La chasse aux souks anarchiques

Environ trois cent kiosques, selon les marchands, deux cent, selon les services de la wilaya de Casablanca, ont été démolis le week-end dernier, à la place Jamaâ souk à l’ancienne médina. Ces kiosques, situés à l’entrée de la Médina, construits en taule, bois et autre plastique, offraient depuis plusieurs années, des marchandises diverses allant des produits de l’artisanat jusqu’aux téléphones portables en passant par les articles électroménagers, les ustensiles de cuisine, les vêtements, les chaussures et autres marchandises.
Certains disposent d’une autorisation de marchands ambulants, d’autres ont été installés sans autorisation. Avec le temps, ils sont devenus une partie du paysage de l’ancienne médina. Certains sont considérés comme des repères. «L’habitude est une seconde nature», dit-on. «Cela fait plus de dix ans que j’exerce cette activité sur les lieux. Elle est la seule source de mes revenus pour subvenir aux besoins de ma famille. Maintenant, le seul espoir est d’obtenir un emplacement dans un marché comme il a été promis par les autorités au moment où elles nous ont avisé pour déménager», a déclaré un commerçant, quinquagénaire, qui commercialise les vêtements et les chaussures dans le souk en question. Du côté de la wilaya, on assure que ces commerçants seront transférés vers d’autres emplacements dans des marchés bien structurés.
La démolition de ce « souk » intervient après celle de souk Eddamir, communément connu par le nom « Hadda », qui rassemble environ deux cent commerçants, dans les parages de la gare routière d’Ouled Ziane. Les deux actions de la wilaya de Casablanca s’inscrivent dans le cadre de la campagne contre l’occupation illégale et anarchique de l’espace public lancée par les services de la wilaya depuis le début de l’année précédente. Une campagne qui se poursuit « doucement et fermement » comme l’avait souligné le wali de Casablanca, Driss Benhima lors d’une conférence de presse au début du lancement de cette campagne.
Dans la capitale économique du pays, ces espaces exploités par les marchands ambulants depuis plusieurs années sont nombreux. Ils forment un secteur informel où les marchandises de contrebande sont exposées à la vente le plus normalement du monde en dépit des risques que ces produits notamment les consommables constituent pour la santé des consommateurs sans parler de la concurrence déloyale de cette activité aux autres commerçants sédentarisés dans des marchés payant taxes et impôts. Toutefois, il faut dire que si dans les environs du centre-ville, leur démolition ne pose pas un grand problème pour les autorités, dans les quartiers populaires, Hay Hassani, Hay Moulay Rachid, Hay Mohammadi, Sidi Bernoussi, la dévastation des échoppes ne serait pas chose aisée. «Un recensement de tous ces marchands, dans les différents quartiers, d’abord, et la recherche, ensuite, d’une alternative permettront d’éviter les problèmes que pourrait provoquer la démolition de ces souks anarchiques», souligne un jeune commerçant, précisant qu’il s’agit d’une action de nature à rendre à Casablanca son image de vraie capitale économique structurée et organisée.

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