Intoxications par les drogues : Le Mâajoune à l’origine de 62% des cas

Intoxications par les drogues : Le Mâajoune à l’origine de 62% des cas

La consommation de drogues prend des dimensions inquiétantes au Maroc. De 1980 à 2008, le Centre antipoison du Maroc ( CAPM) a recensé 1.795 cas d’intoxications par les drogues. C’est ce qui ressort du dernier numéro de «Toxicologie Maroc» du 1 er trimestre 2011. Parmi les produits incriminés, le mâajoune arrive en tête de liste avec 1.147 cas (62,6%) suivi par le cannabis avec 431 cas (23,5%) et les alcools (3,7%). S’agissant des alcools, le CAPM précise qu’il s’agit de produits fabriqués de façon artisanale (eau-de-vie ou mahia), des produits dont l’usage a été détourné (alcool à brûler) ou des produits frelatés. A ce sujet, le CAPM note qu’en 2008, 4 cas de décès ont été enregistrés à Rabat et un cas de cécité suite à la prise de méthanol dans de l’alcool frelaté. S’agissant des substances hallucinogènes, le CAPM relève un engouement chez les jeunes pour ce type de drogue et plus particulièrement pour le «Datura», une drogue consommée par les jeunes en quête de sensation forte. Concernant l’incidence des intoxications par les drogues, le CAPM souligne que celle-ci était de 2004 à 2008 de 0,43 pour 100.000 habitants avec une prédominance des cas de la région de Rabat-Salé -Zemmour -Zaër (0,96 pour100.000 habitants) suivie de la région de Tadla-Azilal (0,93 pour 100.000 habitants) et du Grand Casablanca ( 0,90 pour 100.000 habitants). Dans 88,6% des cas, ces intoxications ont lieu en milieu urbain contre 11,4% en milieu rural. La circonstance toxicomaniaque est la plus fréquente avec 47,7% des cas suivie de l’accident classique (44,4%). L’usage de drogues pour tentatives de suicide représente 5,4% des cas et la circonstance criminelle survient dans 2,1% des cas. Par ailleurs, le CAPM relève que dans 62,2% des cas, ces intoxications se sont produites à domicile et dans 35,5% des cas en lieu public. L’analyse de l’âge des intoxiqués montre que la tranche d’âge la plus touchée est celle de l’adulte (62,3%). Les patients de moins de 15 ans représentent 14,6% des cas. Les intoxications chez les moins de 14 ans sont essentiellement accidentelles. Cependant, le CAPM a recensé 39 cas d’intoxications dans la tranche d’âge «enfant» qui sont survenues dans le cadre de circonstances toxicomaniaques. «L’analyse de ces cas montre que leur âge est compris entre 10 et 14 ans, ce qui montre la précocité du comportement toxicomaniaque chez la population marocaine», indique le CAPM. A noter que 3 cas d’intoxication chez des nourrissons ont été déclarés. Des intoxications qui sont dues au cannabis, avec une symptomatologie neurologique (obnubilation, perte de connaissance et hypotonie). Ce type d’accident survient par le fait que l’enfant met tout ce qu’il trouve à la bouche. Il peut ainsi confondre un bout de résine de cannabis avec un morceau de chocolat, ou un morceau de mâajoune. Ceci soulève le problème de la toxicomanie des parents qui peut constituer un danger pour les enfants.

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