La bande de Sidi Bouzid alpaguée

Ils ne dépassent pas tous le cap des 20 printemps. Des parties de football,des randonnées le soir et des baignades le jour, s’est tissée une solide amitié qui dure depuis 2001. L’été,ils ne sentaient point l’ennui car Sidi-Bouzid est très animé en cette période. Mais une fois que les estivants plient bagages,c’est l’oisiveté totale. Plus aucune occupation!
Pour tuer le temps,ils ne trouvent de mieux que de plonger dans l’alcool et la drogue. Un moyen qui leur permettrait,disent-ils,d’oublier cette terrible frustration dont ils souffrent et de « fuir »ce monde dont ils se sentent rejetés. D’autant que leurs parents ne peuvent,en aucun cas,subvenir à ces besoins pressants,devenus vitaux pour leur survie! Ainsi,au lieu de se libérer de l’enfer de l’inactivité et de la privation,ils devinrent prisonniers de l’alcool et de la drogue! Mais comment pourraient-ils s’en procurer alors qu’ils ne disposaient pas de ressources financières fixes ? Pourquoi ne pas squatter une résidence inhabitée et liquider les objets volés par la suite? De telles opportunités ne manquent pas en effet ! Il n’y a qu’à franchir la porte et le tour est joué ! La tentation finit par l’emporter. Le premier coup se révéla un jeu d’enfants et le butin fructueux. Personne ne s’en aperçut. C’est ainsi qu’ils prirent l’habitude,chaque fois qu’un besoin se fait ressentir,de refaire le coup en plein jour sans être inquiétés.
Mais ce 9 avril,la bonne étoile n’était pas du côté de Oueld Hassoune Abdelhakim(20 ans)du douar El-Bahhara,de Youssef Benthami(19 ans) de Sidi-Bouzid et de Hicham Talha(20 ans)d’El-Jadida.Ce jour-là,alors qu’ils mettaient leur butin dans une Honda louée pour la circonstance,ils furent repérés par un gardien d’à côté qui n’hésita pas à aviser les gendarmes. Ces derniers accoururent comme l’éclair car la villa appartenait à un colonel retraité de la Gendarmerie royale,et prirent les jeunes cambrioleurs en flagrant délit. Le reste ne fut,après,qu’une simple formalité puisqu’ils passèrent tous à table. C’est ainsi qu’un receleur fut arrêté et d’autres membres de la bande dénoncés dont Abdelâli El-Ghachoui,déjà en prison pour un autre méfait et qui attend d’être jugé. Ce dernier,arrêté environ deux semaines auparavant,s’était attaqué à la maison de l’un de ses complices(Youssef Benthami).
Les rumeurs laissent entendre que le premier serait venu réclamer sa part du butin d’un vol qu’il avait effectué en compagnie de Youssef Benthami.Mais l’enquête avait disculpé ce dernier en établissant qu’aucune relation ne liait les deux garçons. Mais cette dernière affaire a montré le contraire. Les deux jeunes étaient amis et ils cambriolaient avec d’autres complices des maisons à Sidi Bouzid. D’après les dires et les faits qui laissent planer certains doutes,ces jeunes seraient poussés par une personne sans scrupule qui s’accapare les butins et leur fournissait,en contre-partie,des sommes d’argent dérisoires. Juste de quoi se procurer quelques bières ou quelques grammes de haschich !
D’autre part,il faut signaler que l’insécurité règne toujours à Sidi Bouzid puisque les cambriolages continuent d’être d’actualité malgré l’arrestation de cette bande.
En effet,quelques jours après,deux résidences,juste devant les locaux de la brigade, ont été cambriolées. Les habitants n’ont pas avalé la recrudescence du taux des cambriolages qui s’est accentué ces derniers temps, malgré la présence d’une brigade de la Gendarmerie royale.
La sécurité est un droit indéniable qu’exige tout contribuable. Certes, l’insuffisance en effectifs humain et matériel y est pour beaucoup, mais ce n’est pas pour autant que la situation, déjà insoutenable,doit dégénérer davantage dans un lieu indispensable au développement touristique d’un des centres balnéaires les plus beaux au Maroc!

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