Khouribga pense à l’après-phosphate

Si la ville de Khouribga et les autres agglomérations voisines doivent leur développement, voire même leur naissance, à la découverte du phosphate vers les années vingt, la province entend, aujourd’hui, dissocier son décollage économique de ce secteur pour assurer un développement durable. Créée en 1967, la Province de Khouribga, d’une population de 5oo.ooo âmes, détient, en effet, avec les gisements d’Oulad Abdoun les plus importantes ressources de phosphate connues du Royaume, soit une trentaine de milliards de mètres cubes, ce qui représente plus des 2/5 des ressources nationales et plus des 3/4 des réserves mondiales de phosphate. Certains élus locaux ne cessent de reprocher à l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) de n’avoir pas fait assez pour le développement de la région, arguant que celle-ci figure parmi les premières provinces pourvoyeuses d’émigrés clandestins au Maroc. L’un d’eux a déploré amèrement, au cours d’une réunion, que les fils de la région  »la fuient pour se jeter à la mer », allusion aux tentatives d’émigration vers l’Europe. En dehors des phosphates, la province dispose de quelques unités industrielles qui opèrent dans des secteurs d’activité économique, telle que l’agroalimentaire, le textile, la mécanique et la métallurgie, la chimie et la parachimie. Néanmoins, l’élevage constitue la principale ressource de la population rurale de la province. En dépit de la présence d’importantes réserves de phosphates, richesse qui fait de la province le premier pôle minier du Maroc, les autorités provinciales et les élus pensent déjà à l’après-phosphate pour épargner à Khouribga et aux autres villages miniers le sort de la ville de Jerada, et s’évertuent par conséquent à promouvoir l’investissement. Le secteur privé est appelé à jouer le rôle de locomotive du développement. Mais, là aussi, l’investisseur se heurte aux obstacles qui entravent habituellement la réalisation de projets par le secteur privé. Les intervenants locaux dans le secteur soutiennent, à ce propos, que tant que le code du travail n’a pas vu le jour, nombre de projets vont rester irréalisables. Ils invoquent également des problèmes liés au financement (les banques), au domaine foncier, à l’absence de projets de développement locaux ainsi que la centralisation des décisions. Afin d’aplanir ces difficultés et concrétiser la volonté du Souverain de promouvoir l’investissement dans le pays, une cellule d’accueil des investisseurs a été mise en place dernièrement dans la province avec comme objectif d’assister les investisseurs dans la concrétisation de leurs projets dans l’attente de la création du guichet unique. Cette structure, qui devrait statuer sur les dossiers d’investissement dans un délai d’un mois, est placée sous la présidence du gouverneur et se compose de représentants des services extérieurs, investisseurs, présidents des communes concernées et représentants des chambres professionnelles. Mais, pour drainer les investissements, la province de Khouribga, qui dispose de trois zones industrielles (Khouribga, Oued- Zem et Boujaâd), devrait redoubler d’efforts et mieux faire que d’autres provinces ou villes «rivales» de la région Chaouia Ouardigha (dont elle fait partie), telles que celles de Settat ou Berrechid qui jouissent d’importants atouts comme la proximité de la capitale économique du Royaume et de l’aéroport international Mohammed V et la présence de l’autoroute.

• Rahal Taoussi (MAP)

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