La compétitivité arabe en question

La compétitivité arabe en question

Plus de 200 participants, issus pour la plupart du monde des affaires régionale et internationale, se sont réunis pour débattre des conclusions de ce rapport.
Produit par des chercheurs et hauts fonctionnaires internationaux  issus des plus grandes institutions, ce rapport est tout simplement alarmant. En effet, dans le concert économique des nations, le monde arabe, pris dans sa globalité, et ce n’est pas une découverte, ne joue pas encore le rôle qui devrait être le sien.
Sans une stratégie opérationnelle et volontariste des décideurs politiques et économiques arabes, la situation n’ira pas en s’améliorant, bien au contraire.
Avec une population qui affiche un taux de croissance des plus élevés de la planète et une croissance économique généralement atone, le monde arabe doit impérativement créer, sur les 15 prochaines années, 80 millions d’emplois  pour absorber le chômage des jeunes qui arriveront sur le marché du travail et maintenir le niveau de celui actuel (15% en moyenne sur l’ensemble de la région !!), ce qui est loin d’être acceptable. Pour résorber effectivement le chômage il faudrait créer 100 millions d’emplois sur la même période !!!
Sans une croissance économique forte et soutenue dans le temps de l’ordre de 6%, qui seule pourrait permettre ce niveau de création d’emplois, il est dit, sans ambages, dans le rapport, que la situation, qui est critique à l’heure actuelle dans plusieurs pays, pourrait devenir explosive.
Alors que faire pour éviter ce scénario-catastrophe et toutes les conséquences politiques, économiques et sociales qui en découleraient fatalement ?
Ce rapport propose un certain nombre d’axes de réformes de fond, qui ne sont en aucun cas exhaustives ou nécessairement applicables, vu les spécificités économiques et politiques de l’Histoire du Maroc, qui permettraient à notre région de sortir de son marasme et, à terme, de lui permettre de s’inscrire de plain-pied dans une inéluctable mondialisation,  dont seuls quelques romantiques ou inconscients doutent encore de la réversibilité.
L’objet de cet article n’est pas de faire un résumé de ce rapport, ce qui serait forcément réducteur et ne pourrait en aucun cas rendre compte de la richesse extrême de ce travail, mais de passer en revue les réformes proposées par le rapport du WEF, revisiter  les actions déjà entamées au Maroc et enfin passer en revue les actions qui restent à mener dans les années à venir.
Un des objectifs de cet article est aussi de faire avancer ce débat essentiel pour l’avenir du Maroc et susciter une prise de conscience accrue de tous nos décideurs politiques et économiques de l’urgence des défis qui nous attendent qui, à mon sens, ne peuvent valablement être relevés que grâce à une politique volontariste, un ‘’Ijtihad économique’’ de tous les instants tant de la part de l’Etat mais aussi et surtout de la part du secteur privé.

I – Les préalables :
Le préalable fondamental à toute velléité réelle de sortie de la crise économique qui accable nos pays est une ‘’gouvernance’’ digne de ce nom. D’origine anglo-saxonne et relativement nouveau dans le lexique politique moderne, que veut vraiment dire le terme “gouvernance” ?
Il y a dix composantes essentielles à ce terme. En effet, pour qu’un Etat puisse se targuer d’avoir une ‘’bonne gouvernance’’, il faut que les principes universels de notre ère mondialisée, soient intégrés dans les moeurs politiques économiques et sociales de tous les acteurs à savoir :
– La démocratie,
– La transparence,
– le règne de l’Etat de droit,
– la nécessité impérieuse de rendre des comptes devant les représentants de la Nation. (accountability),
– le pluralisme politique véritable de façon à représenter valablement toutes les tendances constitutives du tissu social et politique de la nation,
– la participation des citoyens (nes) à la vie communautaire et leur implication dans les questions qui les intéressent et qui déterminent leur devenir et celui de leurs enfants,
– la libre circulation et l’accès à l’information,
– le respect des droits de l’Homme,
– l’égalité des sexes,
– le système éducatif et sa propension à créer un environnement propice à l’éclosion de l’esprit des jeunes en vue d’en faire des citoyens ouverts et créatifs.
Un terme-programme dont les composantes sont profondément  imbriquées et compliquées par les vicissitudes de l’Histoire de chaque pays. Un écheveau qu’il s’agit impérativement de démêler efficacement dans les quelques années à venir. Ceci reste une condition sine qua non pour l’émergence d’une nation ancrée dans son temps et assurant à sa population un avenir meilleur.

