«Karaa kari» au Pakistan

À 18 ans, Sabira Khan a été arrosée de kérosène et brûlée par son mari et sa belle-mère qui l’accusaient d’avoir sali « l’honneur » de la famille. Terriblement défigurée, Sabira a survécu à cette attaque, contrairement à des centaines de Pakistanaises. Sabira a été brûlée en 1993, après 18 mois d’union, par son mari de 38 ans et sa belle-mère qui lui reprochaient de vouloir sortir de la maison pour voir sa propre famille. Sa mère, qui habitait une maison voisine, avait entendu les hurlements de la jeune femme et avait réussi à la sauver. Aujourd’hui, Sabira, recueillie par »l’Association des Femmes progressistes » (PWA) dirigée par Shanaz Bokhari, se dit « heureuse ». Brûlée à 60 %, elle a survécu et travaille pour l’association mais sa vue a été affectée. Elle ne peut porter de lunettes car ses oreilles ont fondu. L’arête du nez a également été brûlée, ce qui l’empêche de respirer normalement. Un juge a donné raison à son mari qui avait assuré qu’elle était folle et qu’elle avait tenté de se suicider. Une procédure en appel est en cours. Au cours des 10 dernières années, PWA s’est occupée de 5.000 cas de femmes brûlées recensés seulement dans quatre hôpitaux d’Islamabad et de sa « ville jumelle », Rawalpindi. Selon les statistiques de l’association, 97% de ces femmes ont succombé à leurs blessures et des condamnations ont été prononcées seulement dans 3% des cas. En 2000, sur quelque 300 cas recensés à Islamabad, 33% des femmes brûlées étaient enceintes, 68 % avaient moins de 18 ans, 82 % sont mortes et 60 % ont été tuées au nom de « l’honneur ». Malgré un début de prise de conscience des autorités pakistanaises et le militantisme deS associations, le phénomène des « karaa kari » (crimes d’honneur) demeure répandu au Pakistan et les auteurs sont généralement impunis.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *