Kasbah Ismailia, un patrimoine à préserver

La Kasbah Ismaïlia de Settat, connue sous l’appellation Kasba des Mzamza a été édifiée par le Sultan alaouite Moulay Ismaïl durant la campagne de pacification du pays au début de son règne à la fin du 17-ème siècle. Le monument actuel ne représente pas toute la Kasbah originelle, une partie ayant été détruite à l’époque du protectorat. Situé dans le périmètre urbain de la ville de Settat, jouxtant le saint Sid Laghlimi, ce monument a été longtemps laissé à l’abandon et a été par conséquent squatté par une population qui y a élu domicile.
Afin de préserver ce monument et lui restituer son aspect esthétique d’autant plus qu’il donne sur l’avenue principale de la ville de Settat, route Casablanca-Marrakech, une première opération de restauration qui a concerné l’enceinte extérieure a été effectuée en 1991 à l’initiative de l’inspection des monuments historiques et sites de Casablanca. En 1997, un projet a été lancé pour restaurer et réhabiliter la Kasbah et les travaux, qui ont nécessité une enveloppe budgétaire d’environ trois millions de dirhams, ont intéressé l’espace interne et consisté dans une première phase en la démolition des habitats de construction récente occupant l’intérieur de la Kasbah. Cette étape a été suivie notamment de la destruction de certains murs anciens, mais non historiques menaçant de s’effondrer, du dégagement et de la conservation de certaines structures anciennes situées au milieu du monument.
il s’agit de pans de murs et de quelques ouvertures en arcades, structures dont la conservation répond aux besoins d’une éventuelle utilisation en vue de la réhabilitation de la Kasbah. Les phases suivantes ont consisté en le décapage des enduits anciens sur les murs intérieurs, la consolidation des murs fissurés, le dressage du mur de la façade principale et l’application du nouvel enduit sur les murs internes de l’enceinte et sur les structures anciennes préservées. Les travaux touchent aujourd’hui à leur fin, il ne reste pratiquement que le branchement aux réseaux électrique et d’assainissement, et la Kasbah des Mzamza est presque prête à constituer un espace d’animation culturelle, dans une ville où le secteur de la culture souffre de l’absence d’infrastructures puisqu’elle ne dispose que d’une bibliothèque municipale, d’une unique salle de cinéma et d’un projet de théâtre en construction depuis plusieurs années. Les rares activités culturelles consistent en l’organisation, de façon irrégulière, d’un festival de la ville, dont la majorité des manifestations se déroulent en plein air.
Une commission spéciale de la direction du patrimoine et de la délégation du ministère de la Culture et de la Communication avait effectué une visite sur le site de la Kasbah et suggéré, entre autres, la création au sein de ce monument du noyau d’un musée ethnographique et d’une salle d’expositions des arts plastiques pendant que l’espace interne serait réservé aux manifestations culturelles saisonnières. la délégation a de même relevé certaines «anomalies» ne cadrant pas avec le site en tant que monument historique, tels que l’occupation des côtés nord de la Kasbah par les tentes des vendeurs du marché aux puces appelé «Makro». Les services de la municipalité sont sur le point d’aménager un autre emplacement pour ces vendeurs et l’opération de leur recensement serait en cours.

• Rahal Taoussi (MAP)

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