La contre-attaque de Miloud Chaabi

La contre-attaque de Miloud Chaabi

L’homme d’affaires et l’ex-pilier financier et politique de l’Istiqlal, Miloud Chaâbi, ne se départit jamais de son franc-parler, ni de sa rigueur. Une rigueur qu’il pousse par souvent jusqu’au bout quand il se sent offensé. L’ homme est bien trop fier pour laisser quelqu’un, lui marcher dessus. Et l’Histoire retiendra de lui sa confrontation médiatique et juridique avec l’ex-ministre de la privatisation, le célèbrissime Abderrahmane Saaidi qui continue à faire une triste actualité avec la SAMIR. Miloud Chaâbi avait alors traîné le ministre jusqu’à la Cour suprême en l’accusant d’avoir cédé l’Hôtel Hyatt Regency à un concurrent moins disant que lui. L’affaire avait fait alors beaucoup de bruit car il est rare qu’un homme d’affaires ait le courage de poursuivre en justice un ministre encore en fonction. Mais le Souiri n’est pas de ceux qui reculent devant l’injustice, quitte à claquer la porte à un parti qu’il prenait pour une véritable famille. A preuve, l’homme est sorti en douceur en évoquant des raisons personnelles pour éviter toute polémique sur les vraies causes de son départ. Pas besoin de casser la baraque quand on déménage, surtout lorsqu’on trouve résidence chez un parti comme le PPS qui est de la même famille que le PI à la Koutla. Depuis, l’homme s’est consacré à ses affaires et à préparer les élections dans sa ville préférée : Essaouira. Mais le poids de Miloud Chaâbi dérange plus d’un. C’est pour cela qu’il fait l’objet parfois de critiques aussi acerbes qu’injustifiées surtout en périodes électorales. C’est de bonne guerre parfois, sauf que Chaâbi n’a pas du tout aimé que les organes de presse de l’Istiqlal mènent contre lui une campagne de dénigrement alors qu’il était un des leurs. C’est pour cela qu’il a envoyé une lettre au leader du parti, Abbas El Fassi, dans laquelle il attire son attention sur ce dérapage. «C’est un avertissement», nous a dit Chaâbi dans un entretien téléphonique, où l’on sent que l’homme ne décolère pas de ce qu’il appelle le comportement enfantin de certains Istiqlaliens. Chaâbi a usé des mêmes mots dans sa lettre à Abbas El Fassi et va plus loin en les interpellant sur un ton ferme et menaçant : « je me contente pour le moment de rappeler à ces gens malintentionnés que le sang qui circule dans leurs veines provient de la nourriture de Miloud Chaâbi ». Chaâbi fait certainement allusion à l’ingratitude de certains de ses ex-amis Istiqlaliens auxquels il aurait rendu service tout excluant ce qu’il appelle la majorité des militants. Assurément, Miloud ne veut pas rompre tous les ponts, mais il est tout aussi déterminé à en découdre avec ses détracteurs. Aussi ne cesse-t-il pas de rappeler les propos élogieux tenus à son égard par Abbas El Fassi dans un entretien à un quotidien national dans lequel il disait notamment : « j’ai tissé avec Chaâbi une relation d’amitié qui remonte à mon enfance quand j’étais à Kénitra. Je l’ai connu en compagnie de sa femme au milieu des années quarante et j’avoue que cet homme joue un rôle important dans son pays et a son poids dans le parti. » On ne sait pas si le leader istiqlalien continue à penser la même chose depuis le départ de Chaâbi, mais il est sûr que cette « désertion » a été très mal ressentie par les Istiqlaliens. D’autant plus que l’homme d’affaires a marqué un grand coup dans les communes d’Essaouira du PPS où il est arrivé en tête, loin devant les autres concurrents. Pour boucler la boucle et faire taire ses adversaires, Chaâbi, tête de liste, a cédé le poste de président de la commune à sa fille Asmaa qui est devenue la première femme à diriger une collectivité locale. Il faut avouer que personne ne peut nier l’esprit généreux de Miloud Chaâbi, un autodidacte très connu à Kénitra, à Mohammedia comme dans sa ville Essaouira.

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