La chirurgie mini-invasive, une révolution !

La chirurgie mini-invasive, une révolution !

Pour Dr Anis Achergui, spécialiste en chirurgie osseuse, traumatologique et orthopédique, il faut prendre le temps lors de chaque consultation pré-opératoire de s’assurer que le patient a compris tous les avantages de cette technique. Son adhésion est importante.  
D’une façon générale, cette technique chirurgicale limite le traumatisme opératoire, ce qui n’est pas le cas de la chirurgie traditionnelle.

Cette dernière imposant de larges incisions pour accéder aux organes. Dans ce cas le saignement opératoire est abondant. La douleur post-opératoire concerne tout le territoire concerné par l’intervention, et pas seulement la cible… Bref, les risques de la chirurgie traditionnelle sont nombreux et l’essor de la chirurgie mini-invasive grâce à la révolution technologique permettra de les réduire.
Les champs d’intervention demeurent néanmoins spécifiques mais les possibilités quant à son recours sont de plus en plus nombreuses.  Elle est de plus en plus utilisée en pédiatrie, ce qui permet de limiter le traumatisme opératoire, les douleurs et les cicatrices, et facilite donc la convalescence…

Dans le domaine de la chirurgie osseuse, il existe trois grands types de chirurgie mini-invasive à savoir la chirurgie arthroscopique, la chirurgie percutanée et la chirurgie par mini-abord.
L’arthroscopie est la technique qui a révolutionné le traitement des articulations abîmées. «Initialement, elle était réservée à l’examen de l’articulation mais maintenant elle est surtout thérapeutique. En pratique, le chirurgien introduit une micro-caméra, grâce à une petite incision dans la peau, ce qui lui permet de voir tout ce qui se passe à l’intérieur de l’articulation. Ainsi l’intervention, l’anesthésie et les suites de l’intervention sont nettement moins lourdes. La plupart des articulations peuvent bénéficier à ce jour d’une intervention chirurgicale sous arthroscopie. Historiquement, c’est le cas surtout du genou puis de l’épaule et de la cheville», explique Dr Achergui.
Pour ce qui est de  la chirurgie percutanée, celle-ci fait appel à de nouvelles techniques révolutionnaires dans leur approche, qui permettent la correction des déformations les plus classiques de l’avant-pied. «Les gestes osseux et tendineux sont effectués par une incision millimétrique au niveau de la peau», explique le praticien.

Les bénéfices de la percutanée dans ce domaine sont réels. «La plupart des corrections ne nécessitent plus de mise en place de vis ou plaque, et permettent une correction définitive, peu douloureuse, sans cicatrice et avec une récupération rapide».
La chirurgie par mini-abord  s’applique, par ailleurs, à la mise en place des prothèses de hanche et de genou.  «Les bénéfices à espérer de ce type d’approche sont représentés par une diminution des douleurs post-opératoires et des pertes sanguines, une reprise d’activité plus rapide et de meilleures mobilités finales», conclut le chirurgien.

Une technologie de pointe

Les techniques innovantes employées pour développer la chirurgie mini-invasive ont permis ainsi de développer les champs d’intervention. Toutes sont conçues pour permettre au chirurgien d’atteindre désormais sa cible par des incisions de l’ordre du centimètre grâce à l’utilisation d’instruments longs et fins, couplés à un système d’imagerie vidéo.
On parle d’arthroscopie lorsque l’intervention intéresse une articulation, de laparoscopie ou coelioscopie, lorsque l’intervention se situe au niveau de la cavité abdominale, de thoracoscopie au niveau du thorax. Même dans le domaine de l’urologie cette technique est salutaire car elle permet de préserver la fonction rénale. Dans le cas de nombreux calculs rénaux ne pouvant pas être éliminés par lithotripteur, la technique de la percutanée est utilisée. Au Maroc, le geste est encore très rare car il impose aux praticiens une agilité extrême compte tenu de la vascularisation particulière du rein. La quasi totalité des praticiens en urologie ont encore recours à la chirurgie …./….