II – Les réformes proposées :
Les propositions qui seront mises en exergue sont seulement quelques-unes de celles proposées dans le rapport présenté à Doha. Ce corpus a posé les jalons d’un consensus pour  une gouvernance améliorée dans l’ensemble des pays de la région.
Ces réformes, il convient de le mentionner, ne sont pas radicalement nouvelles ou méconnues des dirigeants, mais la nécessité de les mettre en œuvre devient de plus en plus pressante.
Il va sans dire que la plupart de ces pays ne sont pas au même niveau sur le continuum de l’évolution sur le plan démocratique et économique et que le Maroc est parmi les plus avancés de la région.
Il est également clair que dans notre pays beaucoup de réformes restent à mener  avec courage et détermination pour que leurs effets soient ressentis sur le terrain et dans le quotidien du citoyen.

a)Les réformes politiques :

Dans le rapport cité plus haut, les principales réformes politiques sont formulées autour de l’enracinement au niveau culturel et sociétal d’une pratique politique véritablement démocratique. Cette acception de la démocratie pose ce mode de gouvernance comme un choix politique irréversible qui garantit un certain nombre de fondamentaux:
– La pluralité de l’expression politique et idéologique,
– l’alternance aux affaires,
– La liberté d’opinion, d’expression et de rassemblement,
– L’existence d’institutions politiques élues efficientes (Parlement),
– L’indépendance du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir exécutif,
– La nécessité pour le gouvernement de rendre des comptes au Parlement.
Une des propositions qui tranche avec les autres et qui peut être qualifiée d’originale consiste à encourager les citoyens à s’impliquer via les organisations de la société civile, fussent-elles organisation de plaidoyer ou d’action civile ou caritative sur le terrain.
Bien que ces organisations ne peuvent en aucun cas se substituer aux partis politiques, dont la mission première est d’encadrer les citoyens et de faire, dans le cadre d’une véritable et saine concurrence démocratique, via le jeu électoral,  prévaloir leurs choix de société, tout en respectant les consensus nationaux fondateurs.
Ceci dit, il y a aujourd’hui une conviction au sein des instances internationales que la société civile à un rôle de plus en plus important pour faire avancer le débat et, le cas échéant, influer sur le cours des décisions politiques ou économiques.

b) Les réformes économiques :

Les principales réformes proposées sur le plan économique ont trait à la libéralisation du commerce entre les pays de la région et du monde, graduellement et ultérieurement, et l’élimination graduelle des barrières douanières, à la promotion de  l’emploi des jeunes, à l’intégration régionale et mondiale des économies du monde arabe.
Le gouvernement, dans le schéma proposé, devrait assurer une stabilité macro-économique afin d’éviter tous les dérapages susceptibles d’hypothéquer l’avenir des générations montantes et assurer un développement durable. Ce concept étant dorénavant défini comme une gestion de l’Etat pouvant ‘’ donner aux futures générations autant d’opportunités et de possibilités, sinon de meilleures,  que celles que nous avons eues’’
Sur le plan des appareils d’Etat et des institutions, le gouvernement devrait mettre l’accent sur la restructuration de ces instances, de façon à avoir une flexibilité maximale.
Cette nécessité est exacerbée du fait des changements rapides que connaît l’environnement mondial et l’impérieuse obligation, que se doit d’avoir tout Etat moderne, pour réagir et se préparer à ces mutations, en prenant la pleine mesure des possibilités qu’offrent les nouvelles technologies de l’information (satellites, Internet, télécommunications). Autrement dit, le temps des appareils d’Etat surdimensionnés et bureaucratiques est bel et bien révolu et il s’agit aujourd’hui de se doter d’institutions et organes de gestion avec des moyens et surtout des attitudes opérationnelles en phase avec notre ère.
En tant que ‘’facilitateur’’, le gouvernement aurait également pour mission de libéraliser et promouvoir activement la circulation des flux d’informations et de connaissances qui submergent les réseaux,  de façon à permettre aux individus et aux entreprises et aux organes étatiques de régulation et de facilitation d’avoir non seulement une veille concurrentielle proactive mais aussi des outils d’analyse qui permettraient de déceler les tendances et se préparer à capitaliser dessus.
Toutes les actions et réformes préconisées, visant à assurer un environnement propice à l’investissement et à la création de richesses et d’emploi, ne sauraient donner les résultats escomptés, sans une politique de l’éducation, du niveau le plus élémentaire à la recherche universitaire, qui permettraient, sans qu’il y ait aucun reniement  ni de l’identité nationale ni des valeurs fondatrices de notre identité religieuse, au capital humain du pays d’acquérir les connaissances, les attitudes et les moyens intellectuels de faire face aux défis de ce siècle.
Cet investissement s’il est fait comme il se doit, en intégrant et les données sociétales du moment, est le plus rentable qui soit pour s’assurer d’un développement économique durable mais aussi de permettre à ‘’l’ascenseur social’’ de se remettre en marche.
Last but not least, la coopération politique et économique interarabe est plus que jamais à l’ordre du jour, car comment être crédible alors que le commerce entre les pays arabes ne représente qu’une infime part du commerce mondial, alors que les potentialités humaines et financières du Golfe à l’Atlantique, sont immenses mais laissées en jachère, ou presque, pour des considérations souvent sécuritaires et parfois marginales par rapport aux enjeux auxquels nous faisons face.

