Jettou rassure le patronat français

C’est sur le dossier des élections législatives de 2007 et le «risque islamiste», que Driss Jettou aura eu le plus à répondre, mardi 12 décembre, dans la salle des congrès du Patronat français. Tradition française oblige, cette question essentielle a été posée après les usages et les amabilités. En tout dernier lieu, par la présidente du Medef (Mouvement des entreprises de France),  Laurence Parisot en personne. La présidente du Medef est allée droit au but : «dans quelques mois, il y aura des élections au Maroc, n’y a-t-il pas des risques que les résultats de ces élections n’influent sur les engagements déjà pris par le Maroc » ?
Le Premier ministre marocain, très à l’aise, a répondu que le  Maroc a  fait un choix de société en signant l’accord d’association avec l’union européenne en 1996. «Cet accord n’est pas seulement commercial, c’est un choix de société et de démocratie du Royaume d’aller vers la constitution d’un Etat de droit», a-t-il précisé. «Dès lors, poursuit le Premier ministre, il ne peut en aucun cas y avoir de retour en arrière». Et d’en venir nommément au PJD (Parti de la justice et du développement), un parti qui, comme beaucoup d’autres, a demandé un scrutin de liste. «Ce mode de scrutin ne permet pas à un seul parti de diriger», explique le Premier ministre qui, lui-même, a dû recourir à coaliser sept partis pour gouverner.
Selon M. Jettou, le Maroc sera aussi dirigé par une coalition au terme des élections de 2007. «N’ayez pas d’inquiétudes, le PJD siège au Parlement actuel, c’est la principale force d’opposition. Bien sûr, ce parti profitera de son statut de parti d’opposition lors des élections de 2007».
Auparavant, le chef du gouvernement, qui disait avoir perçu tout au long de son voyage, de vagues interrogations sur ce prétendu risque islamiste, a eu à se prononcer sur des dossiers moins polémiques mais de première importance pour les entreprises françaises. Pour Mme Parisot, face aux inquiétudes sur le droit commercial au Maroc, le foncier, la transparence du marché, il y a certainement une réassurance à offrir aux PME-PMI françaises ? Sur quoi, M. Jettou a été très clair : «nos lois sont inspirées des autres, dont de nombreux experts de votre pays. Nous les faisons évoluer au fur et à mesure afin que vous retrouviez au Maroc le même environnement qu’en France». Aux préoccupations de Pierre Simon, président de l’Assemblée française sur la stabilité du droit commercial et le système de résolution des conflits (les français préfèrent l’arbitrage et la modération), le chef de la Primature a annoncé qu’un projet de loi dans ce sens est programmé à l’ordre du jour du conseil de gouvernement de la semaine prochaine et qu’il sera présenté bientôt au Parlement.
Pour évacuer définitivement cette inquiétude face au droit commercial marocain, Fatallah Oualalou rappelle la présence de cinq à six banques françaises et les intérêts français dans le secteur des Assurances au Maroc.
Le président du Comité mixte France-Maroc, Jacques Lefevre rappellera pour sa part que, pratiquement, toutes les entreprises du CAC 40 à l’exception d’une ou de deux, sont présentes au Maroc.
Ne reste plus, souhaite-t-il, qu’à donner une impulsion pour entraîner les petites entreprises françaises dans la vague. Présents durant la rencontre, Mustapha Bakkoury et Jean-René Fourtou, tous deux co-présidents du Groupe d’impulsion entre les deux pays se sont engagés à donner une nouvelle déclinaison à leurs travaux. Objectif, définir une nouvelle démarche pour attirer les PME-PMI au Maroc.

DNES à Paris

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