La bonne nouvelle pour bientôt

ALM : Tout le monde attend la nouvelle : on a trouvé du pétrole au Maroc. Où en est-on ?
Mohamed Boutaleb : La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que nous commençons à récolter les fruits d’une stratégie claire, basée sur des objectifs précis. Un nombre croissant de sociétés pétrolières internationales investissent au Maroc, en développant un système d’exploration. Aujourd’hui, 17 sociétés effectuent des travaux au Maroc et d’autres ont fait part de leur souhait de venir prospecter au pays. Deuxième point positif dont il faut attendre l’annonce de la bonne nouvelle, c’est que ces sociétés ont dépassé la phase de reconnaissance.
Que voulez-vous dire par là ?
Elles sont passées à la deuxième phase d’exploration, caractérisée par l’identification de prospects. En termes clairs, des surfaces susceptibles de contenir des gisements de pétrole. Ce qui se traduit par le démarrage des travaux de forage. Aujourd’hui, les travaux de forage ont commencé au large d’Essaouira. Deux autres opérations de forage sont prévues cette année. Et c’est un processus qui va continuer. Donc la bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que nous avons dépassé la phase d’exploration pour forer des puits. Quand on arrive à ce stade, cela veut dire que le potentiel est réel.
Et dans le cas où les travaux de forage se révéleraient vains ?
Le forage permet de savoir si un potentiel nécessite des travaux d’exploitation ou non. Et même si le forage se révèle sec, cela ne signifie pas pour autant que les investissements engagés dans ce prospect sont perdus. Les informations qu’il révèle aux partenaires leur permettent de passer à un autre prospect avec une plus grande chance d’obtention de résultats positifs. Au Maroc, une dizaine de prospects ont été identifiés.
En cas de découverte de gisements pétroliers, combien perçoit la société qui a effectué les travaux ?
La loi sur les hydrocarbures est l’une des lois les plus claires au monde. Les gisements d’hydrocarbures naturels font partie du domaine public de l’Etat. Mais tous les frais d’investissement et d’exploration sont à la charge des sociétés pétrolières. Quand une découverte d’hydrocarbure devient commerciale, la société qui a fait les travaux d’exploration et de forage perçoit 75 % et l’Etat 25 %. La durée d’une concession d’exploitation ne peut toutefois excéder 25 années.
Peut-on parler d’une échéance de la découverte du pétrole au Maroc ?
Personne ne peut le dire. Le programme d’exploration et de forage poursuit son cours. Et ce n’est pas le seul. D’autres travaux de forage sont entrepris dans les mines. Je comprends que de nombreuses personnes s’intéressent au pétrole plus qu’à d’autres gisements. Mais je ne peux rien dire de plus que ce qu’on peut déduire des travaux de forage, comparativement à ce qui se passe dans le monde et à la présence massive de majors et de sociétés indépendantes. Des partenaires de quatre continents, Amérique, Europe, Afrique et Asie, prospectent et forent des puits au Maroc. Lorsque l’un d’eux fera une découverte commerciale, on l’annoncera au public.

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