Isâaf, une initiative humanitaire

Le travail dans une mine expose les mineurs à plusieurs maladies incurables, telle que la silicose. Et en l’absence d’une prise en charge par l’organisme minier, les souffrances des personnes affectées s’aggravent davantage.
A Jerrada, plusieurs anciens mineurs se trouvent aujourd’hui dans un état critique à cause de cette maladie pulmonaire qui entraîne des affections telles que la fibrose pulmonaire et l’emphysème et continue à progresser même après la fin de l’exposition. Face à cette situation, un groupe de natifs de la région ont créé, il y a presque une année, une association, « Isâaf », en vue d’atténuer les souffrances de ces personnes et de leurs familles.
Cette association, depuis sa création, souligne son président Mahmoud Alioua, intervient, et avec les moyens de bord, à deux niveaux. Le premier, qui est à caractère d’urgence, consiste à apporter le soutien nécessaire aux personnes, affectées par cette maladie chronique, qui sont dans un état très critique. Il faut leur assurer des visites médicales gratuites à domicile puisqu’ils ne peuvent pas se déplacer, indique-t-il, en signalant qu’avant la création de l’association un mineur a rendu son âme au moment de monter dans l’ambulance. Et d’ajouter que son association leur offre également tous les médicaments dont ils ont besoin.
Ces médicaments, précise le président d’Isâaf, proviennent généralement des pharmaciens et de certains médecins de la région alors que le suivi médical est assuré uniquement par les médecins de l’association. Vu le nombre de cas dans la région et le manque de moyens, l’association rencontre beaucoup de difficultés, a-t-il dit.
Le deuxième niveau d’intervention de l’association consiste en l’intégration des veuves des mineurs décédées à cause de cette maladie. Ainsi, l’association « Isâaf » s’arrange avec les différentes composantes de la société civile et les acteurs de la région en vue d’assurer à ces veuves un travail, précaire soit-il, leur permettant de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles et de leur éviter le destin de la prostitution.
Il est à souligner que les mineurs affectés par cette maladie chronique étaient pris en charge par l’organisme minier. Mais après la fermeture de la mine, ils sont abandonnés à leur sort. L’exploitation de tout gisement minier est vouée à l’épuisement. Et sans aucune autre alternative, après la fermeture, la région, comme c’est le cas à Jerrada, se trouve fortement affectée. De graves problèmes sociaux existent.
Chômage, léthargie des autres activités, etc. La seule source de revence de la ville est fermée. Si l’association Isâaf, secours, prend en charge les malades atteins par la silicose, force est de constater que toute la ville attend un autre secours. Jusqu’à quand ? Les Jérradis se le demandent.

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