôle de routine détecté le paquet. Il était camouflé entre les sièges 21A et 21B dans l’accoudoir du fauteuil. Les occupants de ces places sont deux touristes français «qui ont été mis hors cause». L’enquête viserait les personnes qui avaient pris le même avion, la veille, dans le sens Marseille-Marrakech. L’avion n’avait-il pas été nettoyé et contrôlé, au retour, à la ville ocre? L’hypothèse du transit du paquet par Marseille semblait exclue par les enquêteurs français.
Autre controverse autour de cette affaire. La nature et l’origine de l’explosif qui serait de la pentrite (pour les enquêteurs français) ou du semtex (pour une source officielle marocaine anonyme). La même source marocaine, gouvernementale, aurait confirmé la découverte de l’explosif. Contrairement à la RAM, dont la déclaration s’est gardé une marge de manoeuvre en parlant de «premiers éléments» on ne devrait pas exclure «de nouvelles informations». Un non, mais… qui sait ? C’est dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu.
Cependant, les autorités françaises sont mobilisées pour tirer au clair cette affaire. La Division nationale antiterroriste (DNAT), la DST (Direction de la surveillance du territoire) et le SRPJ de Strasbourg ont pris le dossier en main. Voilà, côté informations. Ceci dit, s’il s’avère que ces informations sont vérifiées et que l’explosif avait été embarqué à partir de Marrakech, les choses seraient excessivement sérieuses et alarmantes. L’incident serait gravissime. Car il est inimaginable que les services de sécurité aéroportuaires de Marrakech puissent laisser passer une substance classée dangereuse et non déclarée.
Marrakech est une destination touristique fort importante pour le pays. Une multitude d’interrogations légitimes traversent l’esprit. D’où proviendrait l’explosif et par quels moyens a-t-il été introduit dans l’appareil ? Où et quand ? Comment se fait-il que les services de sécurité marocains n’avaient pas détecté la présence de la substance mise en cause ?
Autant de questions embarrassantes auxquelles des réponses doivent être apportées. Des failles de taille. Pas de matériel, en tout cas. La négligence humaine serait derrière cette «bavure». Car l’aéroport de Marrakech figure parmi les plates-formes importantes du pays et dispose de moyens de sécurité performants et récents. Rien que les rayons X permettent de détecter le magnétisme d’une carte Visa, le code barre d’un paquet de cigarettes. L’aluminium, comme toutes les substances en ferraille, ne peuvent échapper à l’oeil vigilant des rayons. Et seules certaines matières plastiques ne sont pas détectables, mais font l’objet d’un suivi de la part des services de sécurité. Des réglages serrés peuvent être introduits pour mieux cerner la situation, en fonction des circonstances.
Mais les services en question, de l’avis de certains observateurs, sembleraient plus préoccupés par par la protection des VIP en visite à Marrakech que par une vigilance accrue à l’égard de tout ce qui serait suspect ou porteur de danger. L’attention serait focalisée du côté des grands hôtels et de leurs célébrités.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *