Jeûne : Les difficultés des premiers jours

Jeûne : Les difficultés des premiers jours

Lors du mois de ramadan, les patients, toutes pathologies confondues, sont partagés entre l’application des consignes de leurs médecins traitants, pour certaines maladies de ne pas jeûner, et leurs convictions religieuses fortes de le faire coûte que coûte. Nous, médecins, conscients de la tolérance de notre religion, l’Islam, convaincus que le coran et la sounna ne pourront jamais inciter un de nos frères à mettre sa vie en danger, nous conseillons aux patients de suivre les consignes du médecin. La particularité du mois du ramadan est effectivements à tout ce qui est alimentation touchant le ni-cténaire alimentaire qui change. On mange la nuit et on jeûne le jour. Ceci entraîne un certain nombre de modifications physiologiques et parfois physiopathologiques pour les gens malades. En ce qui concerne les modifications physiologiques et normales c’est que le jeûne pour l’individu sain entraîne de façon indirecte, par le fait de sentir des odeurs de l’alimentation, le fait aussi de l’adjonction du stress additionnel au travail normal de l’individu, une hyperacidité gastrique. Pour les gens ayant des habitudes toxiques, telles que le tabac, un facteur qui influe sur le caractère normal de l’individu habituellement plus calme dans ses comportements. Ces facteurs peuvent parfois entraîner des contraintes qui sont amplifiées, parfois, par le manque de ces facteurs toxiques. Le mois de ramadan est un casse-tête pour les médecins. Normalement si on avait une possibilité de faire en sorte de que tous les citoyens aient des consultations préventives avant le ramadan pour deux raison. Premièrement, à titre de découverte des maladies nécessitant, parfois, l’empêchement du jeûne. Deuxièmement pour des maladies chroniques connues. Je commence par la rubrique des maladies chroniques du tube digestif et qui sont dominées essentiellement par l’ulcère «gastro-duodénal», et j’insiste sur ce terme «gastro-duodénal» parce que les gens quand ils parlent d’ulcère ils le mélangent avec l’ulcère gastrique. Ce dernier, on ne le voit que dans le cinquième des cas, les quatre cinquième, on voit l’ulcère duodénal qui est l’ulcère de la première partie de l’intestin sortant de l’estomac. Cet ulcère est dû à une hypersécrétion d’acides chlorhydriques et donc chez les gens connus avant le mois du ramadan. Il y a une certaine catégorie qui a le degré de l’ulcère très avancé et dans ce cas le jeûne est totalement interdit. Aucun ulcéreux ne peut jeûner sans couverture médicale. Il faut un traitement une semaine avant le mois du ramadan, tout le mois et une semaine après. Parce que le jour de la fête, ils reprennent l’alimentation. Il faut couvrir cinquante jours pour ne pas tomber dans des complications probables de l’ulcère. Ceci pour les gens ayant une possibilité de se faire soigner et connus ulcéreux. Le problème se pose pour les gens à pathologie gastrique non connue. Dans notre pratique durant le mois du ramadan, malheureusement, nous voyons des patients à des stades de complications de l’ulcère. Il y a deux types de complications. Des complications aiguës qui sont communes à l’ulcère gastrique et à l’ulcère duodénal. Causant des hémorragies digestives qui se manifestent par des vomissements rougeâtres, carrément rougeâtres. Parfois elles peuvent emporter la vie du malade ou bien des sels trop noirâtres dus à des petites hémorragies qui passent inaperçues mais qui entraînent une anémie profonde définie par une diminution d’hémoglobines dans le sang. Le cas de l’hémorragie digestive se manifeste sous formes de vomissements hémorragiques. Normalement il ressort de la réanimation au départ avant de passer à l’étape de diagnostic. Car il y a plusieurs cas possibles. Mais dans le cas de l’hémorragie ulcéreuse banale qui débouche aussi sur un traitement médical. Une fois passé le cap du danger, le patient doit arrêter le jeûne. Et on est amené soit à transfuser et traiter, soit dans les cas heureux de se contenter du simple traitement anti-sécrétoire. L’autre complication, c’est la perforation de l’ulcère. Elle se manifeste par des douleurs très importantes, accompagnées de fièvre, d’altérations générales. C’est une complication mortelle qui nécessite une opération chirurgicale. Notre expérience, que ce soit en France ou en pratique quotidienne marocaine, a montré quant aux maladies gastriques, notamment chez les ulcéreux graves, que la méconnaissance de l’ulcère est à 50 % prouvée lors du mois du ramadan. Ainsi, une douleur atroce vers 15 heures 30 minutes et 16 heures nécessite la consultation du médecin. Cette douleur sous le sternum, hyper algique surtout calmée par le repas du maghrib, sans autres signes cliniques et reprenant de plus belle demain à la même heure s’appelle la faim douloureuse, et signe le syndrome ulcéreux clinique typique. Elle impose la gastroscopie pour situer l’ulcère qui peut être gastrique et donc comportant un risque de cancérisation une fois sur cinq ou duodénal ne cancérigeant jamais. L’hémorragie digestive se manifeste souvent dans les cas patents par des vomissements de sang, et dans les cas minimes par une difficulté respiratoire et une accélération du rythme cardiaque, asthénie, plus pâleur du visage et des téguments, c’est le saignement à bas bruit ou l’anémie par perte de sang. Cette hémorragie digestive a un traitement purement médical allant de la transfusion sanguine à la simple compensation et élimination de l’hyperacidité gastrique. Mais le mieux est de consulter le médecin avant le mois de jeûne. La perforation de l’ulcère ou plus simplement un trou dans l’estomac évacuant le contenu gastrique dans le ventre. C’est une complication très grave, nécessitant l’opération urgente pour d’abord nettoyer le ventre des liquides hyper-agressifs pour les viscères abdominaux et dans un deuxième temps fermé le trou et compenser les pertes d’eau d’électrolytes. Les signes de cette complication sont une douleur atroce abdominale avec un ventre en bois c’est-à-dire que le médecin voit se dessiner les contours des muscles du patient essentiellement les abdominaux. Ceci est accompagné d’une fièvre, parfois une chute de la tension, ce sont les signes du choc général. Là encore une fois, il aurait mieux valu de consulter le médecin avant le ramadan et de suivre ses conseils.

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