III) Quid du Maroc par rapport à cette ‘’feuille de route’’ des réformes?
Dans cette partie, je voudrais simplement brosser un tableau de quelques réalisations concrètes qui,  depuis les années 90, contribuent à ce mouvement réformateur, en cohérence avec les dispositions préconisées.

a) Sur le plan de la gouvernance et des réformes politiques :

Partant de l’acception du terme définie plus haut, il est patent que notre pays a fait des avancées durant les dernières années et ces réformes le placent parmi les meilleurs pays de la région. Certaines propositions, telles que la pluralité politique, à l’ordre du jour maintenant dans certains pays de la région, sont caduques au Maroc depuis l’indépendance.
Par ailleurs, le projet de  loi sur les partis politiques est un pas important pour  moderniser le ‘’modus operandi’’ des principaux acteurs politiques du pays et leur permettre en toute transparence d’accentuer leur action sur le terrain et  jouer pleinement le rôle qui est le leur.
Sur le plan des institutions élues et de la démocratie,  nous avons des institutions parlementaires qui existent (ce qui n’est pas le cas dans plusieurs pays de la région) et qui jouent leur rôle et qui légifèrent après concertation et débat.
Pour ce qui est des droits de l’Homme, notre pays est aussi à l’avant-garde avec la création du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH) et plus récemment de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) (unique dans le monde arabe !!). L’existence de ces instances permet de dire qu’une volonté manifeste existe pour tourner la page de toute cette regrettable période tout en effectuant une catharsis nationale afin d’envisager sereinement les étapes majeures qui nous restent à franchir.
Quant à l’égalité des sexes, la réforme du code de la famille est une avancée historique et on ne peut que s’en féliciter.
Pour les autres progrès réalisés, on peut aussi citer la liberté de la presse, d’association et d’expression, ce qui fait du Maroc, malgré quelques imperfections conjoncturelles ici ou là, un exemple régional reconnu d’ouverture politique.

b) Sur le plan économique :
Alors que les progrès sur le plan politique sont intéressants et chaque réforme majeure consolide un peu plus la transition démocratique dans laquelle le pays est engagé, sur le plan économique, les résultas restent encore mitigés.
Au niveau du rôle de l’Etat, l’environnement est en amélioration constante (code du travail ; tribunaux administratifs, Centre régionaux d’investissement, la politique de proximité et le nouveau rôle des walis ; AMO etc.) et les équilibres macro-économiques sont supposés être tenus avec une orthodoxie et une rigueur implacable (mais les  déficits hors recettes exceptionnelles et la dette publique ont explosé), les investissements en infrastructures (Port Tanger-Med, autoroutes, désenclavement des zones rurales, etc.) sont dynamiques et relèvent d’une vison d’ensemble avant-gardiste, le secteur public est en pleine restructuration avec le programme de départs volontaires pour non seulement limiter le pourcentage de la masse salariale dans le PIB, mais aussi pour se doter à terme d’une Administration flexible et en phase avec les besoins des citoyens.
La croissance forte de l’ordre de 6% sur les 15 prochaines années est d’après le rapport du WEF, le seul moyen de générer le niveau de création d’emplois nécessaires Il est évident que le Maroc fait des efforts ciblés avec le plan Azur,  les contrats-programmes avec les différents secteurs stratégiques (textile, pèche, etc.) mais il appartient au secteur privé de se mobiliser pour également apporter sa contribution à l’édification du Maroc compétitif.
Le Maroc a, d’après le rapport, attiré des investissements étrangers directs au-delà du potentiel escompté mais il ne faut pas oublier que ces chiffres prennent en compte les apports significatifs, mais non récurrents, de la privatisation de Maroc Telecom (Vivendi) et de la Régie des tabacs (Altadis).
Pour ce qui est de l’ouverture sur l’économie mondiale, de multiples accords de libre échange ont été conclus avec plusieurs pays (USA; Turquie ; Brésil ; Inde ; Mexique ; Russie ; Accords d’Agadir avec la Jordanie, l’Egypte, et la Tunisie) et il faut aussi que ces accords ne soient pas de simples accords politiques conjoncturels mais de vrais accords économiques qui permettent des ouvertures réelles pour nos exportateurs en tenant compte de nos avantages comparatifs dans les secteurs où nous pouvons nous targuer d’être compétitifs et innovants. Les points soulevés ci-dessus ne sont en aucun cas exhaustifs mais permettent de montrer que des réformes de fond sont en cours et que le Maroc est généralement en bonne voie.
La question nodale reste : quelles sont les actions qui restent à mener et quelles seront la vitesse et l’efficacité de leur  réalisation ??

