Journée internationale de la polyarthrite rhumatoïde : L appel à l aide de l hôpital El Ayachi

Journée internationale de la polyarthrite rhumatoïde : L appel à l aide de l hôpital El Ayachi

L’hôpital El Ayachi appelle à l’aide. L’unité hospitalière de Salé qui a été créée en 1961-ce qui en fait l’une des plus anciennes au Maroc- n’a pas assez de ressources pour accompagner tous ses malades. Alors pour sensibiliser l’opinion nationale aux maux de la vénérable institution, ses médecins ont pris prétexte de la célébration de la Journée internationale de la polyarthrite rhumatoïde pour expliquer leurs attentes. Ils ont ainsi dit ce que beaucoup de gens ne savaient pas : que les maladies rhumatismales sont invalidantes à clouer dans un fauteuil roulant et qu’elles réduisent l’espérance de vie de 10 à 15 ans. Que leur hôpital est la seule unité spécialisée en soins des maladies rhumatismales dans tout le pays. Sans doute y a-t-il des services ad hoc dans certains grands hôpitaux, mais El Ayachi est le seul qui soit entièrement dédié à ce type de maladies. Ensuite il y a cette question de prévalence : sachant qu’elle est en moyenne de 1 à 2%, cela donne au bas mot une population de 30.000 personnes pâtissant de maladies rhumatismales au Maroc. Comme face à ce nombre El Ayachi ne peut offrir que 72 lits, alors on s’y rabat sur les soins de jour. Une centaine de malades y sont accueillis journellement en auscultation, y reçoivent soins et conseils, y sont assistés par des kinésithérapeutes ou y sont dotés de prothèses. Car cet hôpital fonctionne comme une structure intégrée embrassant quasiment toute la filière des soins dus aux «rhumatisants». Mais voilà. Plus répandues qu’on ne l’imagine, les maladies rhumatismales sont également plus coûteuses qu’on ne le pense. Le médecin chef de l’hôpital, le professeur Rachid Bahiri, le dit clairement : «Certaines de ces pathologies sont chroniques et exigent des soins lourds et donc des budgets de l’ordre de 100 à 150 millions de dirhams. Il n’est pas donné à tous de payer ce tribut. D’autant plus que c’est souvent à vie». Et il ajoute quelque peu amer : «Ce n’est pas avec notre budget que nous pouvons faire face à la situation. Nous nous sommes amusés à calculer les dépenses prévisibles pour répondre aux attentes de tous nos malades. Elles tournent autour des 2 milliards de centimes». Équation impossible à résoudre si l’on s’en remet au seul ministère qui a d’autres chats à fouetter. Que faire alors ?  Le Pr Bahiri espère grand bien de la généralisation de la couverture sociale véhiculée par le Ramed. «Si le dispositif croche sur le réel, s’il prend, il peut y avoir un léger mieux».
Mais cependant, fait observer le Pr Najia Hajjaj Hassouni, chef du service de rhumatologie à l’hôpital, un premier pas à faire est de convaincre les organismes de prévoyance de rembourser les 5 médicaments mis sur le marché marocain. Car pour le moment seules les dépenses relatives aux produits à base de molécules chimiques sont restituées. Les autres, celles engagées pour l’acquisition des bio-similaires ne le sont pas. Or ce sont les plus efficaces, étant de génération plus récente. La conséquence de tout cela ? C’est celle qu’en tire Leila Najdi, présidente de l’Association marocaine de polyarthrite rhumatoïde, pour qui «le cas des personnes à mobilité réduite devait inciter à une mobilisation réelle en vue d’améliorer leur qualité de vie et amener à considérer que la priorité est l’accès aux soins et l’allégement des lourdeurs administratives notamment en ce qui concerne le préalable de la présence des malades lors du dépôt des dossiers de demandes de remboursement» et le retard mis à y répondre par la CNSS, la CNOPS et les organismes gestionnaires de l’AMO».
Un retard impardonnable en ce que dans bien des cas il réduit souvent quasiment à néant les progrès réalisés avant l’arrêt du traitement, ajoute-t-elle. Et de conclure : «Au fond quand on sait que les mutualistes ont droit au remboursement intégral là où tous les autres ne bénéficient au mieux que de 70% après des mois d’attente, c’est de l’égalité devant l’accès aux soins qu’il s’agit!». Que dire alors de ceux qui n’ont que leurs yeux pour pleurer ? serait-on tenté de préciser.

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