La cartographie de la pauvreté selon le HCP: Les ruraux sont les plus touchés

La cartographie de la pauvreté selon le HCP: Les ruraux sont les plus touchés

En 2014, 85,4% des personnes multidimensionnellement pauvres vivent dans le milieu rural contre 80,0% en 2004. Ces taux s’expliquent par la privation en termes de scolarisation des adultes qui explique à elle seule 34% de la pauvreté au niveau national.

«Si les taux de pauvreté étaient devenus statistiquement insignifiants dans le milieu urbain, la pauvreté reste, cependant, le phénomène rural par excellence». Le constat est entériné, mercredi à Rabat, par Ahmed Lahlimi Alami lors de la présentation des résultats de la cartographie de la pauvreté multidimensionnelle. Le haut-commissaire au plan s’appuie, dans ce sens, sur des chiffres. «Sous sa forme monétaire, elle touche près de 2% en milieu urbain et près de 9% en milieu rural», enchaîne-t-il.

2,4 millions de ruraux sont pauvres

En détail, ils sont quelque 330.000 citoyens urbains et 1,3 million de ruraux à subir la situation de pauvreté. «Du reste, même ceux parmi nos citoyens qui ne sont pas concernés par ces chiffres, parce que statistiquement non pauvres, 45% d’entre eux continuent, cependant, à dénoncer la pauvreté qu’ils subissent au niveau de leur vécu», poursuit M. Lahlimi. A propos de la pauvreté multidimensionnelle, celle-ci décline un taux de prévalence de 8,2% à l’échelle nationale, portant le nombre des Marocains qui en subissent la prévalence à 2,8 millions dont 400.000 en milieu urbain et 2,4 millions en milieu rural, avec des taux de prévalence respectivement de 2 et 17,7%. Sous ses deux formes, multidimensionnelle et monétaire, la pauvreté affecte 11,7% de Marocains, portant leur nombre à près de 4 millions. Parmi ceux-ci, près de 480.000 pourraient être considérés comme vivant dans l’extrême pauvreté en cumulant les deux formes de pauvreté monétaire et multidimensionnelle. Ils représentent, dès lors, 1,4% de la population au Maroc. Cela étant, M. Lahlimi estime qu’ «un ménage est considéré en situation de pauvreté multidimensionnelle lorsqu’au moins 30% de l’ensemble cumulé des dimensions des besoins retenus ne sont pas satisfaits».

Evolution de la pauvreté sur la dernière décennie

Avec une baisse de 9,4% par an, l’effectif global de la population en situation de pauvreté multidimensionnelle, selon la cartographie du HCP, est passé de 7,5 millions d’individus en 2004 à  2,8 million d’individus en 2014. L’incidence de la pauvreté multidimensionnelle est ainsi passée de 25,0 à 8,2% entre les deux périodes au niveau national, de 9,1 à 2,0% en milieu urbain, et de 44,6 à 17,7% en milieu rural. La pauvreté multidimensionnelle demeure principalement un phénomène rural. En 2014, 85,4% des personnes multidimensionnellement pauvres vivent dans le milieu rural contre 80,0% en 2004. Ces taux s’expliquent par la privation en termes de scolarisation des adultes qui explique à elle seule 34% de la pauvreté au niveau national. La non-scolarisation des enfants contribue à hauteur de 21,3% à l’indice de la pauvreté multidimensionnelle. Dans l’ensemble, les déficits en termes d’éducation expliquent un peu plus de la moitié de la pauvreté multidimensionnelle (55,3%). Quant aux privations en termes d’accès aux infrastructures sociales de base, elles expliquent 19,7% de la pauvreté multidimensionnelle. Cette contribution s’élève à 14,1% pour les privations en termes de conditions d’habitat et à 10,9% en termes de santé. En milieu urbain, 60,8% de la pauvreté multidimensionnelle est du aux déficiences en termes d’éducation des adultes (36,8%) et des enfants (24,0%). Les privations en termes de santé contribuent à hauteur de 24,5% à la pauvreté urbaine. Quant à la pauvreté rurale, elle s’explique principalement par les privations en termes d’éducation (54,5%), d’accès aux infrastructures sociales de base (21,2%) et de conditions d’habitation (15,3%).

La région de Béni Mellal-Khénifra est

la plus pauvre (13,4%)

Selon la cartographie du HCP, l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle a, entre 2004 et 2014, baissé dans toutes les régions du Royaume. En termes de variation absolue, ce sont les régions les plus pauvres en 2004 qui ont connu le recul le plus important de la pauvreté, à savoir les régions de Marrakech-Safi de 34,0 à 11,3%, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, de 30,3 à 9,5% et Béni Mellal-Khénifra, de 31,0 à 13,4%. En 2014, le classement des régions selon l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle indique que la moitié des régions enregistre un taux de pauvreté supérieur à la moyenne nationale (8,2%). La région la plus pauvre est Béni Mellal-Khénifra (13,4%), suivie de Marrakech-Safi (11,3%), Drâa-Tafilalet (10%), Fès-Meknès (9,6%), l’Oriental (9,5%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,5%). Inversement, les régions les moins pauvres, marquées par une incidence inférieure à la moyenne nationale, sont Laâyoune-Sakia El Hamra (1,7%), Dakhla-Oued Eddahab (3,8%), Casablanca-Settat (4,1%), Rabat-Salé-Kenitra (6,1%), Guelmim-Oued-Noun (6,2%) et Souss-Massa (7,2%). Cependant, la région Marrakech-Safi abrite le plus grand nombre de pauvres au Maroc. Sa contribution relative à la pauvreté multidimensionnelle à l’échelle nationale atteint 18,5% en 2014.

De plus, le taux de pauvreté des communes rurales cibles de l’INDH est passé de  51,4% en 2004 à 21,4% en 2014. Par période de ciblage, ce taux est passé de 54,0 à 24,1% pour les communes ciblées en 2005, et de 48,7 à 18,9% pour les communes ciblées à partir de 2011. Dans le reste des communes rurales, le taux de pauvreté multidimensionnelle est passé de 38,6% en 2004 à 13,4% en 2014. Au total, la pauvreté multidimensionnelle a été réduite, en termes de variation absolue, de 30 points de pourcentage dans les communes rurales cibles de l’INDH contre 25,2 points dans les communes rurales non cibles. 

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