Sur le plan politique :

Pour définitivement enraciner le Maroc dans une dynamique politique vertueuse, seule susceptible de donner confiance et aux citoyens et aux partenaires étrangers, qu’ils soient investisseurs, bailleurs de fonds ou alliés politiques, il est fondamental de changer les paradigmes mentaux qui président encore aujourd’hui à l’action politique nationale.
En effet, le pluralisme ‘’administré’’ ne devrait  plus être de mise. Il faut une prise de conscience des partis nationaux pour se positionner sur des questions fondamentales et faire valoir clairement leur choix de société.
Il faut cesser de ‘’ voir d’où vient le vent’’ pour prendre position. Cette approche primaire de la ‘’real politique’’ ne fait que décrédibiliser encore plus l’action politique et quelque part fragilise les acquis démocratiques pour lesquels  tant de générations ont milité et dans beaucoup de cas fait des sacrifices extrêmes. Avec des relais solides sur le terrain pour les partis au pouvoir et une opposition crédible, l’action politique sera réhabilitée et pourra à nouveau mobiliser les élites et les citoyens pour une contribution accrue au devenir national. Par ailleurs, le Conseil économique et social qui est une disposition constitutionnelle (art.93-94-95), tarde à voir le jour alors que cela pourrait être un formidable instrument d’encadrement et un catalyseur du mouvement de réformes économiques nécessaires au décollage économique du pays.
Pour ce qui est du système éducatif, la COSEF a produit un rapport dit consensuel auquel ont participé toutes les tendances (Politiques ; Syndicales ; Société Civile ; Patronat) sans que cela ne se traduise par une réforme ambitieuse et qui bouscule de façon drastique les schémas pédagogiques, quelque peu éculés, qui continuent à produire des diplômés dont les qualifications techniques mais surtout attitudinales sont souvent déphasées avec le marché de l’emploi. Afin de permettre au Maroc de rayonner au niveau international, il faut absolument une implication remarquable et remarquée des décideurs ainsi qu’une présence systématique dans les forums internationaux de façon à ce que, chacun dans son domaine de compétence, puisse jouer le rôle ‘’d’ambassadeur du Maroc’’.
Un des corollaires de ce qui précède est que notre diplomatie devrait être repensée, à même titre que l’a été l’autorité locale, comme la tête de pont pour la promotion des investissements et de l’image du Maroc, pays dynamique émergent, en pleine construction démocratique et économique.
Donc, pour permettre une croissance forte, non tributaire des aléas climatiques,  il nous reste plusieurs réformes de fond à réaliser de façon urgente.
La culture de l’entrepreneariat d’abord. Notre culture depuis des lustres ne valorise pas suffisamment l’entreprise et les entrepreneurs.
Pour ce faire, une des idées serait de revitaliser les Chambres de commerce et de leur donner les moyens afin de  leur faire jouer le rôle de réceptacles de compétences et de catalyseur de l’investissement et de la création de richesses. Il faut sortir de cette vision étriquée qui fait que ces Chambres sont des sortes d’antichambres ou tremplin de l’action politique. Par ailleurs, une politique pour l’émergence d’une nouvelle classe d’entrepreneurs devrait voir le jour.
Cette politique pourrait grâce à une politique d’accompagnement  de la part des Chambres de commerce et/ ou de la CGEM et grâce à la fiscalité ‘’intelligente’’ permettre aux porteurs de projets innovants qui répondent à des critères sérieux (formation ; expérience ; réseau international ; etc.), créateurs d’emplois et ayant un potentiel à l’export  de monter leur entreprise.
Les rentes économiques et les privilèges non fondés ou fondés sur des considérations extra-économiques doivent être combattues de façon à permettre une concurrence saine et une valorisation effective basée sur les compétences et non pas sur des allégeances.
