«Je veux me reposer»

Aujourd’hui Le Maroc : Vous avez surpris vos collègues de Boeing en annonçant, mardi 8 janvier, votre démission de votre poste de vice-président exécutif des ventes…
Seddik Belyamani : Ce n’est pas une démission, c’est une retraite. Je bouclerais 60 ans au mois de novembre prochain. Cela fait 28 ans que je travaille à Boeing. Une longue carrière. Mine de rien, j’y suis resté plus longtemps que prévu.
Cette retraite coïncide avec les événements du 11 septembre qui ont eu des conséquences fâcheuses sur un certain nombre d’activités dont l’aéronautique. Ce ne serait pas par hasard à cause de ces événements que vous avez préféré vous retirer?
Pas du tout. Cela fait un an que je pensais prendre ma retraite. Le métier que je fais absorbe tout mon temps. L’année dernière, j’étais en voyage pendant 200 jours sur 360, soit quelque chose comme 150.000 à 200.000 miles. Résultat : on ne voit que très rarement sa famille. Je n’ai pas vu mes enfants grandir. Vous savez, j’ai maintenant un petit–fils que je veux voir pousser en lui consacrant mon temps. La vie, il faut savoir la gérer et surtout en profiter. Pour moi, le moment est venu pour que je cueille le fruit de mon labeur.
Comment le directoire de Boeing a-t-il pris votre décision?
Il y avait surtout de l’émotion. Le président m’a demandé de rester encore jusqu’au mois de mars ou avril pour assurer la transition, mais aussi au cas où j’aurai changé d’avis entre-temps… Mais ma décision, mûrement réfléchie, est irréversible. J’ai toujours veillé tout au long de ma carrière à ce que la décision de quitter un poste soit la mienne. Car je n’avais pas envie d’être dans la position délicate de quelqu’un à qui on demande gentiment de partir.
N’êtes-vous pas appelé à de nouvelles responsabilités ailleurs, au Maroc par exemple. Est-ce que la RAM pourrait vous intéresser?
La Ram est un job quotidien. Je suis trop vieux pour ça. Mais un poste de conseiller ou de consultant pourrait être intéressant.
Donc, on va vous voir désormais un peu plus souvent au Maroc?
Absolument. Avant, quand je venais au Maroc en mission, c’était en coup de vent. J’étais souvent obligé de ne pas aviser ma famille de mon arrivée pour ne pas la vexer car je savais que je n’aurai pas de temps à leur consacrer. Maintenant, c’est différent.
Avez-vous des projets dans l’immédiat ?
Pour le moment, je n’ai rien programmé de spécial. À partir de mai prochain, fin de la période de transition, je vais me reposer, faire du ski, le pilotage, jouer du piano et m’occuper de mon petit-fils.
On dit que l’aéronautique est un virus qu’on attrape pour la vie…
C’est vrai. C’est un domaine qu’on ne quitte pas facilement.
Ou définitivement…
(rire) : Je ne sais pas.
Quels souvenirs gardez-vous de votre longue carrière à Boeing ?
J’ai appris beaucoup de choses, connu beaucoup de monde. J’ai rencontré des gens de presque toutes les nationalités : Japonais, Chinois, Allemands, Saoudiens, Ouzbecks… J’ai connu aussi un grand nombre de chefs d’État. Boeing est vraiment une boîte fantastique qui possède une éthique de travail spécifique en termes de dynamique de groupe et d’esprit d’équipe. Sincèrement, je suis très satisfait de mon action dans cette compagnie où nombre d’amis vont me manquer.
Envisagez-vous d’écrire vos mémoires ?
Je n’ai pas encore réfléchi à la question. Mais c’est envisageable.

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