Intoxications au méthanol : L’alcool à brûler, la vodka frelatée et l’eau-de-vie parmi les produits incriminés

Intoxications au méthanol : L’alcool à brûler, la vodka frelatée et l’eau-de-vie parmi les produits incriminés

Les régions de Marrakech et Casablanca concentrent le plus grand nombre de cas

Le méthanol est un  produit chimique largement disponible et dont la toxicité  peut entraîner la cécité, un coma et des perturbations métaboliques qui peuvent mettre la vie en danger et entraîner une létalité   importante.

Les intoxications au méthanol sont loin d’être négligeables au Maroc. Selon les statistiques du Centre anti-poison et de pharmacovigilance au Maroc (CAPM), 309 cas d’intoxication ont été enregistrés entre janvier 1980 et décembre 2017.  Quant au nombre de décès, celui-ci s’est chiffré à 42 cas. Ces chiffres sont loin de refléter la réalité. De nombreux consommateurs de méthanol échappent aux statistiques officielles en ne déclarant pas leur cas d’intoxication aux autorités publiques. Parmi les produits incriminés, l’alcool à brûler et les alcools frelatés ont représenté plus de 78% des cas d’intoxication.

Dans le détail, l’alcool à brûler arrive en première position dans le cas des intoxications et des décès suivi par la vodka frelatée et l’eau-de- vie fabriquée de manière artisanale. A noter que ces intoxications se sont produites dans une circonstance volontaire dans 67% des cas, accidentelle dans 28% et inconnue dans 3% des cas. L’analyse du profil épidémiologique des intoxiqués a montré une médiane d’âge de 26 ans. Les adultes et adolescents  ont  représenté  plus  de 87% des cas. Au Maroc, la majorité des cas décédés était des toxicomanes. A ce sujet, le CAPM signale que la majorité des décès est   survenue dans une circonstance volontaire de toxicomanie  (95,23%)  sauf  deux  cas  dans une circonstance criminelle.

La région de Marrakech-Safi a enregistré le plus grand nombre  de cas (37%), suivie de la région de Casablanca-Settat (14%)  et  de  la  région  de  Beni Mellal-Khénifra (11%). Ces  boissons alcoolisées  non  réglementées sont très bon marché et attirent les personnes à faible  revenu, en particulier  celles qui sont  alcoolo-dépendantes. Le CAPM fait remarquer que le   méthanol est  un  produit  chimique largement  disponible et dont  la toxicité  peut entraîner la cécité, un coma et des perturbations métaboliques qui peuvent mettre la vie en danger et entraîner une létalité   importante. Les intoxications collectives au méthanol peuvent résulter de la consommation de produits illégaux contenant  du méthanol.

L’identification précoce d’une intoxication collective et la prise en charge urgente des intoxiqués au méthanol  sont  primordiales pour  éviter  une mortalité élevée. Quant au traitement, celui-ci consiste «en la correction de l’acidose métabolique et l’administration d’antidotes. Le traitement antidotique peut inclure l’administration d’éthanol ou de fomépizole, deux inhibiteurs  de  l’enzyme  alcool  déshydrogénase pour prévenir la formation des métabolites du méthanol», explique le CAPM. Si nécessaire, l’hémodialyse est indiquée pour corriger davantage l’acidose et éliminer le méthanol. Le CAPM appelle à la   mise   en place d’une stratégie  nationale pour limiter les dégâts liés à ce type d’intoxication.

 

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