Jean-Luc Bodson : «Le montant global de la coopération maroco-belge s’élève à 80 millions d’euros»

Jean-Luc Bodson : «Le montant global de la coopération
maroco-belge s’élève à 80 millions d’euros»


ALM : Vous venez d’effectuer une visite de travail dans l’Oriental. Quels sont les objectifs de cette visite?
Jean-Luc Bodson : Il faut rappeler, à ce propos, qu’une importante communauté belge est originaire de l’Oriental pour comprendre l’importance que nous lui accordons. De fait, cette région avec celle d’Al-Hoceima occupent la place qui leur revient pour ce qui est de nos actions de coopération. C’est un souhait exprimé par cette communauté qui nous incite à être plus actifs au niveau de l’Oriental. D’autant plus que cette région, et grâce à l’intérêt particulier que lui accorde SM le Roi Mohammed VI, est en phase de devenir un pôle de développement compétitif et ouvert sur la coopération internationale. Je suis aussi dans l’Oriental en tant qu’ambassadeur de Belgique pour mieux connaître le Maroc profond avec ses aspirations et les efforts consentis pour son développement. Ma présence à Oujda s’inscrit dans cette approche pour palper de près ce qui se réalise au profit des populations. C’est notamment pour m’entretenir avec les autorités régionales dont les walis d’Al-Hoceima et de l’Oriental ainsi que le gouverneur de la province de Nador sur les domaines à accompagner.

Vos entretiens avec les responsables territoriaux de l’Oriental et d’Al-Hoceima ont porté sur quels sujets ?
On a passé en revue les grands chantiers structurants que connaît la région dans les domaines agricoles, touristiques et industriels avec ce que cette dynamique peut engendrer comme opportunités de coopération économique. C’est ce que nous stipulons de lancer prochainement avec la mise en place d’une filière de l’amandier sur une superficie qui oscille entre 5.000 et 6.000 hectares dans la province d’Oujda. Je viens aussi d’effectuer une visite de découverte à Saïdia pour voir comment on peut consolider nos rapports avec le Centre régional d’investissement.

Qu’en est-il de la coopération universitaire ?
J’ai eu aussi des entretiens avec les responsables universitaires pour affermir une coopération qui date depuis 2004 et qui est en phase avancée dans plusieurs disciplines. La recherche universitaire et la consolidation des acquis scientifiques sont nécessaires pour pérenniser une collaboration qui se veut fructueuse. Dans ce sens, la Belgique a accordé quelque 2 millions d’euros pour l’Université Mohammed 1er afin de l’aider à gagner en expérience et en efficacité. En parallèle, il y a une coopération décentralisée sous forme de jumelages et partenariats entre plusieurs communes de l’Oriental et belges. C’est le cas pour les communes de Molenbeek et d’Oujda. A ce propos, on s’est convenu avec le maire d’Oujda de focaliser sur des actions palpables pour l’intérêt des deux communes. C’est dans le même esprit que nous travaillons de concert avec les associations impliquées dans le développement humain. Il est à noter, par ailleurs, qu’avec les responsables et élus d’Al-Hoceima, j’ai eu des entretiens fructueux pour consolider notre coopération concernant la mise à niveau de la nouvelle ville, la nouvelle école technique qui vient d’être inaugurée, le nouvel aéroport et la gare routière. J’ai eu aussi l’honneur d’inaugurer un atelier de travail en commun entre des communes belges et celles de la province d’Al Hoceima.

Sommes-nous en mesure de déduire, de ce fait, que la coopération maroco-belge se limite aux provinces de l’Oriental et du Nord ?
Le Maroc est devenu notre quatrième partenaire extracommunautaire après nos anciennes colonies d’Afrique centrale : le Congo, le Rwanda et le Burundi. Le montant global de cette nouvelle coopération s’élève à 80 millions d’euros de dons destinés exclusivement à la coopération bilatérale pour les années 2010, 2011 et 2012. Cela nous a permis de nous impliquer dans plusieurs projets à caractère socioculturel en partenariat avec les autorités locales ou associations représentant la société civile. C’est le cas, par exemple, de nos actions dans les provinces d’Ouarzazate et de Zagora.

Quelles sont les activités assurées par cette coopération?
Notre coopération couvre des activités se rapportant aux programmes d’assainissement liquide de la ville d’Ouarzazate, de mise à niveau du dispositif de formation dans le secteur de la réparation des engins à moteur et le renforcement de l’alimentation en eau potable de six petits centres de ladite province. La Belgique est aussi engagée dans la fourniture de matériel de travaux publics pour la construction de routes rurales de désenclavement dans la région du Souss-Massa-Draâ, d’assainissement liquide des villes de Zagora et Tinghir, de la gestion de l’eau et le développement rural dans la vallée du Drâa, ainsi que le financement de plusieurs micro-projets. En parallèle, nous avons renforcé notre coopération avec des associations locales à l’instar de l’Association Al Manar pour le développement culturel et social à Ighrem Nougdal pour l’amélioration des conditions d’hygiène de la population, notamment les femmes et les enfants. C’est le cas aussi pour l’Association Aïn Elghazal 2000 à Oujda qui milite pour les droits des femmes et la mise en œuvre de la Moudawana, nous les finançons et les appuyons moralement pour conscientiser et la population et le corps de la magistrature qui est appelé à introduire un changement dans le traitement des droits de la femme. Et d’avoir une tolérance zéro à propos de la violence conjugale. Un travail qui se fait de façon conviviale avec les populations.

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