Kessal : «Les statuts ne sont pas un enjeu»

Kessal : «Les statuts ne sont pas un enjeu»

Aujourd’hui Le Maroc : Quel commentaire faites-vous à la lettre que le président du CGEM, Hassan Chami, vous a adressée récemment ?
Hammad Kessal : Je ne voudrais pas entrer dans les détails de cette lettre que le président de la CGEM m’a adressée. J’estime que c’est une affaire interne à la Confédération. Le bureau de la Fédération des PME-PMI lui a d’ailleurs répondu de manière très officielle. Nous attendons d’ailleurs la réunion des instances de la Confédération pour pouvoir tirer au clair toute cette affaire.

Le bureau de la Fédération des PME-PMI a répondu en détail à la proposition des nouveaux statuts de la CGEM. Vos propositions ont-elle reçu un écho favorable ?
Après que la proposition des nouveaux statuts de la CGEM a été rendue publique par la présidence, le bureau exécutif de la Fédération des PME-PMI s’est réuni. Un communiqué a d’ailleurs été rédigé précisant clairement les remarques et les critiques formulées. Concernant la première remarque, se rapportant au déroulement des élections, nous n’avons reçu aucune réponse favorable de la part de la Confédération. Pour ce qui est de la deuxième suggestion, elle concerne le principe de la cooptation. Actuellement, 33% des membres du bureau de la CGEM sont cooptés. Les nouveaux statuts proposent de réduire ce taux à 25% alors que nous nous demandons que le chiffre ne dépasse pas 10%. Par cette proposition, la Fédération des PME-PMI voudrait laisser la place aux personnes les plus compétentes et les plus impliquées dans la gestion des affaires de la Confédération. Certaines des personnes actuellement cooptées, et ce n’est un secret pour personne, n’assistent que rarement aux activités de la CGEM. Nous voulons que cette réforme ouvre la porte grande ouverte aux personnes qui peuvent apporter un plus à la Confédération. Quant à la troisième remarque formulée par la Fédération, elle se rapporte à la double adhésion. C’est le cas de certains membres qui sont à la fois affiliés à une association sectorielle, le bâtiment par exemple, et une fédération horizontale comme la Fédération des PME-PMI. A ce sujet, nous avons été entendus à moitié puisque le principe de la double adhésion a été retenu mais au moment des élections, ces membres doivent choisir la fédération ou l’Association dont ils doivent élire les instances. Ce qui est anti-démocratique à mon avis. Puisque ces membres-là font partie des deux corps et peuvent donc participer à la gestion des deux instances.

Pensez-vous qu’accorder le même poids électoral à une grande et petite entreprise est logique ?
Il ne s’agit pas de logique mais de démocratie. La CGEM est une institution qui s’inspire de la Constitution, loi suprême du pays. Or, il se trouve que la Constitution marocaine se base sur le principe de la démocratie. Pensez-vous qu’il faudrait accorder plus d’importance au vote de certains citoyens parce qu’ils paient plus d’impôts où qu’ils rapportent gros aux contribuables ? Doit-on faire la différence entre le vote d’un patron et celui de son chauffeur uniquement parce que le premier a beaucoup plus d’argent ? La démocratie y prend un grand coup. Et c’est le même cas de figure que pour les élections de la CGEM. Et d’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à revendiquer cela. Les autres fédérations ont également les mêmes revendications.

Lors d’une récente sortie médiatique, le président de la CGEM, aidé d’une simulation, a déclaré que lors d’éventuelles élections réglementées par les nouveaux statuts, les PME-PMI contrôleraient 75% des voix. Quel est votre commentaire ?
Ceci est archi-faux. Cette simulation faite par M. Chami est loin de renseigner sur la vérité puiqu’elle prend en compte les voix des PME-PMI et des associations professionnelles qu’elle met dans un seul panier.

Nombreux sont ceux qui voient que cette divergence mènerait à une probable scission. Qu’en pensez-vous ?
Je tiens à préciser que cette divergence de points de vue est très normale. Les statuts ne sont pas un enjeu. Il n’est donc pas question de scission. Nous faisons partie de la GCEM et nous tenons à militer pour un meilleur avenir de ces entreprises au sein de ce même cadre institutionnel. Mais ceci ne veut pas dire que nous sommes influençables. Le bureau de la fédération des PME-PMI ne roule pour personne. Nous sommes indépendants et tenons à le rester.

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