La Cnuced s’intéresse à la stratégie migratoire du Maroc

La Cnuced s’intéresse à la stratégie migratoire du Maroc

Régularisations, accès à l’emploi, lutte contre les conditions abusives du travail…

«Le Maroc se distingue parmi ceux qui font exception et permet à de nombreux pays de tirer des enseignements de son expérience», c’est en ces termes que le dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a décrit la politique migratoire du Maroc. Intitulé «Le développement économique en Afrique 2018 : les migrations au service de la transformation structurelle», le document décrypte la stratégie migratoire du Maroc. Pour Ahmed Skim, directeur des affaires de la migration au ministère délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration, la migration africaine de demain sera de plus en plus une migration intra-africaine, conséquence à la fois des restrictions à l’émigration vers l’Europe, et surtout conséquence du décollage africain, des nouvelles opportunités économiques, mais aussi de l’intégration des valeurs de la mondialisation au niveau du continent africain. Ahmed Skim a également expliqué que la politique migratoire du Maroc s’inscrit dans un cadre plus large de la réaffirmation de l’entrée du Maroc au sein de la famille africaine et de sa réintégration au sein de l’UA.

Régularisation des migrants

Dans son analyse, la Cnuced a mis en avant le principe de codéveloppement adopté par le Maroc dans sa politique migratoire. Cette approche permet de renforcer les capacités des associations de migrants et les incite au transfert de compétences, à investir dans les secteurs productifs des pays d’origine et à faciliter les migrations circulaires. A titre illustratif, le rapport s’arrête sur le nombre de régularisations des migrants par le Maroc. Ainsi, la deuxième vague de régularisation conduite par le pays a donné lieu à 26.860 demandes dans 70 provinces du pays.

Accès des migrants au marché du travail

La Cnuced a mis en exergue l’harmonisation en cours du code du travail. Le Maroc s’est officiellement engagé dans la lutte contre les conditions de travail abusives et dans la promotion des droits des travailleurs migrants, en lançant le processus de ratification de la convention n° 143 de l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2016. Le rapport fait également état des finalités de cette politique qui vise à répondre aux besoins spécifiques de l’économie nationale en matière de main-d’œuvre. Pour y parvenir, le pays veut supprimer les obstacles légaux et réglementaires à l’accès des migrants au marché intérieur du travail et de les encourager à l’entrepreneuriat. Dans son analyse la CNUCED s’appuie sur la mise en œuvre de cette stratégie à la faveur de programmes de coopération entre les organismes publics, les organisations de la société civile et les partenaires de développement. En termes de chiffres, 41 des 130 migrantes ayant reçu des formations ciblées ont trouvé un emploi salarié, voire sont devenues chefs d’entreprises. Pour remédier à la situation des migrants, le document cite les recommandations émises dans le rapport 2017 de la stratégie nationale d’immigration et d’asile. Celles-ci suggèrent notamment d’adapter les formations aux besoins particuliers des migrants en raison de leur mobilité et leur précarité financière. Enfin, elles se focalisent entre autres sur la nécessité de leur rendre disponible l’apprentissage rémunéré.

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