Jorf Lasfar, un port au point

Le port de Jorf Lasfar fut ouvert au commerce international en 1982. Il est situé à 110 Km au sud-ouest de Casablanca et 130 Km au nord-est de Safi. Il est l’un des fleurons de l’infrastructure portuaire du Royaume. Traitant actuellement près de 10 millions de tonnes, il est conçu pour répondre à un trafic maritime de plus de 25 millions de tonnes grâce à ses infrastructures, à son outillage et aussi à la compétence de ses ingénieurs, cadres, techniciens et ouvriers spécialisés. Il est capable d’accueillir des navires de port en lourd jusqu’à 120.000 tonnes. Il dispose d’un plan d’eau de 200 hectares, de terre-pleins de 110 ha et de terre-pleins revêtus de 13.300 m2. Il a une jetée principale de 3100 mètres linéaires (ml), une contre-digue de 1250 ml, 9 quais spécialisés de 1400 ml, un autre de divers de 500 ml, des magasins couvets d’une superficie de 6600 m2, d’un hangar de soufre de 5760 m2 et d’un entrepôt frigorifique de 1200 m2.
En matière d’équipements, il possède 2 portiques de phosphates et engrais d’une capacité de 3000 tonnes par heures, 2 portiques à soufre (1500T/H), 2 bras de chargement acide (3600T/H), 1 bras de déchargement gaz butane (100T/H), 6 convoyeurs pour phosphates, engrais, charbon et soufre(8200 ml), 2 grues sur rails de 38T à 30m(300T/H/Unité), 3 pipes pour acide phosphorique et hydrocarbures(2400 ml) et 5 grues mobiles de 6T. Le port de Jorf Lasfar se trouve à quelques centaines de mètres du Complexe Groupe OCP. De ce fait, il permet à ce dernier d’avoir à ses portes tous ses besoins en soufre, en vrac, en ammoniac et en divers produits nécessaires à ses activités. Il est, également, bien situé pour l’exportation des engrais en vrac, des phosphates et de l’acide phosphorique. Si les phosphates et ses dérivés constituent ses plus importants produits à l’export, le charbon représente la principale matière à l’import.
Pour l’année 2001, 3.850.760 tonnes ont, en effet, transité par le port. Ainsi, si le trafic global actuel a presque doublé depuis 1990 (5.645.855T contre 9.944.527T en 2001), il ne dépasse pas, cependant, le 1/3 des capacités réelles du port. Toutefois, du côté de ses responsables, on reste optimistes. La direction du port considère, en effet, que le port est appelé à connaître, à court terme, un développement plus croissant grâce à la réalisation de futures infrastructures et aussi à l’amélioration de ses réseaux routier et ferroviaire.
Si le premier sera élevé à un niveau encore plus performant avec l’inauguration de l’autoroute Nouacer-Casablanca-El-Jadida-Jorf Lasfar, le deuxième, par contre, est appelé à se renforcer par une liaison Marrakech-El-Jadida-Jorf Lasfar via Benguérir et pourquoi pas par une autre reliant le port à la ville de Safi? Les raisons sont simples : le port de Jorf Lasfar a cet atout d’être loin des agglomérations urbaines. Ce qui n’est pas le cas pour les villes de Casablanca et de Safi. En effet, pour transporter l’ammoniac, par exemple à Safi, on doit traverser le centre-ville. On peut donc imaginer les dangers et les risques qui peuvent en découler. Le premier projet est, certes, envisagé par l’ONCF. Mais son coût cher retarde son exécution.
Néanmoins, on espère que les intérêts communs du Groupe OCP et de l’ONCF, d’une part, et ceux de l’ODEP, d’autre part, inciteront à sa réalisation dans un avenir très proche en raison de ses avantages sur les plans, social et économique. La chose est prise au sérieux par les autorités provinciales qui suivent de très près l’évolution de ce dossier.

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