La commission qui divise l’USFP

La commission qui divise l’USFP

Les socialistes ont beau vouloir minimiser l’affaire, en privé elle fait grincer les dents de nombreux militants. Tout a commencé quand la Mouvance populaire unifiée (MPU), nouvelle formation forte avec 74 députés à la Chambre des représentants, a jeté son dévolu sur la commission de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire. Elle était présidée, lors de la précédente législature, par le parti de l’Istiqlal. Le président du groupe parlementaire de l’Istiqlal, Abdelhamid Aouad, avait précisé que son parti était disposé à garder la commission de l’Intérieur si la MPU ne l’en privait pas. Autrement, il prendrait la présidence de la commission des Finances et du développement économique, présidée depuis 7 ans par l’USFP.
Les socialistes tiennent beaucoup à la commission des Finances. Il leur restait de trouver de bons arguments pour persuader la MPU de ne toucher ni à la commission des Finances, ni à la commission de l’Intérieur s’ils voulaient la garder. La MPU ne l’a pas entendu ainsi. En tant que première formation au Parlement, elle a appliqué le règlement interne de la Chambre des représentants et a choisi la commission qu’elle veut : celle de l’Intérieur. Le parti de l’Istiqlal, deuxième formation avec 55 députés, a pris la tête de la commission des Finances. Les usfpéistes, «de bien mauvais joueurs», selon l’expression d’un député présent aux délibérations, ont essayé de faire valoir le «bon sens», expliquant aux autres qu’ils maîtrisaient le fonctionnement de la commission des Finances. En vain. En tant que troisième groupe parlementaire, avec 48 députés, l’USFP pouvait présider n’importe quelle commission permanente, en dehors de celles choisies par les deux partis qui disposent d’un plus grand nombre de sièges à la Première chambre.
L’USFP a pris les commandes de la commission de la Justice, de la législation et des droits de l’homme. Apparemment, ce parti n’était pas préparé à quitter la présidence de la commission des Finances. A preuve, Abdelkader El Benna, qui présidait cette instance lors de la précédente législature, a été reconduit à ce poste.
Surprise ! Cet enseignant, qui connaît le monde de l’économie, se retrouve à la tête de la commission permanente de la Justice. Il a à ses côtés des subordonnés usfpéistes, tous d’éminents juristes : Driss Aboulfadl (avocat) «le bâtonnier des bâtonniers au Maroc», Fattoum Koudama (avocate), Mohamed Karam (avocat), Abdelkbir Tabih (avocat) et Abderrafia Jouahri (avocat).
Ces juristes, qui ont passé une grande partie de leur vie dans les rouages de la Justice, n’apprécient guère d’avoir comme chef «un blanc bec». Et la situation fait bien rire sous cape dans les couloirs du Parlement. «C’est une chose secondaire et sans intérêt. Ce qui compte pour nous, c’est le travail», nous confie l’un des membres usufpéistes de la commission de la Justice. Mais en insistant un peu, on apprend que la nomination de M. El Benna a fait l’objet d’un débat interne. «On ne laisse pas passer des choses comme ça. On en débat, on les critique mais dans les règles de l’art et en veillant à ce que le différend ne dépasse pas le cadre familial», ajoute le député interrogé. Néanmoins, le poste qu’occupe Abdelkader El Benna écorche certaines sensibilités. Et si pour le moment, on refuse à l’USFP de «porter l’affaire dans les journaux», les mots assassins pleuvent à l’adresse du président. «Certains sont taillés pour faire de la figuration et poser devant les caméras, et d’autres pour travailler».

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