L’Etat se doit de jouer son rôle de régulateur et non pas de producteur et intervenir de façon efficace lorsque cela est nécessaire via la législation ou les subventions.
La mise à niveau reste un vœu fort mais les mécanismes pour traduire cette vision dans la réalité économique ne semblent pas susciter un engouement majeur.
Il convient d’encourager de façon plus concrète les entreprises et surtout les PME/PMI ayant un fort potentiel de croissance de manière à dépasser les blocages psychologiques relatifs à cette mise à niveau et son corollaire,  la transparence et le respect intégral des lois fiscales et sociales.
Pour un investissement privé dynamique, il convient de revoir le mode d’octroi de crédit des institutions bancaires. Les garanties réelles ne sont pas l’apanage de la majorité des jeunes entrepreneurs. Des instruments sont en place ( Dar Eddamane, la Caisse centrale de garantie, etc.) mais dans une grande mesure, ils restent peu utilisés et il serait opportun de s’interroger pourquoi et de prendre les mesures qui s’imposent.
Par ailleurs, en partenariat avec la CGEM, il pourrait y avoir une cellule “Création d’entreprises’’ qui serait une sorte de ‘’parrain’’ des entrepreneurs pour les aider dans l’élaboration de leur Business Plan et de les faire profiter des ressources humaines de grande qualité dans toutes les disciplines managériales qui militent au sein de la Confédération. La fiscalité reste, malgré les efforts de l’Administration en question, une hydre à plusieurs têtes qui fait peur.
Cet instrument devrait permettre, certes, d’assurer à l’Etat les ressources nécessaires pour mener à bien les chantiers ouverts ou à venir et d’assurer une redistribution efficace afin de minimiser l’exclusion et la misère, mais force est de constater que des pans entiers de l’économie restent dans l’informel.
Ceci, non seulement biaise le jeu concurrentiel mais aussi  n’assure pas une équité devant l’impôt de tous les contribuables.
Il est impératif d’ouvrir le chantier de la réforme fiscale pour non seulement palier les dysfonctionnements actuels mais aussi pour élargir l’assiette fiscale qui reste une nécessité, maintes fois abordée, mais qui tarde à voir le jour, vu les contraintes financières de l’Etat avec la baisse des droits de douane, etc. Il faudrait une approche plus volontariste et créative pour améliorer les recettes via le fameux élargissement de la base, tout en concédant des réaménagements susceptibles d’accompagner les entreprises qui se créent, celles qui investissent et celles qui créent de l’emploi.

Conclusion :
Une dynamique formidable est en cours à l’échelle mondiale pour permettre au monde arabe de sortir de son marasme et de sa relative léthargie actuelle. Ce mouvement de réformes qui s’est accentué depuis le 11 septembre, n’a rien d’altruiste, car suite à ces regrettables événements, d’une gravité inégalée, une prise de conscience internationale s’est opérée. Les instances mondiales sont arrivées à la conclusion  que la montée des extrémismes est directement corrélée à la situation politique et économique des pays de la région et qu’il faut impérativement désamorcer la bombe à retardement que constituent la pauvreté, l’exclusion et le chômage. Le pari est qu’avec un développement harmonieux de ces pays sur tous les plans, cet extrémisme peut, à terme, être résorbé.
Avec les réformes en cours, le Maroc a pris une longueur d’avance dans la région, mais il nous faut encore faire des efforts crédibles, tant au niveau public que privé pour que nous puissions accompagner valablement cette nouvelle dynamique et nous en servir pour permettre à notre pays de faire un saut qualitatif majeur pour le mieux être de l’ensemble des Marocains.

Abdelmalek Kettani
  Entrepreneur
  Président délégué d’Alternatives
  Vice-président de la FPME (CGEM)

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