…./…. classique. La technique existe pourtant et gagne à être utilisée quand elle est indiquée…  Ses bénéfices sont énormes face à la chirurgie traditionnelle. Cette dernière induit des incisions larges, entraînant souvent des saignements, des douleurs post-opératoires, des cicatrices inesthétiques ou de mauvaise qualité. Dans ce cas, le risque infectieux est grand.  Au contraire, avec la chirurgie mini-invasive, les tissus cutanés et sous-cutanés, la paroi abdominale et la cage thoracique sont respectés car les incisions sont petites. Résultat : le patient ressent moins de douleurs. Les saignements sont minimes  et le retour au domicile est plus rapide. Même sur le plan esthétique, les cicatrices sont beaucoup plus discrètes. C’est en fait l’évolution de l’imagerie médicale et la miniaturisation des caméras, qui ont permis de développer cette technique. En pédiatrie, le poids ne devient plus un frein à un tel geste chirurgical. Un autre paramètre entre en jeu pour la réussite d’un tel acte chirurgical et renvoie directement à l’agilité du chirurgien à opérer avec des instruments. «La chirurgie mini-invasive est un concept moderne qui doit être considéré avant tout comme une évolution technique performante de la chirurgie classique. Cependant celle-ci comprend également par certains aspects une approche philosophiquement très différente de celle de la chirurgie académique, notamment dans sa composante percutanée. Ainsi, la chirurgie percutanée, qui doit être considéréé comme un outil au même titre que l’arthroscopie, a indiscutablement permis de déplacer le curseur pour de nombreux éléments, aussi variés que la douleur post-opératoire, la récupération fonctionnelle et la reprise des activités sportives et professionnelles», confirme Dr Achergui.

Sensibilisation des patients

D’autres médecins sous couvert de l’anonymat confortent les propos du chirurgien cité. La sensibilité demeure entre confrères dans le sens où certains n’ont pas eu recours dans leur cursus universitaire et hospitalier à l’apprentissage de ces nouvelles techniques… Le débat reste ouvert quant à la nécessité de généraliser et d’imposer cette technique quand elle est bénéfique aux patients. Et d’ailleurs, la chirurgie mini-invasive, qu’elle soit par arthroscopie, percutanée ou par mini-abord, présente les mêmes risques pré-opératoires qu’une chirurgie classique. Les complications à court et à long termes sont beaucoup moins importantes que la chirurgie académique.

Côté coût, elle peut s’avérer plus onéreuse que la chirurgie classique. Dans certains cas, les frais engagés sont les mêmes que l’acte chirurgical traditionnel.  
«Une chirurgie du ligament croisé antérieur du genou sous arthroscopie ou par chirurgie classique coûte pareil. C’est la même chose pour une prothèse de la hanche par mini-abord ou par grand abord. Cependant pour d’autres chirurgies qui utilisent du matériel dédié comme la chirurgie percutanée du pied ou la chirurgie réparatrice (suture) du ménisque, cela implique un coût supplémentaire. Le choix revient avant tout au patient. Notre rôle, nous chirurgiens, c’est de l’éclairer !», avance Dr Achergui.
Les autres praticiens demeurent discrets quant à cet aspect et se cantonnent plus à pratiquer l’acte qui convient au patient sans rentrer avec lui dans les détails. Là aussi la culture du traitement du malade au Maroc change et rappelle les évolutions technologiques. Plus exigeant et informé, le malade, quel que soit son niveau d’instruction, exige le meilleur pour sa santé.

Dans le milieu hospitalier, les appareils coûteux représentent le principal frein aux chirurgiens pour ne pas passer aux chirurgies mini-invasives dans certains cas…
Le développement de nouvelles infrastructures annoncé par l’ouverture des capitaux des cliniques permettra certainement l’intégration des technologies de pointe pour révolutionner la chirurgie.
Le chantier est ouvert et les compétences sont là.  
 

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