Kofi Annan juge et partie

Kofi Annan juge et partie

Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a recommandé lundi le renouvellement pour trois mois du mandat de la Minurso (Mission de l’Onu pour le référendum au Sahara occidental), qui arrive à expiration le 31 octobre. En annonçant, dans un rapport adressé au Conseil de sécurité onusien, rendu public lundi, que cette prolongation permettra au Maroc de «s’engager positivement dans la mise en oeuvre du plan» pour le règlement de la question du Sahara, le Secrétaire général des Nations-Unies veut s’ériger en tant que juge et partie, dans une affaire qui traîne depuis plus d’un quart de siècle en raison de son internationalisation. Car, étant un problème de décolonisation entre le Maroc et l’Espagne, réglé de manière pacifique, la question du Sahara marocain a pris un tournant diplomatique depuis le jour où des pays maghrébins, notamment la Libye, ont décidé, dans un contexte historique et géopolitique relevant des péripéties de la guerre froide, d’engager un processus de déstabilisation du Maroc. Après le retrait de la Libye , l’Algérie a poursuivi son chemin de perturbation en prenant entièrement en charge le Polisario. En insistant, aujourd’hui, à mettre à l’écart l’Algérie, en tant que pays qui a joué le premier rôle dans la pérennité de ce conflit, les Nations unies persistent à ne voir que la partie visible de l’iceberg, notamment celle qui oppose le Royaume du Maroc à un groupe de séparatistes ne disposant d’aucune légitimité historique et politique. Or, depuis le retour à la mère-patrie des membres fondateurs du Polisario, le séparatisme pro algérien a été vidé de sa substance humaine réelle. La plupart de ses cadres sont, à présent, au Maroc, et c’est à eux que la Communauté internationale s’adressait. De surcroît, en annonçant, dans son dernier rapport au Conseil de sécurité, que «le plan de paix représente une approche équitable et équilibrée à la question du Sahara occidental» Kofi Annan, ne fait que confirmer une position rejetée par le Maroc et l’ensemble de ses composantes politiques et sociales ainsi que par bon nombre de pays, dont notamment la France, un membre permanent au Conseil de Sécurité et les USA. Ces derniers, en effet, estiment qu’il est hors question d’imposer au Maroc une solution qu’il rejette. Jacques Chirac est allé encore plus loin en précisant qu’il s’agit d’un problème entre le Maroc et l’Algérie. Une approche développée à maintes reprises par le Maroc, et surtout par SM le Roi MohammedVI. Le plan dont il est question accorde de larges prérogatives aux Séparatistes et leur permet de décider du sort du Sahara marocain, avant même l’organisation du référendum, prévu par James Baker, l´Envoyé personnel du Secrétaire général, d’ici cinq ans. Ainsi, alors qu’elle ne cesse de faire preuve de faiblesse et d’incapacité à pouvoir régler les problèmes épineux que connaît le monde et à éteindre les feux qui brûlent dans plusieurs régions du globe notamment en Palestine, en Irak en Afghanistan, entre la Corée du Nord et les Etats-Unis d’Amérique, et entre ces derniers et l’Iran; et ce sans parler de ses échecs multiples en Afrique, en Europe de l’Est et en Amérique latine, voilà que l’Organisation des Nations unies estime nécessaire d’imposer une solution allant à l’encontre de l’intégrité territoriale du Maroc. Mise en place en avril 1991, la Minurso comptait à la mi-octobre, selon le rapport de M. Annan, 222 observateurs militaires et soldats et son budget annuel était légèrement supérieur à 41 millions de dollars. M. Annan a également confirmé que son nouveau représentant spécial pour le Sahara occidental était le Péruvien Alvaro de Soto, précédemment chargé du dossier chypriote, qui succède à l’Américain William Lacy Swing, nommé en République démocratique du Congo. Un budget lourd et une équipe de gestion instable qui témoignent de l’impasse à laquelle s’est heurtée l’ONU sous le mandat de Kofi Annan; et ce, alors que tout le monde sait que la paix au Maghreb passe nécessairement par une entente maroco-algérienne.

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