Jeune et jolie mais indélicate

Halima, une belle jeune dame de vingt-six ans, est arrivée, en ce matin du mois d’avril au seuil du commissariat de police d’Anassi, à Sidi Bernoussi, à Casablanca. Bien habillée et bien maquillée, elle s’est adressée au policier en tenue qui était de faction devant la porte : «Bonjour, je viens pour déposer une plainte », lui a demandé la jeune agent commercial dans une société de vente de produits alimentaire. À peine ses mots achevés, elle a fondu en larmes. Le policier lui a donné une chaise et lui a demandé de s’asseoir pour se calmer. Il lui a même apporté un verre d’eau. Après s’être apaisée, elle a sollicité son aide pour qu’il l’oriente vers les policiers qui se chargeraient de son affaire. De quelle affaire ? «J’ai été agressée», a-t-elle répondu,toujours les larmes aux yeux. Le policier lui a montré le bureau où elle devait s’adresser pour déposer sa plainte. Elle y est entrée pour se retrouver devant un inspecteur de police qui lui a demandé de s’asseoir. Il l’a scrutée de haut en bas. Il a remarqué que sa main gauche était gravement blessée. Il lui a demandé ce qu’il était arrivé. «J’ai été agressée par deux jeunes hommes», a-t-elle balbutié dans un sanglot. Aussitôt, il a appelé son chef pour l’informer de cette affaire. Le chef de l’arrondissement, qui était dans son bureau, l’a rejoint pour voir la victime, écouter sa plainte et décortiquer les circonstances de l’agression. Halima qui ne pouvait pas retenir ses larmes, a commencé à raconter son histoire. «Ma voiture est tombée en panne», a-t-elle affirmé avant de poursuivre son récit. Le chef d’arrondissement et l’inspecteur de police qui n’a pas encore commencé à taper sur sa machine à écrire ses déclarations, l’écoutaient attentivement.
«Je suis descendue de ma voiture pour voir ce qui n’allait pas et également pour aller chercher un mécanicien», a affirmé la jeune dame, qui n’a pas arrêté de pleurer. Elle a ajouté qu’à peine avait-elle fait le tour de son véhicule que deux hommes, la trentaine, se sont plantés derrière elle. Ils portaient des blouses bleues, maculées de taches noires, ce qui lui a fait penser qu’ils étaient des mécaniciens venus l’aider. Elle leur a adressé un sourire tout en leur expliquant qu’elle ne savait pas pourquoi la voiture s’était arrêtée, alors qu’elle était en marche depuis le matin. Les deux jeunes hommes ont tourné la tête à gauche et à droite comme s’ils voulaient s’assurer de l’absence des riverains. Et tout à coup, l’un d’eux a sorti un couteau, alors que l’autre lui a arraché son sac à main avant d’ouvrir la portière de la voiture et d’y monter à la recherche d’objets précieux. Quand elle a tenté de crier, l’un des deux jeunes hommes lui a asséné un coup de couteau au niveau de la main et l’a menacée de la tuer si elle demandait du secours. Le duo a fouillé le sac à main et a mis la main sur une somme de 11 mille dirhams, ainsi que sur un chèque au porteur portant une somme de 150 mille dirhams. Halima, qui gémissait sans cesse, n’a pas donné le moindre signalement de ses agresseurs. Pourquoi? Elle a expliqué qu’elle ne les avait pas bien dévisagés. Ces réponses n’ont pas paru convaincre le chef d’arrondissement qui a remarqué d’une part que la blessure n’est pas aussi grave que si elle avait été causée par une agression et d’autre part elle a expliqué qu’elle les avait vus avant qu’ils passent à l’acte. Mentirait-elle ? Et pourquoi ? A-t-elle dit la vérité ? D’une question à l’autre, la jeune agent commercial a fini par se bloquer, avant de cracher le morceau. «Je n’ai pas été victime d’une agression», avoua-t-elle, reniant ainsi sa première déclaration. Et pourquoi a-t-elle monté toute cette histoire ?
Effondrée, Halima a reconnu qu’elle a volé l’argent de la société,  pour payer le loyer de son appartement. Elle a ensuite monté cette histoire d’agression afin de maquiller son abus de confiance. Halima a été traduite devant la justice.

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